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6000384168
Dgi:zBd3,G00gle
NOUVELLE
ENCYCLOPEDIE
THÈOLOGIQUE,
on HOU TELLE
sàBn Di Dicnonumu sdh todtss lu parties de u sgihrch tutuennsB,
orrÛHT, ■■ rKABQAia a> rui ordkb &z.vHABÉvi9oa,
LA n.US CUIRE, LA TLCS FACILE. LA PLUS COUUODE, LA PLUS VAniÉB BT LA PLUS CUUPLËTe DES THËOLUtilËS.
GSS DICTIOHNlinU SORT CEVt :
DES DÉCBETl DEB COnCllËCiTrONS ROHMHUi— DE MtKOLOCIE,
— K IIOCIIAPIUE CUntTIEHNE ET lNTl-i:nIl£TIENlIE , — DES CONrHËRIEB, — DES CROISADES, — DEB HlSBlOXt,
— ii'iNECi>OTES chrAtienneb, —
K'aSCAtiSME IT des IHTOClTIom l^LA VIERGE, — DES INDULGEIICEB, — i)ES PROrnËTIES ET DES UIRACLES,
— DK ITITISTIQUE CHRËTIEMIIE, — D'ËCONOMIE CniRITkBtE , — D'ËDVCitTia:!,
— DES PERSÉCUTIONS, — DES ERREURS SOCIALES ,
— DC HILOSOPHIE CATHOLigm, —DES CONTERSIOUB AU CATHOLICISME, — DES APOLOCISTES INVOLOHTAinEE.-^
V'iLOQinHCe CBBtTISHNE, — DK LITTfillATUBE id., — D'AHCIIËOLOGIE id., — D'aRSEIIE!<TATIO:< iit.
— •'AIOII TEC TORE, DB PBINTOBK ET DE SCULPTURE id., — DE NUIIISHATIQUE II/., — D*IIËHALD1UUE id.,
— DE xusiQUB id.,~ d'antbrofologie id., — de palEontolocie td., — ft'CnGKAPiiis id,, — DE BOTANIQUE id., — DE loOLOCiB id., — d'ethnografhir, — DES DES iirrENTions et décodtertes. —
DK HfDECIKE'PRATIQCE, — D'AGUl-SILTl-IITl-ET-nORTICULTURE. ETC>
PUBLIEE
PAR M. L'ABBfi MIGNE,
DES COVU OMBV&BTC flDl GfliQDB ■RAHCUI DB LA SGIEHGI CCGLCSIAtTKlUE;
i ( ra. LE VOL. rOOR LE SOmCRIPTIDR à LA COLLECTION EKTlfcRE, 7 FR., 8 FR., BT MfiUX 10 FR. TOOR Ll HOKBIPTEDB * TEL OD TEL DICTIOMIAIHB rAHTIGULIBn.
TOME TBElVTE-linBnVIÈniE.
S'IMPRIME BT SE VEND CHEZ J.-P. HIONE , fiDITEUR,
AUX ATELIERS CATHOLIQUES, RDE D'AHBOISE, AD PETIT-HONTBOCGE ,
BiRRibllR d'irfxr DS PilIR.
1893
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qi- d,
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Anprimeri* HiGNE, au PMil-MoDlroafft.
Digitized by CjOOQ IC
DICTIONNAIRE
DES
APOLOGISTES
INVOLONTAIRES.
^■>«»
LE GATHOIIGISHB TBIOHPHANT FAB SES PROPBES ADVERSAIBES,
on
L*ATHÉISHE RÉFUTÉ PAR LES ATHEES; LE SCEPTISHE PAR LES SCEPTIQUES;
LE HATÉRIAUSHE PAR LES MATÉRIALISTES ; LE PAGANISME PAR LES PAÏENS ;
LE PROTESTANTISME PAR LES PROTESTANTS; L'INCRÉDULITÉ PAR LES INCRÉDULES;
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LA RELIGION CATHOLIQUE RECONNUE,
CÉLÉBBÉE, DÉMONTRÉE DANS TOUS SES POINTS,
BATOIK :
DÂHS U MORALE, SON DO«IIR, SON CULTB, SES SÀCKEMKNTS, Si CONSTITUTION,
SI HlftK4acaiB, SA DISVIPLIiri, SON SACERDOCE, SI TRlDITlOir, SON HISTOIRE, SES INSTITOTtONS,
SES URtrÀlTS, ET 8K8 RÉSULTATS RELtOIBUX, IDTBLLBCTUELS, SOCUUX ET icONOUIQUES,
ril CSUX-LA MtUE QUI ONT REPOUSSÉ, C01IBATTC,OCTRÀeÉ LE CITHOLICISHB ;
OUVRAGE SOIVI DUIIB TABLE PAR NOMS D'ADTEOIlfl
AfBc l'ihnutior eas uticici n fmm m ci smunintiRs on ils tom cnla,
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PRÉCÈDE D'UNE INTRODUCTION M l'm aonru u luWH lociotb db ce faisceau inod! bE xAMOiGniGES it n'tvBDX n 11 PART us
WClOOLES, BK PRDDTIHT QDB Li CITHOLICISHB EST Ll TARIlt tRIB, CilITEBSELLR, ABSOLUE, INrINIB, DONT TOOT HHtniBIIT, TOUTE FBHUE, TOUTE lOLOJnt BDHIINE h'BST QU'DN FBACHEHT BBIStf, D^PLACt,
mÉconhu, et qu'eu debobs il k't a it nb peut bibr t itoir que le N<AnT et la mort,
c'est A-BIRB LB MAL, PIRGB QD'il COKTIBMT TOUT CE. QUI EST ET TOUT CE OUI PEUT Etbe;
AUTEUR DU DICTiOmAIRB RB8 COltVERSIONS. PUBLIÉ
PAR H. L'ABBÉ MIGNE.
«DIVBOB Bl LA ■■■LtOTHaffOB UMITBmaaL&a DO QLna*,
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■ EUR CRAOUB 6RAKCUE DE LA SCIENCE ECClISIASTIOUR,
a La religioa n'est rien si elle n'est pas tout. ■ (H*" de Stabl, dt rAlltntaùiu.n' part., c. 1, p. S49.)
TOME SECOND.
S roL. PRIX.: 16 francs.
S'IMPRIME ET SE VEND CHEZ J;-P. MIGNE, EDITEUR,
AUX ATELIERS CATHOLIQUES, RUE D'AMBOISE. AU PETIT-MONTRODGE.
BARai&RB d'EHFBR DE PARU.
dayGoOgIc ■
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DICTIONNAIRE
APOLOfilSTES IPOLONTAmES,
■ LABAN, blâme {Biitoire sarrA;). Fils de Batbael, pelil-^ls <le Nachor, frère de Re- beeca; il demeunit daas la Mésopotamie de Syrie, où i) possédait de grands biens , et il «vait deux filles, Rachel et Lia. Ce que l'É- criture rapporte des procédés de Lobau porte )e cairaclère d'un bomme dur et artîQcieus, sans affcctioQ, saas parole, et qui ne connaît d'autre loi que son intérêt. (6m. xxxi, 7.) Image de ces nommesdu siècle oui, comptant pour rien la droiture et l'éqnite, leur préfè- rent un gain présent, quoique injuste et faOD- teus. Jacob, son nereu, étant venu le trou- Ter, le servit sept ans pour aroii Rachel en mariage; mais quand ce temps fut écoulé, UÛmd, qui ne voulait pas que la cadette fût mariée avant l'ainée, envoya le soir f Ja au lien de Rachel , et Jacob, qui la prit pour femme, s'étant aperçu le lendemain de son erreur, servit L^uan sept antres années pour avoir Hacbel : en&n, après sept ans , Laban obtint de son gendre six ans de service; mais celui-ci voyant qu'on le regardait de mauvais <eil dans la maison de son t>eau-père(i6ii/., & i sortitde cbeziui sans l'en avertir, et emmena «vecluilout ce qui lai apparlenait.ljban ne s'aperçut du départ de Jacob que le troisième jour, et, s'étant mis & le poursuivre, il l'at- teignit à la montagne de tialaad. Après s'ê- tre tail des plaintes réciproques , le beau- père et le gendre se jurèrent une amitié étemelle, et dressèrent un monument pour marque de l'alliance qu'ils faisaient (ibid. , kl), Laban, après avoir dit adieu à ses filles, s'en retonrnaa Haran, et l'Écritvreneditplus rien de loi. '{EncgclopédU de Didebot etn'A- uMisBT, t. XlX, p. 369 et 379, article Laban.)
LANGAGE (OaitiiKK mti-iE dc). — Platon, après avoir déjà dit dans son Livre des lois, quelodt bomme intelligent doit des louanges & l'antiquité pour le grand nombre dc mois heureux et naturels qu'elle a imposés aux choses {De ttg., vit, t. VUI, p. 379), en tire rincoalestable conséquent» : ■ Pour moi , difrïl, i/t ragarde ooooie une vérité évidente qw tes mois n'ont pu Atre imposés primiti- Temenl aux choses que par une puissance au-dessas de l'^mme ; et de U nent qu'ils sont si juslef . >
Ihcno^x, PEi ArnLOCKrec i^r. II.
■ La parole, dit Platon, d'après vaaa entière conviction, doit être considérée comme inhé> rente A l'homme; car si on la considère comme l'œuvre de son intollect dans la simplicité dc NI connaissance native, c'est absolument in- explicab)e;lelw^gen'apuètre inventé sans un type préexisti^ dans l'homme. Par quel- que procédé tDys(9rieux de la nature, les lan- gues ont été en (pfélquesortcjelées en moule, mais en moule viTant,d'où elles se dégagent avec toutes leurs belles proportions, et ce moule (dans lequel elles ont été jetées par quelque jfocédé mystérieux de la nature), cest Ve^Bl de l'homme. ■ \oy. Mémoirt» de CAeaa^ie royale de Berlin, classe faisto- rïqueet philosophique, lffîO-21;Berlin,1822, p. 247.)
— Dansson célèbre fiùcoun tur forifiat H letfondementt de tinéçaiUé parmi letkommes, J.-J. Rousseau pose ainsi le problème et son insolubilité naturelle: * Si les hommes ont eu besoin de la parole pour apprendre àpen- (er, ils ont eu bien plus besoin encore do savoir penser pour trouverl'arl de la parole; et quand on comprendrait comment les son$ de lavoix onlété pris pour les interprètes con.- . veniionnels de nos idées, il resterait toiuours. à savoi'' quels ont pu être les interprètes' ménicsde cetleconvention pour lesidéesqui, n'ayant point un objet sensible, -ne pour-' raient s'indiquer ni [ur le geste ni par la voix, de sorte qu'd j)«iiie peH^^fi /bnn^r des conjecture* tupportablet sur la naissance do cet art de communiquer ses pensées et d'é- tablir un commerce entre les esprits. %
— ■D'ailleurs, dit VEncuetopédie de Diderot et d'AIemberl, quoique Dieu ait enseigné le langage, il ne serait pas raisonnable de sapr poser que ce langage se soit étendu au-d»t- des nécessités actuelles de l'homme, et que cet bomme n'ait pas eu par lui-même la C8^. pacité de l'entendre , de l'enrichir et dé le peiieetioiiner. L'expérience journalière nous ajqireDd ]ç contraire. Ainsi, te prenuer lait- - gage despeaples, comme Le prouvent les mo-
numents de l'aotiquîté , était otent fort stérile et fort borné; en sorte que Iqs hommes se troavuent- p^pétnellement dons r«mbarras j h cha^e nouvelle idée el
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Il
I.A?t
k chaque cas un peu estraordiaaîre, de se foire entendre les uns aui autres.
-■ La nature les porte donc b prévenir ces -sortes d'inconvénients , en ajoutant aui. pa- roles des gestes signiQcatîfs. En conséquence, la conversation dans les premiers siècles du iDOBde fut soutenue par un discours entre- mêlé de gestes, d'images et d'action. L'u- sageetla coutume, ainsi qu'il est arrivé dans la plupart des autres choses de la vie, chan- gèrent ensuite en ornements ce qui était dû a la nécessité ; mais la pratique subsista «ncore longtemps après que la nécessité eut cessé.
« C'est ce qui arriva singulièrement parmi les Orientaux, dont le caractère s'accommo- dait naturellement d'une forme de conver- sation qui exerçait si bien leur vivacité par le mouvement, et la contentait si fort par une représentation perpétuelle d'images sen- sibles.
« L'Écriture sainte nous fournit des exem- ples sans nombre de cette sorte de conversa- IJon.Quandle faux prophète ajçite ses cornes de feu pour marquer la déroute entière des Syriens (/// Btg. xxii, 2); quand Jérémie cache sa ceinture de lin dans le trou d'une pierre près l'Euphrate (c. xin); quand il brise un vaisseau de terre à la vue du peu-
file (c. xix) ; quand il met h son cou des iens et des ioncs (c. xxviii) ; quand Ezé- ehiel dessine le siège de Jérusalem sur de la brique (c. iv) ; quand il pèse dans une ba- lance les cheveux de sa tète et le poil de sa barbe (c. v] ; quand il emporte Ivbieubles de sa maison (c. xiij; quand il joint ensem- ble deux bétons pour Juda et pour Israël (c. xxxiii) ; par toutes ces actions les pro- -{dl%tes conversaient en signes avec le peu- ^ qui les entendait i merveille.
■ Il ne faut pas traiter d'absurde et de fa- natique ce Icinga.je d'action des prophètes, OMr m parlaient à un peuple grossier qui n'en oonnaissait p ^int d'autre. Chez toutes les nations du monde le laD;jage des sons articulés n'a prévalu qu'autant qu'il est de- venu plus intelligible pour elles. ■ {Ency- rhpédte de Diderot et d'Albm i.ert, t. XIX,
fi, 532 , article Langage , par M. Govssier et e chevalier de JAtcoiiBT.J
HvHBOLDT. — 1 Je suis pénétré de la cou- Tiction qu'il ne faut pas méconnaître cette force vraiment divine que recèlent les fa- cultés Imï&aines, ce génie créateur des na- tions, surtout dans 1 état primitif où toutes les idées et même les facultés de l'Ame em- pruntent une force plus vive de la nou- veauté des impressions où l'bomme peut pressentir des combinaisons auxquelles il ne serait jamais arrivé parla marche lente «t progressive de l'expénence. Ce génie créa- teur peut franchir Ie5 limites qui semblent proscrites au reste des mortels; et s'il est im- possible de retracer sa marche, sa présence 'viviBante n'en est pas moins manifeste. Plu- lÂt que de renoncer, dans l'explication de l'origine des langues, h l'influence de cette 4Muse puissante et première, et de leur assi- £UPr à toutes une marche uniforme et mè-
INAIRE LAP If
canique qui les trataerail pas à pas depuis !e commencement leplus grossier lusqu'b leur perfectionnement, j'embrasserai l'opinion de ceux qui rapportent l'origine des langues & une révélation immédiate de la divinité, ■ (/.fifre à M. Abel Rémueat fur la nature dtt formet grammaticalei , etc. , par A.-^, de HuMBOLOT ; Paris, 1827.)
M On peut conclure de là, dit-il dans ses Monumenti américaini, que la ramiâcation ou, pour employer une expression indépen- dante de tout système, que la multiplicité des lan'jues est un phénomène Iréi-anciin. » Plus bas : ■ Si les langues ne prouvent que faiblement l'ancienne communication entre les deux mondes, cette communication se manifeste d'une manière indubitable denc 1rs cosmogonies, les monuments, les hiéro- glyphes et les institutions des peuples de "Amérique et de l'Asie. » Et ailleurs : i Cette tradition américaine rappelle le Henou des Hindous, le Noé des H«»reux et la disper- sion des Conschites de Singar. »
— ■ Ceux qui pensent, dit un savant auteur anonyme, que les langues sont d'institution humaine, et qu'elles doivent leur origine à certaines conventions arbitraires que les hommes ont faites de donner certains noms eux choses, n'ont jamais considéré avec at- tention ce qu'ils avancent. Car il faut déjà parler et être entendu pour convenir de quel- que point arbitraire; il fautque le son formé par un homme soit joint dans l'esprit d'uo autre k certaine idée; il faut, en un mot, que le commerce soit établi par la parole, pour attribuer des significations nouvelles à des mots nouveaux. Sans cela les hommes seraient tous muets les uns à l'égard des autres, et n'auraient de commun que les cris généraux qui marquent les passions et les mouvements violents, et qui servent à unir les hommes par l'institution du Créateur, et non par un établissement arbitraire. Depuis même que les langues sont établies, un Arabe ne pourra convenir avec un Allemand d'ap- peler les choses d'une telle ou telle manière, si l'un des deux n'entend l'autre; et cepen- dant tous les mots de part et d'autre sont trouvés, et il ne s'agit que de les faire ac- cepter k celui qui en ignore le sens. C'est une chose fort simple et fort naturelle que les principes du discours. Mais jamais on ne serait parvenu à les trouver et à les mettre en usage, si Dieu n'avait préparé un langage à l'homme pour lui donner le moyen de s ex- pliquer par l« paiole. ■ {Ejptication dt la Genèse, in-12; Paris, 1732, t. II, p. 3M.)
« LAPIDATION (TMotog.) Action de tuer quelqu'un à coups de pierres; terme lati- nisé de lapis, pierre.
' La lapidation était un supplice fort usité parmi les Hébreux ; les rabbins font un grand dénombrement des crimes soumis b cette
Keine. Ce sont en général tous ceux que la )i condamne au dernier supplice, sans ex- primer le genre de la mort; par exemple, l'inceste du fils avec la mère, ou de la mère avec son fils, ou du fils avec sa belle-mère, ou du père avec sa fille, ou de la fille avec
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lAP DES AP(HJ)C1STE5 INVOLONTAIRES.
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soa père, ou du père avec sa belle-fille, ou d'oD bomme qui riole une fille fiancée, ou d< la fiancée qui consent à ce violemenl; ceux qui tombent dans le crime de sodomie ou de bestialité; les idolâtres, les blasphé- mateurs, les magiciens, les nikrromancieas, les violateurs du sabbat, ceui qui offrent leucs enfants K Moloch, ceux qui portent les autres i l'idolâtrie, un fils rebelle a son père et condamné par lesjuzes. Les rabbins disent que quand un homme était condamné 6 mort, il était mené hors de la ville, ayant devant lot un huissier avec une pique eu main, au haut (te laquelle était un lin^e pour se faire remarquer de plus loin, et ann que ceux qui avaient quelque chose à dire pour la justifi- ntion du coupable le pussent proposer avant qu'on fût allé plus avant. Si quelqu'un se présentait, tout le monde s'arrfilAit, et l'on ramenait le criminel en priï'on, pour écouter ceux qui voulaient dire quelque chose en sa laveur. S'il ne se présentait personne, on le conduisait au lieu du supplice, on l'exhortait k reconnaître et i confesser sa faute, parce que ceux qui confessent leur faute ont part a» si^le futur. Après cela on le lapidait. Or, la lapidation se faisait de deux sortes, disent les rabbins : la première, lorsqu'on accablait de pierres le coupable, les témoins lui je- taient les premiers la pierre ; la seconde, lorsqu'on le menait sur une hauteur escar- pée, élevée au moins de la hauteur de deux nommes, d'où l'un des deux témoins le pré- cipitait, et l'autre lui roulait une grosse pierre sur le corps. S'il ne mourait pas de sa chute, on l'achevait A coups de pierres. On voit la pratique de la première façon de la- pider dans plus d'un endroit de 1 Ecriture; mais on n'a aucun exemple de la seconde : car celui de Jézabel, qui fut jeté à bas de la fenêtre, ne prouve rien du tout.
■ t> que nous avons dit que l'on lapidait ordinairement les criminels hors de la ville ne doit s'entendre que dans les jugements
(réglés : car, hors ce cas, souvent les juife la- ridaient où ils se trouvaient; par exemple, orsque, emportés par leur zèle, ils acca- bUientde pierres un blasphémateur, un adul- tère ou un idolâtre. Ainsi lorsqu'on amena i Jésus une femme surprise en adultère, il dit h ses accusateurs, dans le teoiple où il était avec eux et avec la femme : Que celui f entre voiu qui est inHocent lui jette la pre- mier» pierre, fit une autre fois, les Juifs ayant prétendu qu'il blasphémait, ramassèrent des tnerres dans le temple même pour le lapider. Ils en usèrent de même un autre jour, !ors-
S*U At : Jfoi ef mon Pire ne tommei fw'itR. as ces rencontres, ils n'observaient pas les formalité ordinures, ils suivaient le mouvement de leur vivacité ou de leur em- portement; c'est ce qu'ils appelaient lejuge- nuiudeiilt.
« On assure qu'après qu'un homme avait été lapidé, on attachait son corps fc on pieu parles mains jointes ensemble, et qu'on le Missait en cet état jusqu'au coucher du so- 1^. Alors on le détachait, et on l'enterrait dans la vallée des cadavres, arec le pieu
avec lequel il avait été attaché. Cela ne se pratiquait pas toujours, et on dit qu'on ne le faisait qu'aux blasphémateurs et aux idolâ- tres; et encore serail-il bien malaisé d'en prouver la pratique par l'Ecrilure. ■ {Eney- eiopédie de Direbot et c'Alehbebt, t. XJX, p. G08 et 609, article Lapidation.)
- LAPSES {Thiol.}. C'étaient dans les pre- miers temps du christianisme, ceux qui re- tournaient du christianisme au paganisme. On en compte de K\ni\ sortes désignées par ces noms latins, libellatici, mitlenies, turifS- catit lucri/icati et btatphemati. On appelait ttanttê les persévérants dans la foi. Le mot laptet se donnait aux hérétiques et aux pé- cheurs publics. ■ (Encyclopédie de Dideboi- et d'Albmsekt, t. XIX, p. 617, article Lapset.)
< LATRIE {terme de théologie). Culte de religion qui n'appartient qu'è Dieu seul.
" Les cnrétiens adorent Dieu d'un culte de latrie; ils honorent les saints d'un culto de dulie. On confond quelquefois les ter- mes honorer, adorer.
■ Cette adoration intérieure que noua ren- dons h Dieu en esprit et en vérité a ses marques extérieures dont la principale est le sacrifice qui ne peut être oJfert qu'à Dieu seul, parce que le sacrifice est établi pour faire un aveu public et une protestation so- lennelle de la souveraineté Dieu et du notre dépendance de lui.
■ M. Daillé est convenu que les Pères du iv* siècle ont reconnu la dislinclion que nous fiauns de latrie et de dulie. > (Ency- elopéi^Ke Diderot et de »'Alemsert, t. XIX, p. 653, article Latrie.)
. LAVEMENT DES PIEDS (TTiéot.). Cou- tume usitée chez les anciens qui la prati- quaient à l'égard de leurs hôtes, et qui est devenue dans le christianisme une céré> monie pieuse.
• Les Orientaux avaient coutume de laver les pieds aux étrangers qui venaient de voyage, parce que pour l'ordinaire on mar- chait les jambes nues et les pieds seulement garnis d'une sandale. Ainsi Abrahato fil la- ver les pieds aux trois anges (Gen. x^m, i). On lava aussi les pieds à Eliézer et A ceux qui l'accompagnaient lorsqu'ils arrivèrent à la maison de Laban, et aux frères de Joseph lorsqu'ils vinrent en Egypte (Gen. xxrv, 3i; xLin, 24), Cet office s exerçait ordinaire- ment par des serviteurs et des esclaves Abigaïl témoigne h David qui la demandait en mariage, qu'elle s'estimerait heureuse de laver les pieds aux sei-viteurs du roi (IReg.ur,kl.)
« Jésus-Christ, après la dernière cènn qu'il fit avec ses apAires, voulut leur donner une leçon d'humilité en leur lavant les pieds ; et cette action «isi devenue depuia nnaotedepiM. Ce queie Sauveur dit en cette occasion I saint Pierre : Si je ne roui lot», tout n'àuret Jt9.int de pari avec moi, a bit croire i plusieurs anciens que le lave- ment des pieds avait des effets spirituels. SaiRt Ambroise (lib. De trysier., c. 6> té- moigne que de son temps on lavait 1er pieds
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1.1 ].Er. DICTIONNARIE I.EC t6
aux nouveaux baptisés au sortir du bain eus : un foimail ainsi ceux qui éloient plus
.saoré, et il semble croire que, comme le propres & l'étude et qui pouvaient deTcnir
baptèipe cCTace les péchés actuels, lu lave- prôtres. 11 y eu avait toutefois qui demeu-
ment des pieds qui se donne ensuite, 6ta le raient lecteurs foule leur vie. La fonction
péché originel, ou du moins diminue la con- de lecteurs a toujours été nécessaire dans
cupiscence. Ideo, dit-il, planta afituUur ui l'Ëglise, puisque 1 on a toujours lu les Ëcri-
hiBredilaria peecata tollantur : nostra enim tures de l'Ancien et du Nouveau Testament,
propria per oaptismum relarantur. 11 dit ta soit h la messe, soit aux autres offices, prin-
mème chose sur le psaurou xlvhi : Àlia est cipalemeni de la nuit. On lisait aussi les let-
iniquitai nostra, alia calcami noslri.... inde très des aulres évoques, des actes des mar-
Dominus dUcipulit lavit ptdtt \U lavaret ve- tyrs, ensuite des homélies des Pères, comme
«ena irrptntit. Mais il explique lui-même on le pratique encore. Les lecteurs étaient
sa pensée en ajoutant que ce qui est nettoyé charges de la garde des livras sacrés, ce qui
par le lavement des pieds, est plutôt la con- les exposait fort pendant les persécutions,
cupiscence ou l'inclination eu péché que le La formule de leur ordination marque qu'ils
péché nifme : Indt reor iniquùatem calcami doivent lire pour celui qui prêche, ctcnao-
magig lubricum detinquendi, quam rtatum ter les leçons , bénir le pain et les fruits
aliquem nostri est delicti. nouveaux. L'évéque les exhorte è lire fklè-
fl L'usage de laver les pieds aux nouveaux Icment et à pratiquer ce qu'ils lisent, et les
baptisés n'était pas particulier à l'Eglise de met au rang de ceux qui administrent la pa-
Milan. On le pialiquait aussi dans d'autres rôle de Dieu. La fonction de chanter les le-
éflises d'Italie, des Gaules, d'Espagne et çons, qui était autrefois affectée aux lecteurs,
d jifrique. Le concile d'Elvive le supprima sefail aujourd'hui indifféremment par tou-
t'n Espagne par la confiance superstitieuse tes sortes de clercs , même par des prêtres,
juele peuiilcy mettait, et il parait que dans Fi.sl-rt, Initil. au droit fccf».,tomer',part«
aulres Eglises on l'a aboli à mesure que i. chap. G, page 6 et suiv.
1' ^
la coutume de donner le baptême par im- mersion a cessé. Quelques anciens lui ont donné le nom de sacrement, et lui ont at- tribué la grflce de remettre les péchés vé- niels; c'est le sentiment de saint Bernard Pt d'Eunalde, abbé de Bonneval. Saint Au-
II paraît par le concile de Chalcédoine
J[u'il y avait dans quelques Églises un archi- tcttur , comme il y a eu un archi-acolyle , un archidiacre , un archiprêtrc, etc. Le sep- tième concile général permet aux abbés qui
, . , _ sont prêtres et qui ont été bénis par l'évê-
^ustin croit que cette cérémonie, pratiquée que d'imposer les mains à quelques-uns de avec foi, peut effacer les péchés véniels ; et leurs religieux pour les faire lecteurs, un ancien auteur, dont les sermogs sont h Selon l'auteur dusupplémentde Moréri, imprimés dans l'appendice du Vfftl. des la charge de lecteurs n'a été établie que dans ouvrages de ce Père, soutient que le lave- le m' siècle. M. Cotelier dit que Tertutlien ment des pieds peut remettre les péchés est le premier qui fasse mention des lecteurs, mortels. Cette dernière opinion n'a nul fon- M. Basnage croit au 'avant que cet emploi ((ement dans l'Ecriture. Quant au nom de eût lieu, rÊglise cnrétienne suivait dans la sacrement donné h cette cérémonie par lecture des divines Écritures la méthode do saint Beraoi^ et d'autres, on l'explique d un la Synagogue, où, le jour du sabbat, un sa- sacremenl improprement dit, du signed'une crificateur, un lévite et cinq d'entre le peu- chose sainte, c'est-à-dire de rhumilité, mais pie, choisis par le président de l'assemblée, auquel Jésus-Christ n'a point attaché de faisaient cette lecture ; mais Bingham, dans grAce sanctifiante comme aux autres sacre- ses Antiquité de l'Eglise , livre ii, page 28 aents. • et suiv., remarque qu'il ne paraît pas qu'il y « Les Syriens célèbrent la fftte du lave- ait eu aucune Église, excepté celle d'Alexan- UâDt des pieds le jour du jeudi-saint. Les drie , où l'on ait permis aux laïques de lire Ûrecs font le même jour le sacré mystère, ou l'Écriture sainte en public : cette permission le sacré lavement. Dans l'église latine, les était accordée même aux catéchumènes dans évêques, les abbés, les curés dans quelques cotte Église. Son sentiment est que tantôt les diocèses, les princes mêmes lavent ce jour-là diacres, tantûl les prêtres et quelquefois les les pieds 6 douze pauvres qu'ils servent à évêques s'acquittaient de cette fonction, table, ou auxquels ils font des aumônes. «Dans l'Église grecque, les lecteurs étaient On fait aussi le même jour la cérémonie du ordonnéspar l'imposition des mains ; mais, lavement des autels, en répandaut de l'eau suivant Babert, cette cérémonie n'avait pas et du vin sur la pierre consacrée, etehréci- lieu dans t'Ég^sc romaine. Le quqlrièniepon-! tant mieloues prières et oraisons. » [Ency- cile do Carthage ordonne que l'évéque met-' ctopéaie oe Diderot et d'Aleubert^. t. tra la Bible entre les mains du lecteur en XJX.p. 66"? et 668, article tair«menf.) présence du peuple, en lui disant : Rereves « LECTEUR BAxs l'Éguse aouaine. ee livre, el soyez lecteur de hjtarole de Bieu : fTWof.) Clercs revêtus d'un des quatre or- si vous remplissex pdèUment votre emploi, ores mineurs. voue aurasparl avec coux qui administrent la
■ Les lecfeur* étaient ancienuemeni el en parole de Dieu.
commençant les plus jeunes des enfants qui « C'est à Tambon et sur le pupitre que la
miraient dims le clergé. Ils servaient de se- lecture se faisait; delà ces expressions de
créloires aux évêques et aux prêtres, et saiiitCyprieD,«upcrj>u/;Hlumtinpo>it,<id|)Hl-
sHnstniisalent en écrivant ou en lisant sous pittun veitire. Des personnes de considératiOD
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il
LEG DES APOLOGISTES INVOtÛNTAlIlES. LKV
»
teCusaicnthooaeurde remplir ceUefonclioii. TénoÎD Julien, depuis empereur, elson f^ère Callu5, qui furent ordonnés lecteurs dans l'élise de Nicomédie. Parla Novelle 123 de Jiistinien, il fut défendu de choisir pour lec- teur des personnes au^essous de dix-huit ans. Mai» avant ce règlement , on avait vu cet emploi rempli par des entants de sept h, hait ans : ce qui venait de ce que les parents ayant consacre de bonne heure leurs enfants i r£glise, on voulait par là les mettre en état de se rendre capables des fonctions les plus difficiles du sacré ministère. ■ {Encyclopédie de DiDBKOT et d'Alehbert , tome XIX , p. 7H et 715, article Lecteur.)
LECTURES (Choix de). — «Je vous invile, dit Voltaire , a ne lire que les ouvrages qui sont depuis lon^emps en possession des suf- frages du public et dont la réputation n'est I|oint équivoque. Il y en a peu, mais on pro- lile bien davantage en les lisant , qu'avec tous ces mauvais petits livres dontnou« som- mes inondés. ■(UE'urrM de Foffai're, édition de Kebl, iii-12, tome LXXII, page 336.)
■ Je vois 8»ec douleur qu'on a une biblio- thèque nombreuse contre la religion qu'on devrait respecter. Vous savez que je ne ('ai jamait attaquée , et que je la crois comme TOUS uécessaire. » {Ibid., LXXIX, page 16. )
■ Iles chagrins redoublent par la quantité incroyable d écrits contre la reli^oo chré- lieone , qui se succèdent aussi rapidement que les gazettes et les journaux. On a la bar- barie de m'iniputer à mon âge une partie de ces exlrarairances. ■ ( Ibid, , tome LXXIX , pase212.)
LÉGION FULMINANTE, qui délivra l'ar- mée romaine cernée et prête k périr de soif, en obtenant par ses prières qu'un orage, qui éclata tout h coup , fournit aux Romains de quoi se désaltérer et lauçAt la foudre sur 1 armée ennemie. Marc-Aurèle attesta lui- même ce prodige par une lettre qu'il écri- vit au sénat, et c'est en témoignage de cette délivrance qu'il donna le nom de fulminante ou foudroyante k cette légion , alors appelée lé^on Mélitine et qui était tout entière com- posée de soldats chrétiens.
Le même fait est rapporté par Dion 'Cns- sins , par Jules Capilnlin , par le poëlc Clau- dien, et par Themîstius , auteurs païens. Il est attesté d'ailleurs par le bas-relief de la roloQoe d'Antonin , qui subsiste encore , où l'on voit la fi^re de Jupiter pluvieux , qui , d'un cOté, fait tomber la pluie sur les soldats romains, et de l'autre lance la fouJre sur leurs ennemis. Cet événement fut constam- iDrnt regardé co l'me un miracle, mais au lieu que les chrétiens l'attribuèrent aux priè- res des soldats de leur religion, les païens en firent honneur, les uns h quelques magi- rirns qui étaient dans l'armée de Marc-Au- rèl?, les autres % ce prince lui-même, et à la protection que les dieux lui accordaient.
La question est de savoir ce qu'en a pensé c-et empereur, et s'il a vérilahlemenl reconnu que c'était un effet de la prière des chrétiens qui éiaienl dans son année. Or, Tertullien l'tif la lettre que Harc-Aurèle en écrivit au
sénat, et la manière dont il en parle témoi- gne qu'il l'avait vu. Saint Jérôme, traduisant la CArom^ue d'Eusèbe, dilpositivemezit que cette lettre existait encore. Tertullien ajoute pour preuve la défense que fit ce prince, sous peine de mort, d'accuser les chrétiens , et de les tourmenter pour leur religion. Il faut donc que dans cette lettre Marc-Aurèle leur ait attribué le prodige en question , autre- ment elle n'aurait servi de rien pour prouver que c'avait été un effet de leurs prières.
Nous convanons que la lettre authentique eloriginale de cet empereur ne subsiste plus; celle que l'on trouve a la suite de la première opolf^ie de saint Justin, n" li, est une pièce .supposée, elle n'a été faite qu'après le règne de Justinien ; mais loin de rien prouver con- tre l'existence de la vraie lettre, elle l'a supr posée plutAt : l'auteur qui l'a forgée a cru (louvoir suppléer de génie à celle qui était perdue ; il a eu tort, et il a mal réussi ; «Ile est évidemment différente de celle dont par- lent Tertullien et saint Jérôme.
LETTRES. — ■ Les lettres ni la philoso- phie dit Voltaire, n'ont rien pu contre nos égarements et nos vices. »
« LËVl qui ett liée {Bist. $acrée). Troi- sième fils de Jacob et de Lia, naquit en Mésopotamie, l'an du monde 22i8. C'est lui qui, avec son frère Siméon, pour venger I injure faite h Dina, passa au fil de l'épée tous les habitants de Sichem. Jacob en témoigna un déplaisir extrême, et prédit au lit de iamort, qu'en punition de cette cruaiité, la famille de Levi serait divisée, et n'aurait point de portion fixe au partage de la terre promise. En effet, Lévi fut dis- persé dans Israël, et n'eut pour partage que (]uelques villes qui lui furent assignées dans le lot des autres tribus. Lévi descendit en Egypte avec son père, ayant déjà ses trois fits, Gerson, Gaath et Marari, dont le second eut pour fils Amram, de qui naquirent Moïse, Aaron et Marie. Il y mourut, âgé de cent trente-sept ans. Sa famille fui toute ronsncrée au service de Dieu, et c'est de lui que les prêtres et les lévites tirent leur origine [Gen. xiix, 34, 49). » (Encyclopédie de DmEROT et d'Alehbert, t. XlX, p. 927, article L^i.)
.. LEVIATHAN ( Hitt. nal.). Nom que les Hébreux ont donné aux animaux cétacés-, tels que les baleines, » (Encyclopédie du Diderot et d'Alembri^t, t. XIX, p. 9*26, article Léviathan.)
« LÉVITE {Théol.}. Prêtre ou sacrifim- leur hébreu, ainsi nommé parce qu'il était de la tribu de Lévi.
■ Ce mot vient du grec Uvtrn: dont la racine est le nom de Lévi, chef de la tribu de ce nom,. dont étaient les prêlres de l'an- cienne loi. Ce nom fut donné à ce patriar- che par sa mère Lia, du verbe hébreu ^ovoA, qui signifie être lié, être uni, parce que Lia espéra que la naissance de ee fU$ lui atta- cherait son mari Jacob.' ■ - ■ :
« Les lévites étaient, chez les.Juife tin- ordre inférieur aux prêtres, et l'épondaient à peu pri-s à nos diacres.
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■9 tIB nCTIO^NAlAE LI0 »
. ■ Ils n'avaient poinl de Icrros en propre, r Ce criinfî, quoique caché, ne lais^nit
mais ils rivaient des offrandes que J on foi- pas ^ue d'être Irès-grave. Aussi l'Ëglise
tait à Dieu. Us étaient répandus dans toutes d'Afrique ne recevait a la communion ceui
les Iribns, qui chacune avaient donné quel- qui y étaient tombés, qu'a[)rès une Ionique
ques-unes de leurs villes eux lévites, avec pénitence : la rij^ueur des satisfactions qu'ello
quelques campaj^nes aui environs pour faire exigeait, engagea les libellatiques & s aiires-
paltre leurs troupeaux. ser aux confesseurs et aux martyrs qui
« Par le dénombrement que Salomon fit étaient en prison, ou qui allaient à la mort,
des lévites, depuis l'âge de vingt ans, il en pour obtenir , par leur intercession '~
trouva trente-hi(it mille capables de servir. Il en destina vingt-quatre mille au ministère journalier sous [es prêtres, six mille pour être juges îMérieures dans les villes, et déciderles i±oses qui touchaient la reli- l^ion, et qui n'étaient pas de grande consé- quence ; quatre mille pour être portiers et avoir soin des richesses du temple, et le reste pour faire l'office des chantres. » {Encuciopédie de Didsrot et d'Aieuiibrt, t. XfX, j). 931, article Lévitt.)
relaxation des peines canoniques qui leur restaient à subir : ce qui s'appelait éeman- der la paix. L'abus quon Qt de ces dons de la paix causa un schisme dans l'Eglise de Cflrlhaze, du temps de saint Cypnen ; ce saint docteur s'étant élevé avec autant de force que d'éloaucnce contre cette bcililé k remettre de telles prévarications, comme on le peiit voir dans ses épitres 31, 52 et B8, oldans son livre De lapsU Le onzième canon
- , , du concile de Nicée regarde en particulier
< LEViTIQUE (Théol.). C'est le Iroi- les libellatiques. » (jEncyc/op^dte de Didebot sième des cinq livres de Moïse, il est appelé et d'Alembebt, t. XIX, p. 951 et 952, arti- Ic Lévitique, parce (pi'il est traité principa- cle Libfllatiques.)
loment des cérémonies et de la manière dont LIBERTÉ. — « Les lois que Dieu 6 don- Dieu voulait que son peuple le servit par nées à Adam,ditBajle,ontétéacconipa;^nées le ministère des sacrificateurs et des lévi- de promesses et de menaces : cela suppose
'ncyclopédie de Didekot et d'Aleh- BBRT, t. XIX, p. 931, article Lévitigue.)
« LEVITIQlfe [ffiiioire ecclés). Bran- che des gnostiques et des nicoiaïtes. Ils parurent dans les premiers sièclesde l'Eglise, baint Epiphane les nomme, a Œncyclopédie de Diderot et d'^lembert, t. XIX, p. 931, article Léviliquei.)
« UBELLATIQUES [ Tkéol. ). Dans la peFséjution de Décius, il y eut des chré'
clairement qu'Adam pouvait obéir et déso- béir... îe n'en demande pas davantage pour être assuré qu'il est possible q^ue Dieu donne h l'homme la liberté d'inditiérence. S'il ne l'avait pas donnée à Adam, tous nos systè- mes de religion tomberaient par terre; d'où je conclus qu'il la lui donna. » (Baile, Dic- tionnaire, art. Synergitlet.} •I N'est-il pas sûr que l'on enseignait dans ; système d'Epicure que l'homme agit li-
tiens oui , pour n'être point obligés de brément, je veux dire avec cette espèce de
renier la foi et de sacrifler aux dieux en public , selon les édits de l'empereur , allaient trouver les magistrats, renonçaient à lafoi en particulier, et obtenaient d'eux P«p ffrdce ou à force d'argent, des certificats par lesquels on leur donnait acte de leur obéissance aux ordres de l'empereur, et on
liberté qui fait qu'une action est méritoire ou déméritoire î A quoi, selon Epicure, non plus que selon le Pape qui a condamné les propositions de Jansénius, il ne suffit pas qu'elle soit faite sans contrainte ; car il était visible 6 tout philosophe jpaïen que si une force majeure eût poussé invinciblement
défendait de les inquiéter davantage sur le l'âme humaine à une action, en lui imprî-
fait de la religion. mant l'acte de vouloir, cette spontanéité
■ Ces certificats se nommaient en latin n'eût pas pu suffire h mettre un homme en libetli, libelles, d'où l'on fit les noms de état a'être justement loué ou blAmé. » tibillaliques. (Batle, Continuation dei Pensées diveries,
■ Les centurialeurs prétendent cependant l. \V^
que l'on appelait libellatiques ceux qui don- > Quiconque a une juste idée de la jus-
naientde l'argent aux magistrats pour n'être tice et de la miséricorde de Dieu ne croira
point inquiétés sur la religion, et n'être jamais qu'il punisse les fautes qu'il n'a pas
poiBt obliges de renoncer au christianisme, été possible a l'homine d'éviter. « (Batlk,
r Les libellatiques, selon M. Tillemont, lent ceux oui, sachant qu'il était défendu d© sacriBer, allaient trouver les magistrats, ou y envoyaient seulement, et leur témoi- gnaient qu'ils étaient chrétiens, qu'il ne leur était pas permis de sacrifier ni d'ap- procher des autels du diable ; qu'ils le.'^
L II. p. ^H.) a dai
ibid., -._-. ^. ._ ,
■ Il y a dans l'homme un principe qui n'est pas corporel... Il y a dans l'homme une âme, qui est la substance distincte du corps et plus parfaite que le corps, puisque c'est elle qui rend l'homme raisonnable... L'Ame de l^iomme a été créée dans l'ordre. ' bien que les autres choses, par un être
firiaient de recevoir d'eux de l'argent, et de
es exempter de faire ce qui leur était infiniment parfait; et si elle n'y est plus,
défendu. Ils recevaient . ensuite du magis- c'est parce qu'abusant de sa liberté, elle est
Irat, ou lui donnaient un billet qui portait tombée dans le désordre. » (Biyle,]
qu'ils avaient renoncé à Jésus^hrist et Volthke. - Vois rfeb liberté rei ennnenii mmin,
»|U us avaieût sacrifié aux idoles, quoiqu ils AvclirIc pnrltsan d'un aveuKie ileâiin;
n'^n eussent rien fait, et ces billets se Emcnds cnmmft il consntie. approuve, ilëliltére ;
lisaient publÎTiiement. En'rnds do ijuel rpproihc II couTre un adversaire ;
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DES APOLOGISTES INVOLONTAIRES.
Vob commeni d'un rival il cberche k «e venser. Comme il punil «on Ris Pt le veui corrigpr. Il te cteyiii <te:ir libreT Oui. sans Houle, elliii-mémc Dément k rfaaque png •on Tunesie système. Itmniiail à son ccenr f» TouFant expliquer t'x itograe absurde » croire, absurde k praliquer. Il reowMlt en lui le setiliinenl qu'il brave; U apt comme libre, et pirie comme esclave. (OBarrai d» VoUairt, édition de Kehl, in-li, t. XII. p. SI.) Ak ! nns la liberté, <iue seraient donc nos âmes?
Nn> VŒUX, nos Ktions m» pliisirs, imti dégoûts, De nMre être, es un moi, rien ne serait Ji nous. n'«n aniM» i^upréme inipuissaDies macliines, Aitlomates, peiiKiinis mus par des mains divines. Nous sériant k jainuii île mensonge occupés, ViU iiiainuneiits d'un Dieu qui nous aiirJil trompés. rominent snni liberté serions-nous ses imagesT itae M rcviendraii-il de ses brutes oiivraftns! Uii ne peiil donc Ini plaire, on ne peut roBenser; U a'a nen 1 jiaiiir, rien ■ rcronipenser : Vjbs le* tirux, sur la lerre, il » est plus de jntlice. ŒMm» miiplitei de VdlaîTê, édil. de K<:hl,
d'action; non plus qu'on oe saur«it dire que la toute présence de Dieu , l8(]ue)le ne. aé< pend point de sa volonté, soit un acte di> vin. Le pouvoir physique d'agir , qui est dans Dieu et dans l'homme l'essence de la liberté, conEinue d'être exactement le même avant et après le dernier jugement de l'en- tendement. Par exemple, je suppose qu'il paraît par plusieurs promesses que dans cet instant le dernier Jugement de l'entendement divin est qu'il n'est pas raisonnable que le monde soit détruit aujourd'hui , suit-il de ]k que le pouvoir physique de le détruire, qui se trouve en Dieu, n'est pas précisément le iSéme atijourd'hui qu'il sera dans quelque temps à venir que ce sott? Et n 'est-il pas évident que la nécessité par laquelle Dieu est présent partout, ou connaît toutes cho- ses, et la nécessité par laquelle il tient sa promesse, sont des cnoses qui n'ont d'autra ressemblaiice que leur nom, l'une étant na- turelle, littérale, et l'autre purement figurée
lî,pnlli«par Beaumarchais t.Xl^p 18.) "^ tU0rflle?En un mot, ïl n y a point de liaî-
"• ' . 1 / 5(,[j ejiire 1 approbation et 1 action, entre ce
(lui est passif et i;e qui est actif. Ce n'est pas
J.-l. Rousseau. — « Je n'ai jamais cru que h liberté de l'homme consistflt è faire ce qu'il veut, mais bien è ne jamais Eiiire cw (|u'il ne veut pas; et voilà celle que j'ai tou- jours réclamée, souvent conservée, et par qui j'ai été le plus souvent en scandale à mes concitoyens. >> (lUveries, 1. 1, p. 2i>5.}
Clarkk. — Lettre* de Clarke à un tarant de Cambridge, êur la liberté et la nécessité hu- maine. — 1" Lettre.^ «Monsieur, vous avez exprimé vos diOtcultés sur la liberté d'une fiaaiiière plus forte et avec plus de brièveté que i'oR n'« coutume de le faire. Voici, À mon aris, la véritable réponse qu'on y peut faire. Tout être passif est sujet à la néces- sité, à proportion de ce qu'il a de passif, et il est libre en tant qu'agent : car action et liberté sont, à ce que je crois, des idées psr- tsitement identiquos. Je me servirai , pour expliquer ceci, de l'exemple que vous aJJé- gaez.Le vrai et le bien sont à I entendement ce qu'est à l'œil un objet lumineux. L'œil élaot ouvert voit nécessairement l'objet, parce qu'il est eu cela purement passif; de toftme l'entendement, quand il est ouvert
1 euttfndement qui est la source de l'action , car un être incapable d'action peut être néan- moins capable ae perception ; mais le prin- cipe de 1 action est le poiivoir de se mouvoir soi-même, qui est dans tous les animaux la spontanéité, et dans ceux qui sont doués do la raison ce que nous appelons la liberté. Toute l'erreur sur cette matière procède , je crois, de ce qu'on emploie le mot de vo- lonté dans un sens confus, pour exprimer indistinctement en partie ce qui est passif » el en partie ce qui est actif. »
P. Leroux. — » Que dit saint Augustin., qui, sur ce sujet a entraîné l'Eglise It sa suite? Il dit que nous no sommes pas libres par nous-mêmes; que nous ne devenons li- Ivrcs crue par l'amour. « Grand Dieul si vous n voulez que je vous obéisse, faites d'aboru « que je vous aime, et comraandez-moî en- B suite ce que vous voudrez que je fasse U
■ El que dit Condillac? Il dit précisément la même chose : La volonté est la suite n(^- cessaire du désir. Psychologues, quand vous attaquez si résolument Condillac sur ce point,
aperçoit nécessairement la vérité d'une pro- et que vous le traitez avec tant de hauteur.
position spéculative, ou la justice d'une pro- rappelez-vous que vous avez aflîaire aussi h
postition pralique, parce qu'en cela l'enten- saint Augustin et b l'Eglise.
dément nest aussi que passif; mais, comme « Quant îi nous, nous- sommes encore ici
un homme en fermant les yeux peut s'em- de l'avis de Condillac , el par conséquent h
pêcher de voir, ainsi en détournant l'atlen- l'abri de tout reproche d'hérésie. Non, l'hom-
lion il peut s'empêcher de comprendre. me n'est pas libre comme l'entendent les
■ Hais supposé que le dernier jugement psychologues. L'homme ne devient libre que
de l'entendement soit toujours n^essaire, comme 1 entendent Platon et saint Augustin.
comme je pense qu'il l'est en effet , que L'homme n'est libre que par l'idéal. C'est
suit-41 de là T Autre ckose est juger, autre l'idéal, c'est-à-dire ce monde invisitile, corn-
ehase est agir. Ces deux choses dépendent posé de rapports pensés et sentis, déduits
de principes tout à fait différents , et qui du monde rcel, qui nous constitue libres, et
'ont pas plus de liaison entre eux que la donne naissance à la moralité humaine, o
bculté d'agir et celle de recevoir l'action, Ni Dieu ni l'homme ne peuvent éviter de voir qu'une chose est vraie, ou de juger qu'une chose est convenable ou raisonna- ble, lorsqu'ils voient qrtelle l'est eiieellve- iiienl Mais dans tout ceci, i{ n'v a noint
{Encvrlopédie nouvelle, t. III, p. 41, 42, art. Condillac, par P. Leroux.)
J. Reynald. — « Les Chrétiens, dans l'ai- Icrnalive de se laisser dompter par la fata- lité ou (le se dompter eux-mêmes, choisi* rent dr se domplcr; ne prélcndaiit pas s»
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DICTIO.N.NAinE
cléiirrcr ainsi cu\-niftnics do toute domina- tion, mais seuIcmcHt se faire libres de Salan Eour se mieuT ssumeltre au service de ieu, ils ajournèrent l'affranchissement dé- finitif de l'àme au temps du ciel et de le ré- compense. » (Encyclopédie nouvelle, 1. 1, p. 1H, arlicls Affranchissement, par J. Ret-
LIBRE ARBITRE. — « Le libéral arbitre, dit Montaigne, n'est au^essous de rien qui ait esté créé, Neullo chose est au-dessus de toutes les créatures : aussi est-il le siège du seul Créateur; c'est en lui que Dieu doit aToir sa place; car il est raison, puisque, comme estant au-dessus de toutes choses rréées, il se sied sur elles, qu'il serve de siège et de If^is au Créateur de toutes cho- ses, qui est au-dessus de lui. Voili donc le libéral arbitre faicl siège et domicile de son Dieu, sa saincte majesté doit seule comman- der en luy, y doit présider et y exercer sa Sacre saincte authorité. Voyez, comme de près et immédiatement, nous l'avons alla- thé et joinct h Dieu, comme il n'y a rien S lus voisin de noslrc Créateur que nosire beral arbitre, comme il le touche, porte et soustient. De vray ta grande excellence et perfection que nous tirons a cause de luy,
Iirocéde de ce qu'il a cet honneur d'estfo àict per^ietuel et immortel siège de Dieu. Il n'est nen en nature gui ne prêche et qui ne trompette le haut pnx du libéral arbitre et son excellence au-dessus de tout le reste. L'ordre des créatures le montre évidemment qu'il en soit ainsy, nous voyons que l'cstpc, parce qu'il est tout le moindre de ses com-
Ïiagnons, est aussi commun a tontes choses : e vivre est un peu plus noble, aussi est-il communiqué à moins de créatures . le sentir vaut mieux que le vivre, aussi est-il plus rare : et beaucoup plus le libéral arbitre, iluqucl le seul homme est participant, qui dénote clairement sa perfection... Le libéral arbitre est la vraie ima^e de Dieu. Et que I>eal-il tomber en notre imagination de plus noble, plus digne et meilleur que l'imaige de Dieu vivant? Il nous donna beaucoup quand il nous donna l'estro du non estre; plus quand il nous pourvut de vie; plus en- core, quand il l'accompagna du sentiment; mais le comble de sa libéralité et de sa ma- gnificence, fut de MOUS estrenner du libéral arbitre immortel et incorruptible; car, par ce moyen il nous fit semblables à sa gran- deur et quasi de son genre, laissant le monde et les autres créatures bien loin au- dessous de nous : le plus parfaict de la créa- lion deDieu c'est d'avoir créé et faict en nous son image ; rien ne peut estre au dclfa... Qui pourra donc estimer le prix et la vraie valeur de l'homme, ayant respect h son li- lieral arbitre? Qui pourra mettre en somme combien il doit a son Créateur pour un pré- sent si admirable? luy qui de néant è esté ftict la I lus parfaicte créature de toutes,
?ui, seul, à receu cette qualité immortelle, t receu en outre tous les biens de tout l'u- nivers. •■ (Théologie naturelle par Raymond de Sero^df, traduite par Moniaigni*, et pré-
sentée comme sa propre profession de foi, chap. 103.1
UBRE EXAMEN. — ■ Tant il est vrai, dit Montaigne, qu'il ne faut pas laisser an jugement de chacun la connaissance de son devoir; il le lui faut prescrire, non pas le laisser choisir à son uiscours : autrement, selon l'imbécillité et variété infinie de nos raisons et opinions, nous oous foraerions enfin des devoirs qui nous mettraient a nous manger les uns les autres. ■
—«Cette maxime étrange, dit unprotbstant, qu'il est'juste de s'en rapporter k sa propre conviction, à sa conscience et à sa liberté de penser pour adopter ou rejeter un sym- bole, pour ne croire qu'à ce que l'on veut croire, Me h la foi sa vertu et sa sève. C'est là la source de tous les maux qui ont fondu sur l'Eglise évangéliaue. D'après ce principe la vérité n'est plus fille de l'intelligence, mais bien du caprice humain. Toute croyance traditionnelle est anéantie, toute communion d'idées impossible. En poussant ce principe jusqu'à ses dernières conséquences, l'homme est conduit à un point où il se trouve en contradiction avec lui-même. i fProf. D' Ph. Marheineke, Ueber die Walvie Slellung des ÏMurgi$-cken SecfUs, etc., 1825, pag. 62 et Suiv.)
LIMBES. — a Je n'oserais, dît Leibnilz, m'élever contre le limbe dus enfants, ou le lieu dans lequel les âmes éprouvent la seule peine du dam, et point celle du sens. Puis- que cette opinion est soutenue générale- ment dans 1 Eglise par des hommes d'une grande doctrine et d'une grande piété, et parait assez conforme à la justice divine, je ne puis approuver ceux qui, ne connais- sant que les extrêmes, s'imaginent que Dieu se conduit selon leurs vues, s {Système théo- logique de Lkibnitx.)
a Limbes. Terme consacré dans le langage des théologiens, dit Y Encyclopédie du xviir siècle, pour sî/niticr le lieu ou les flmes des t^eints patriarcne^ étaient détenues avant que JésuS'Lhrist y fût descendu après sa mort, et avant sa résurrection, pour les délivrer et pour les faire jouir de la béatitude. Le nom de limbes ne se lit, ni dans l'Ecriture, ni dans les anciens Pères, mais seulement ce- lui d'enfers, inferi, ainsi qu'on le voit dans le symbole, descendit adinferos. Les bons et les méchants vont dans 1 enfer, pris en ce sens; mais toutefois il y a un grand abtme entre les uns et les autres. Jésus-Christ, des- cendant aux enfers ou aux Limbes, n'<>n a délivré que les saints et les patriarches, et Suicer, dans son Dictionnaire des Ph esarecs^ sous le nom XAUi, tome I, page 9z, 93, 0%; et Hartinus dans son Leiicon philologi- citm, sous le nom Lymbus: et M. Du Cange, dans son Dictionnaire de la moyenne et basse latinité, sous le même mot Lymbus; et enfin les scolastiques sur le quatrième livre du Maître des sentences, distinct. & et 25. On ne connaît pas qui est le premier qui a em- ployé le mot lymbus, pour désigner le lieu où les âmes des saints patriarches et, selon quelques-un?, celles des enfants morts sans
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s LIT DES APOLOGISTES INV^ONTAIRES. LrT
bapléme sool déleaus : on ne le troure pas en ce sens dans le Malire des sentences; toéis ses commentateurs s'en sont servi.
, in m •>enl., dist. ta, qu. k, an. i; (rrpiiM, D. Bo:<av. in. k, dist, iS, art. I, qu. I, /ttstiona. ad arrum. Limbtu. Car c^est ainsi qu il est écrit, et non pas lumbua; «•'ost comme le bord de l'appendice de l'en- fer. » (Encyclopédie de Didehot et d'Alkm- BMT. t- XX, p. 152, article Limbti.)
. UTANIES (Théologie). Terme de li- turgie. On appelle litanie dans I'EkIisc les processions el les prières qu'on fait pour apaiser la colère de DieU) pour détourner «loelqne calamité dont on est menacé, et pour remercier Dieu des bienfaits qu'on re- çoit de sa boulé...
■ Siméon de Thessalonique dit que la sortie de l'église, dans la litanie, marque la rhute e( le péché d'Adaui qui fut chassé du paradis terrestre; et que le retour h l'église marque le retour d'une Ame à Dieu par la péaiteoce.
■ A l'occasion d'une peste qui ravageait Rome, l'an 590, Saint Grégoire, Pape, mdi- tfua une litanie ou procession à sept l«in- (les, qui devaient marcher au point du jour le mercredi suivant, sortant de diverses é.;li5es pour se rendre toutes à Sainte-Marie Majeure. La première troupe était composée du clergé; la seconde des abbés avec leurs moines; la troisième des abbesses avec leurs reUxieuses; la quatrième des enfants; la cin- quième des hommes laïques; la sixième des veuves; la septième des femmes mariées. On croit que de cette procession générale est renae celle de saint Marc, quon appelle en ore la grande litanie,
« Liiantet, est aujourd'hui une formule 4le prières qu'on chante dans l'église à l'hon- neur des saints ou de quelque mystère. Elle contient certains éloges ou attributs, à la Gnde chacun desquels on leur fait une ioToeatioa en mêmes termes. » (Encyclopé- die de Didsrot et d'Albhbkht, t. \X, p. 139, article Lilanits.)
LITCRUIE. Yoyei Cuits, a C'est un mot grec, "ittnvpjla il signifie une teurre, uu ffii- nittirepvblic: il est composé de 14îTof pro IttrU publieut, et îpyn opuê, manu» officium, parcnlièrement consacré au service des au- tels; il n'est plus employé aujourd'hui que |K«ur désigner le culte et l'aflice divin, soit rn général toutes les cérémonies qui s'y rapportent.
Suivant celte idée, on peut conclure
de lui rendre des hommages publics et par- ùi^lters : quelle fut la liturgie d'Adam? C'pst ce qu'il ne serait pas facile de décider; i r*ralt seulement par le récit de Moïse, ij\.i le culte de notre premier père fut plu- tôt le fruit de la crainte, que celui de la kratitude ou de l'espérance {Gen, m, 10).
■ aes Sis offraient des sauriSccs, s'ils sui- vaient la même liturj^ie, on peut conclure que celle de Gain n'avail pas cette droiture '''iotentioo 'jui devait en faire tout le mé-
rite, qui seule était riéccssaii-e dans ces pre- miers'A^es de la religion; au lieu que dans la suite les objets et la vénération religieuse, multipliés et mis oar la révélation divine au-dessus de l'intelligence humaine, il n'a pas moins fallu qu'une vertu particulière pour les croire; cette vertu connue sous la nom de ^oi est sans doute ce qui donne toute l'ellicacité tt une liturgie : il paraît que le successeur d'Abel fut I auteur d'une li- turgie; car sous lui, dit Moïse, on com- mence d'invoquer le nom de CEtemel [Gen. IV, SG}. Cette liturgie se conserva dans sa postérité jusqu'à Abraham , sans doute par le soin qu Enoch, septième chef de fa- mille depuis Adam, avait pris de la rédij^er par écrit, dans l'ancien livre de ce patriar- che que saint Jude cite (v. 14,16), et que les Abyssins se vantent encore d'avoir dans leur langue.
a Mais sous Abraham la liturgie prit une face toute différente ; la circoncision fut ins- tituée comme un signe d'alliance entre Dieu et l'homme. L'Eternel exigea du p^re des croyants les saeridces les plus extraordinai- res : les diverses visions, les visites asses fréquentes des messagers célestes, dont lui et sa famille furent honorés, sont autant ds choses si peu rapprochées des relations que nous soutenons aujourd'hui avec la divinité,
Î|ue nous ne pouvons avoir que 'des idées ort confuses de l'espèce de liturgie dont ils faisaient usage.
■ Quelle fut la liturgie des Hébreux en I^pteî C'est ce qu'il n est pas facile de dé- cider. Adorateurs du vrai Uieu, mais trop aisément conduits aux diverses pratiques religieuses d'un peuple qui ne semblait oc- cupe que du soin de multiplier les objets d6 son adoration , voulant avoir comme leurs bAIesdes dieux qui marchassent devant eux ^ leur liturgie dut se ressentir de tous ces contrastes et présentait sans doute quelque chose de monstrueux.
« Moïse profila du séjour au désert pour rectifier et Qxer le culte des Hébreux, cher- chant h occuper par un culte onéreux et as- sujettissant un peuple porté h tous vents de doctrine : cette liturgie respectable fut munie du sceau de la divinité; elle devint aussi intéressante par des allusions conti- nuelles aux divera objets d'espérances Hat- tuouses dont le cœur du peuple juif était eu quelque sorte enivré.
a Sous un roi poëtc et musicien, la litur- gie des Hébreux releva ses solennités reli- ({ieuses par une musique que l'ignorance- entière où nous sommes de son mérite ne- nnus permet i>as même de deviner ; les maîtres chantres de David exécutèrent d'a- liord ces hymnes sacrés, ces psaumes, ces Te Deum, dont la lecture prescrite par les liturgies lit dans la suite une des uriocipales parties du culte.
K Salomon bAtit le temple de Jérusalem^ la liturgie devint immense : elle réglait un culte des plus fastueux et des plus propres il satisfaire un peuple qui trouvait dans la multitude de ;cs ordonnances et de ses rites
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S7
LIT
mCTIONNAIRE
T.IT
dans la pompe de ses sacrifices, dans le nom- n On ne doit point passer sous silence la
tire et clans les dÎTers ordres des minisires liturgie pour I élection de saint Mathias
de la religion, l'image des cultes idolâtres {Ad. ii, 2ï, 25).
qu'il regrettait sans cesse, et auxquels il « Elle est des plus simples et des plus
rjvcnait toujours avec plaisir. précises; on s'est éi-arté de celte simplicité
« Jéroboam proposa sans doute au peuple dans les élections, à mesure qu'on s'éloi-
d'Israël une nouvelle liturgie pour le cullc gnait de la première source des grAces et
des dicui de Bethel et de Dan; mais ne se- de l'inspiration divine,
rait-cc pas lui faire trop d'honneur âue de le « Les apôtres et leurs successeurs immé-
supposer plus raisonnable que les idoles qui diats avaient beaucoup de foi et de piété
en furent l'objet? dans les actes de leur culte, et dans la célé-
n Dans l'un et l'autre royaume, le culte bralion de leurs mystères; mais il y avait
peli^ioui souffrit des altérations inconccva- peu de prières et peu de cérémonies eité-
liles et qui durent apporter les plus grands rleurcs; leur liturgie en langue vulgairer
chan;jemcnls aux liturgies générales et par- simple, peu étendue, était gravée dans la
(iculiëres. mémoire de tous les néophytes. Mais lors-
■ Jamais les Juifs ne furent plus éloignés que les objets de la foi se développèrent da-
de l'idolâtrie que dans le temps que Jésus- vantage, qu'on voulut attaquer dés interpré-
Christ vint au monde, et jamais les dogmes et la morale n'avaient été plus corrompus; les Sadducéens, dont les erreurs se renouvel- lent aujourd'hui, et trouvent tant de défen- seurs, étaient une secte en crédit à Jérusa
talions nécessaires par les ressources de l'é- loquence, du faste et de la pompe, chacun y mit ilu sien; on ne sut bientôt plus à quoi s'en tenir dans plusieurs Églises; on se vit obligé de régler et de rédiger par écrit les
)cm,ct jamais la liturgie n'avait étépluseiac- prières pubHqucs, la manière* de célébrer teraenî observée; celui qui niait l'immortalité les mystères, etsurtout l'Eucharisiie. Alors de l'dme, les anges, la résurrection, une vie les liturgies furent très-volumineuses , la à venir, ne perdait rien de l'estime publique plupart marquées au coin des erreurs ou des chez un peuple qui criait au blasphème pour opinions régnantes dans l'Eglise, ou chez la petite infraction ô la loi cérémonielle, et les divers docteurs qui les avaient compi- qui lapidait impitoyablement un artisan, lées; ainsi leslitur^cs chrétiennes qui do- père de famille, qui aurait travaillé un jour valent être très-uniformes furent extrémc- a3 sabtiat pour fournir à la subsistance de ment différentes pour le tour, les exj)re5- ses enfants ; pour peu qu'on connaisse l'his- sions et surtout les divers rites et pratiques toirc humaine, on ne doit pas s'étonner de religieuses, différences sensibles en particu-
ces contrastes et de ces inconséquences.
« Jésus- Christ, l'auteur d'une religion toute divine, n'a rien écrit; mais on peut recueillir de ses diséours une liturgie éga- lement simple et édifiante, il condamne les longues prières et les vaines redites ; il veut
lier sur le point essentiel, i savoir la célé- bration de I Eucharistie.
«L'extrême grossièreté des firecs, ou plutôt le manque de politique de leurs pa- triarches, qui n ont pas su, comme nos Papes, ^ conserver en Orient le droit de chef visiblu
le recueillement, et le seul formulaire de de l'Eglise, et s'affranchir de bonne heure prière qu'il laisse et qu'il prescrivit h ses do l'autorité des empereurs, qui prétendaient disciples est également simple et édifian ; il régler et le culte et les cérémonies religieu- ■nstitue des cérémonies religieuses; leur ex- ses; celte grossièreté, ce manque de polili- trême simplicité donne beaucoup à la réllf- que, dis-je, leur ont laissé ignorer le dogmo xion, et trcs-peu à l'extérieur et au faste. important de la transsubstantiation, et toutes 1 L'institution du baptême au nom des les pratiques religieuses qui en sont la suite ;
trois personnes fut embrassée par des sec- tateurs de Platon, devenus chrétiens; ils y trouvaient les sentiments de leur maître sur la Divinité, puisqu'il distinguait la na- ture en trois, le père, l'entendement du ph-t, qu'il nomme aussi le germe de Dieu, ou l'ou-
leur liturgie est restée, à cet égard, dans l'état de celte primitive simplicité, méprisa- ble aujourd'hui à ceux qu éclaire une foi Elus étendue et fortifiée par d'incoffipré- ensibles mystères. Ils ne croyaient point la présence réelle, et communiaient sous les
vrier du monde, et l'âme qui contient toute» deux espèces. Quelques Grecs modernes ont
ehoiti; ce que Chalcidius rend par le Dû louterain, l'eipril ou /a providence, et Cdme du monde, ou le second esprit; ou, comme l'exprime Numénius, cet autre célèbre aca- démicien, relui qui projette, relui qui com- manda et celui qui exécute : Ordinant , ju- bens, intinuans.
« La lilurr Cène est aui
profité des lumières de l'Eglise latine; esclaves de leurs anciens usages , ils ont voulu associer leurs idées aux nôtres, et leur liturgie oUre sur l'article important de
l'Eucharistie une bigarrure peu édifiante
« Depuis le xtt* siècle, l'Eglise catholique
ne communie que sous une espèce avec du
de l'institution de ta sainte pain azyme : dans ce pain seul et dans «ha-
dans l'Evangile d'une siinpli- que partie de ce pain on trouve le corps et
cité tout i fait édifiante; on eût évité, en la le sang de Jésus-Oirist, quoique les bons et
suivant à la lettre et dans l'esprit de son eu- les méchants le reçoivent également, il n'y
leur, bien des disputes et des schismes qui a que les justes qui reçoivent le fruit et les
ont eu leurs sources dans la fureur des dis- grâces qui y sont attachées.. .
ciplos, à vouloir aller toujours plus loin qiii> " L'Eglise latine a sa liturgie, qui a eu sou
leurs niallres. commencement, ses progrès, ses augmeiita->
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I.1T DES APOLOGISTES INYOLOMTAmES.
Lor.
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lions, el qui n'est point parveime i sa per< Ceclion, sans subir liîen des cliangemetits, sairaDt In nécessité des temps et la prudence des Pontifes....
■ Esi-ce î> la foudroyante niusi<iuo des chantres de Jcsué autour de Jéricho, à la douce harmonie de la harpe de David, à la bnivante ou fastueuse musique des chantres du teiD{ilc lie Salomon, ou au pieux chant da cantique que Jésus-^lirisC et ses apôtres entonnèrent après la première institution de U pAgae chrétienne, que nous sommes re- devables de nos chœurs, des hymnes, psau- mes (tl cantiques spirituels, qui, dans toutes les communions chrétiennes, lont et ont tou- jours fail une partie considérable du culte
Soblic réglé par nos liturjjies; c'est sans OQte ce qui mériterait de devenir l'objet des recherches de nos commentateurs.
■ Au reste, la musique, ou plutôt le chant ■ été chez tous les peuples le langage de la déTOlion.
(Eiicifelopédie de Diderot et d'Alkhbbiit, t. XX, p. 157 k 162, art. LiCurgU.)
Tn, p otestant : — ■ Quant h l'usfli;;e de la lanifue latine dans le service di- Tin des catnoliques, dit ce protestant, on a souTenI prétendu qu'on se servait d'une lan^e étrangère, parce qu'on voulait lais- ser le peuple dans l'ignorance. Mais cet us-age aurait pu être expliqué d'une manière plus charitable par la prédilection que les catholiques romains ont pour la langue la- tine qui est en quelque sorte une langue eathofique. On ne doit pas non plus oublier qu'en dehors de la messe on dit pour les niasses des prières dans la langue uu pays. Outre cela, il faut considérer encore que la laa^ue dans laquelle on célèbre le service divin n'est pas un objet de croyance, mais uoe mesure de discipline. On a voulu, pour ainsi dire, accorder la langue avec le recueil- lement et la sainteté du lieu. Et en effet, jan::ais je n'ai tencontré un recueillement
Kitis humble et moins dissimulé que chez is catholiques. Il règne pendant la messe une attention qui devrait servir d'exemple aux protestants. Nous vovons aussi que dans les livres de prières Jes catholiques se trouve en re;^rd du latin la traJuclion eu langue du pays; qu'ils ont en outre, pour tontes les parties du service divin, d'excel- lentes prières dans cette même langue , et qu'on a eu sain, autant nue partout ailleurs, que rien ne pât troubler dans l'église le recueillement du fidèle.*
Wake: — ■OnncsauraitRuèredoutor,ditcet Crebevéque anglican, que Tes prières quidans toutes les liturgies se trouvent les mêmes an moins pour le sens, sinon pour les mots, o'aienl été d'abord prescrites dans les mêmes termes el autres semblables, par les apAtrcs et les •'Tangéitstes dont les liturgies portent 1m noms. ■
LH'BES (Mactais). — « Si ]'.iuleur de
cette version de PliiIostrale,-<lil Bayle, n'a- vait fait que traduire, OH n'aurait point eu sujet de se plaindre; mais il a joint k sa version quantité de notes fort amples, qu'il avait tirées, pour la plupart, tins manuscrits du fameux baron Hei berl ; c'est le nom d'un grand déiste, s'il faut en croire bien des gens. Ceux qui ont lu ces notes m'ont assunî qu'elles sont remplies de venin; elles no tendent qu'à ruiner la religion révélée cl à rendre méprisable l'Ecriture sainte. » [Dic- lionnaire, art. Apollonius). ■ L'autour ne travaille pas h cela par des raisons proposées gravement et sérieusomenl , mais presque toujours par ries railleries profanes et par de petites subtilités : c'est donc avec l>eaucuup de justice cl de sagesse que ce livre, qui avait été composé h Londres en ItiSÔ, a été sévèrement défendu. Ce nouveau traducteur de Philoslratc était un gentilhomme anglais, nommé Charles Blount. ■ (IUtle}.
Voltaire. — « J'ai passé ma vie h mar- cher sur des cailloux , pour chercher parmi eux des pierres précieuses, les mettre a part et en tirer partie ; c'est par là que les mau- vais livres sont queluueiois utiles. (Œuvra de Voltaire, éiin. de Kehl, in-tS, [mbliéeitar Beaumarchais, tome LXXXIl, page 107 h IIV.
LOI. — « Il est, dit Cicéron, une loi véri- table, absolue, universelle, invarinhle, éter- nelle, dont la voix enseigne le bii-n qu'elle ordonne, et détourne du.nial qu'elle défend. On ne peut l'infirmer par une autre loi, ni en rien retranrher, ni l'abroger tout cniière; ni le peuple, ni le sénat ne prurent disptn- ler à y obéir. Elle ne sera p,is autre dans Rome, autre dans Athènes, autre aujour- d'hui, autre demain; mais unique, perpé- tuelle, immuable;elles'assujettira toutes les nations pendant tous les siècles; elU sera comme un seul docteur universel et un tn/wie Dieu quirfgntra également sur tout. > (Ci- céron, De rrpublica, lib. m.)
— Selon Cicéron, quicopiail Platon, la vraie loi, la loi primitive, source de toutes les autres, et non la raison humaine, mais la raison éternelle de Dieu, la sagesse j'Uprême qui régit l'univers; tel est. ilil-il, le senli- inent de tous les sages (De legih. I. n, n. Il; Pl*to, I. IV De legib); c'était celui do Socrale(BRiJKeii, Hist. philos., tome I", p. 561 ), Les pythagoriciens posaient de mémo pour fondementde toutes les lois la croyance d'une Divinité qui punit et récompense [Prologue des lois de Zaleiicus). Ocellus Lucanus, c. K, et Leland, Démonstr. Evan- gél, tora. 111, p. 3i2 et siiiv., ont cité d'au- tres passages des anciens.
« Loi divine {Droit dirin). ,— Les lois dî* vines sont celles de la religion, qui rap- pellent sans ce-sse l'homme k Dieu, qu'il au- rait oublié h chaque instant.
■ Elles tirent leur fyrce principale de la croyance qu'on donne à la religion. 1.^ force des lois humaines vient do ce qu'on les craint: les lois humaines i^ont variables les , lois divines sont invariables. Les lois humai-
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nés sUtuonl sur le bien, celles de la reli- gion sur le meilleur.
« Il ne faut donc point toujours statunr par les lois diTines ce qui doit l'élre par les lois humaines, ni régler par les lois nu- raaiaes ce qui doit l'être par les tois di- vines.
« Les choses qui doivent être résiées par les lois humaines peuventrarementretre p;ir les principes des luis de la religion; ces der- niers ont plus de sublimité, et les lois hu- maines plus d'étendue. Les lois de perfec- tion tirées de la religion ont plus pour ob- jet la bont! de l'homme qui les observe, que celle de la société dans laquelle elles sont observées. Les lois humaines, au contraire, ont plus pour objet la bonté morale dos hommes en général que celle des indivi- dus. B (Encyclopédie de Diderot et d'A- LEUBBRT, t. XX, p. 278 et 279, art. Loi di- vine , par de D. J.
< L'ancienne toi ou la loi de Moïse, appe- lée aussi la vieille loi ou la toi det Juifi, est celle que Dieu donna à son peuple par la boache de son prophète.
« A celle-ci a succédé la loi de grSce ou la loi chrétienne, la loi de l'Evangile, qui nous a été apportée par Jésus-Christ, et qui est la plus parfaite de toutes. » (Enrydop^die do DiDEKOT et d'.\leiibeiit, t. XX, p. 239, articlR Loi. )
JcsT MuiRoif, — "La plume de Fénelon donnait des écrits pleins de douceur et de [H'ilce, dit ce phalsnstérien. La loi de Dieu, iiumuable comme lui-même, est source de tout bien, quand elle n'est point enfreinte. Son infraction a les conséquences les plus terribles, car elle seule, comme nous l'avons vu, introduit le mal sur la terre. » (Les nou- velles TraniactioHs sociales , religieuses et scientifiques , par Just Uvikon , phalansté- rien.J
Loi dk Jésus - Gbrist. — Cabbt. Le Vrai Christianisme suivant Jésus-Christ, Chapitre 1. Section IL g IL Observation de la loi.—iLù rfgae de Dieu, c'est le régne de la lot, car écoutez Jésus parlant au peuple : Ne pensez pas que je sois venu détruire la Loi ou les Prophètes; je ne suis pas tenu les détruire, mais les accomplir; car je tous dis en vérité que le ciel et la terre ne passeront point sans que tout ce qui est dans la loi ne soit accom- pli parfaitement jusqu'à un seul iota et d un seul point. Celui donc qui violera l'un de ces tiioindres commandements, et qui apprendra auT hommes à les violer, sera regard/ dans le ripaume des deux comme le dernier; mais relui qui les observera et enseignera à les ob- server sera grand dans le royaume des deux. {Matlh. V, 17-19.)
" C'est donc bien certain, Jésus prescrit le respect pour la loi ou la légalité, mais de la loi conforme h la volonté de Dieu ; el comme l'ancienne Loi ne développait pas assez le principe de la fraternité ou l'amour frater- nel, il perfectionne cette loi, en fait une foi nouvelle, et dit : La Loi el les Prophètes ont duré jusqu'à Jean-Baptiste. Depuis re (emps- I.; le roijaa-ne 'le Dieu es! aintiiré n-tr him-
mes, ei tuacun fait effort pour y entrer. (Luc xvi, 16.)
c II répète souvent : Il a été dit aux an- ciens.oa-.L'anrienne Loidisait„.,.»AlSUot js
vous DIS Puis il perfectionne l'ancienne
loi sur un grand nombre de points qui se résument tous dans la réalisation de la fra- ternité.
a Et l'apAlre Paul déclare hardiment que l'ancienne loi est remplacée par une loi nou- velle : La première loi est abolie comme im- puissante et inutile,parce qu'ellen'arien porté à la perfection, mais une meilleure espérance, par laquelle nous approchons de Dieu (ou de la perfection en tout), a été substituée en ta place. (Paul, Ep. aux Hébr., vu, 18, 19.)
I Le règne de Dieu est donc le régne de la loi. Voyons la loi nouvelle.
S III. Àimex Dieu. — • C'est h Jérusalem
3ue la scène va se passer,quand Jésus vient 'y faire une entrée presque triomphale , quand il y proclame avec plus d'éclat sa doc- tnne, dans le temple, au milieu du peuple, en présence des pharisiens, des saducéens, des scribes et des docteurs de la loi.
■ On de ces pharisiens, docteurs de la loi, voulant tendre un piège h Jésus, vient lui faire cette question -.Maître, quel est le grand commandement de la loi? ËtJesus lui i épondt Vous aimeres le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme et de tout votre esprit. C'est là le plls grand et le pre- mier commandement. Et voici le second, qui est SEMBLABLE à cclui-là : Vous aimerez voire prochain comme vous-même, toute la Loi el les Prophètes sont renfermés dans ces deux commandements. (Matth. xui, S.'i-'iO.)
" Le premier commandement est donc : Aimez Dieu.
« Dieu étant présenté comme un père, et le meilleur des pères, qui pourrait ne pcs l'aimer et l'adorer? Serait-il possible de lui refuser sa reconnaissance, son amour, son aijoralion? Le simple instinct, qui attache si puissamment l'enfant i sa mère et à son père, ne sulTit-il pas pour attacher tout le genre humain au plus tendre , au plus ai- mant de tous les pèresT L'intelligence, la ré- flexion, la raison, ne sufTiscnt-elles pas è l'instinct pour concentrer l'adoration sur le plus bienveillant, le plus juste, le plus sa^e» le plus éclairé, le plus parfait, le plus puis- sant de tous les pères? Ne pas laimer, ne serait-ce pas une monstruosité , une mons- trueuse ingratitude, vice odieux à tous les hommes et a tous les peuples?
n Oui, nous, les pauvres et lesprolétaires, nous aimerons Dieu tout naturellement quand son Règne sera arrivé, parce qu'il nous serait impossible de ne pas aimer un Père, bon, tendre, juste, qui nous rendrait parfaitement heureux sous son règne.
II Aimons-le dès maintenant, parce qu'il a prodigué pour nous sur la terre, tout ce qui peut être prodigué h notre bonheur, et nous a donné I intelligence et la ration pour en jouir et nous rendre heureui, en obser- vant les lois de la nature.
B Mais c'est vous surtout, rois et prêtres,
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DES APOLOGISTES INVOLONTAIHES.
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rû-Jies et puîssnntSi ^ui devriez aimer Dieu. I^r c'est Jésus, qui vous répète et vous crie : Aimes Diea de tout votre cœur, de toute tatre âme, de tout votre etprit I
a Et si TOUS voyez un Dieu dans Jésus, prostemcz-vous devant sa volonté sainte 1 Entendez sa voix qui vous ordonne égale- ment d'aimer votre prochain comme vous- Qïémes I
J IV. Amour fraternel.- — « Jésus ajoute que le second de ces commandements est ffmbttûtte au premier, par conséquent auisi
rnd que le premier , et par conséquent plm grand avec lui à l'égard de tous les autres.
» Aimez votre prochain comme vout- mfme$, dit donc Jésus, en confirmant ce commandement dicté jadis à Ho'tsc par Dieu.
« Et cet amour fraternel est en effet la conséquence inséparaMe de l'amour lîlia) envers Dieu.
■ Puisque Dieu aime tous ses enfants, quel plaisir pourrait lui faire l'amour de chacun d'eux pour lui, si chacun d'eux haïssait les autres ou seulement était sans amour pour ses frères !
• ha meilleure manière d'aimer et d'a- dorer Dieu c'est donc d'aimer ses frères î
> L''amour de Dieu et l'amour du pro- chain se conforment donc pour ne faire qu'un seul et même amour.
■ L'amour de Dieu sans l'amour du pro- chain n'est qu'un amour stérile et menteur; et celai qui n'aime pas son ft-èrc n'aréelle- menl point d'amour pour Dieu.
« Elle est donc Krande, sublime, sainte e( divine, cette parole de Jésus que let deux evmrnmndementi d'amour, pour Dieu tt pour nolrt frère , sont temblablet et n'en font
j V. — La fraternité eonttitue la Loi. — 4 Le principe de la Fraternité se trouvait dans rancienne loi de Moïse , mais il n'était pas dans le Décalogue, et se trouvait jelé dans le i/rtfi'ywe comme une loi secondaire ; c'était une idée confondue dans la foule des idées, obscurcie et, pour ainsi dire, étouffée et noyée.
■ Mais Jésus pense que le principe de fraternité est le principe le plus important , le plus essentiel, le plus utile aux nommes, le plas fécond en conséquences pratiques pour l'ordre dans la société humaine et pour le bonheur de l'humanité. Il le tire •ÎOHc de l'obscurité pour le mettre en lu- mière, pour en faire un soleil qui va tout iltummer pour s'inscrire en tète de la loi •■omme le principe générateur de tout le reste ; il déclare que ce principe ou ce com- mandement : Aime ton procham comme toi- mfm'f e<t seublible au commandement: Aime Pieu, et qu'il absorbe même comme phis directement utile aut hommes, et comme pins confonne à Famoar de Dieu
Cr ses enfants ; il pense que, si le genre lain roulait ne s'occuper que de Dieu pour lui lémoigner son amour par ses hom- mages et son admiration, Dieu lui dirait!
« Mes enfants, dispensez-vous de ces dé- fi monslratioiis et aimez-vous pour ma • plaire ; c'est l'encens qui me sera le pius " agréable, c'est la preuve de votre amour " pour moi qui me fera le plus de plaisir « et qui serait le plus capable d'augmenter, a s'il était possible, mODttmour pour vous; » il décide et déclare que cfl précepte d'amour fraternel renferme toute la loi et les pro-: phèlos.
n Voilà, suivant nous, le mot le plus saillant de l'Evangile.
* Ainsi, d'après Jésus, toute la Loi sa trouve réduite ou résumée ou concenlréo dans ce mol : Amour du prochain, ou .\Moca FRATEnNEL, ou Fraternité.
■ Fraternité, c'est, pour Jésus, toute la loi. En sorte qu'on pourrait déchirer la Loi et la remplacer par le seul précepte ou commandement: Aime Dieu et tes frere§.
0 Et c'est lîi la grande, l'immense inno- vation, l'incommensurable réforme apportée par Jésus.
1 Et cette réforme perfectionne tellement l'ancienne Loi, qu'eue en fait pour ainsi dire une Loi nouvelle.
« El cette innovation est tellement inap- préciable qu'on peut l'appeler divine.
« Et sa réalisation complète amènera cer- tainement le règne de Dieu sur la terre I
o. Nous verrons Jésus et ses apôtres répéter la même idée sous toutes les for- mes.
■ Vovez d'abord comme Jésus préfère un acte dé iVatcmilé il une offrande h Dieu : Lor»que, dit-il, présentant rolre offrande à Vautel, vous vous souvenez que voire frire a quelque ressentiment contre vous, laisses votre don devant l'aulcl, et allez vous téeon- citier aupararanl avec votre frère- nuit vous reviendrez offrir à Dieu votre dbn. [Mattk v, 23 et n. )
■ Ecoutez maintenant l'apdtre Paul :
■ Toute la loi est renfermée dans ce secl précepte: Vous aimetex votre prochain com~ me vous-même [Pâli, Ep. aux Calâtes, V,U.)
« Tâchez de ne devoir rien à personne que la charité mutuelle ; car qui aime son pro~ chain ACCOMPLIT la loi. Tout commandement quelconquese retrouve dans celte parole: Vous aimerez votre prochain comme vous-même... Ainsi, l'aholr est l'accomplissement de la loi. (Paul, Ep. ouj Rom., xiii, 8-100
0 Écoutez un autre apfitre, Jean -.Celui qui n'aime pas son frire n aime pas Dieu , car personne ne tit jamais Dieu ; mais si noui nous aimons les uns les autres, il demeure en nous et son amour est parfait en nous ; Dieu EST AMOUR, ef qui demeure dans tamour de- meure en Dieu et Dieu en lui Celui qui
n'aime point son frère qu'il voit, comment peut'il aimer Dieu qu'il kk toit pab7 (Jsau, /" Epître, IV, 12-20.)
■ Nous tp répétons donc encore, pour les apôtres comme pour Jésus, toute li loi est dans ce précepte : Aimez votre prochain!.,.
S VI. — Qui est leprochainf — ■ Un doc- teur de la Loi demaodantà Jésus: Qui ej( mon prcrhainfJé^us lui répond par une parabole:
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■ Et Jétui prenant la parole, tut dit : Un hommt, qui descendait deJérutahmdJMcko, tomba entre Itt mainê dea voleur», qui le dé- pouillèrent, le couvrirent de platée et s'en allèrent, le laissant à demi niorl. — il arrita ensuite qu'un prtire descendait par le métne chemin, lequel. Valant aperçu, passa outre. — Un lévite, qui vint aussi au lieu, Fayant considéré, passa outre encore. — Mais un Sa- tnaritain, qui voyageait, étant renu à l'en- droit où était cet homme, et l'ajjant vu, en fut louehé de compassion. — Il s'approcha donc de lui, versa de l'huile et du vin dans ses plaie», et les banda; et l'ayant mis sur son cheval, il le mena dans une hôtellerie et prit soin de lui. — Le lendemain il lira deux de- nier» qu'il donna ù l'hôte, et lui dit : Ayez bien soin de cet homme; et tout ce que vous dépenseres de plus, je vous le rendrai à tno« retour. (Luc, x, 2i) k 3o.) — Lequel de ces trois vous semble avoir été le prochain du blessé? demande Jésus au docteur. — Celui
Îiui Va secouru, répond le docteur. — Aile:, ui réplique Jésus, et faite» de même.
■ Quant h nous loas, Jésus nous apprend
Îue c'est le malheureux surtout que nous cvons considérer comme noire prochain, Îiour le secourir et pour exercer envers lui es devoirs qu'impose un amour fratenicl.— Nous en verrons bien d'autres exemples.
g VII. — Faites aux autre», etc. — « Par- lant à la foule sur la montagne, Jésus lui dit : Faites donc aux homme» tout ce que vous voulex qu'ils vou» fassent ; car c'est la la lai de» prophète». {Mallh., vu, 12.)
■ Traitez le» homme» de la même manière que vous voudriez qu'ils voua traitassent vous- mêmes. [Luc, VI, 31.)
a C'est une autre expression du principe de la fraternité; c'est une règle sûre pour la conduite dans la société, pour ta réalisation de !a ciiarité fraternelle otde.la justice. Celui qui suivrait constamment ce double précepte: ffe faites pas à autrui ce que vous ne vou- driez pas qu'il vou» pi ; faites, au contraire, aux autres tout ce que vous voudriez qu'ils fissent pour vous, aucomplirait cerlainemcnt tous ses devoirs. Celui qui dans toutes ses actions se demonderait : l'oudrais-je qu'un aiilreaglt ainstenrers moi? serait sfirde faire toujours bien et jamais mal. Et si tous les hommes suivaient cette rè^le de conduite, on aurait assurément le règne de Dieu el le bonheur sur terre.
• Ke jugez point afin que nous ne soyez point jugés, car vous serez jugé» selon que vous aurez jugé les autfet, el on »e servira envers vous de la même mesure dont vous vous serts servi envers eux. (Hatih., vu, i, 2.)
M Celui qui n'aura pat fait miséricorde sera jugé san» miséricorde. (Jacq., Epît. ii, 13.)
■ Sagex donc pleins de misériclide comme votre Pire en est plein.
1 ffe jugez point et vous ne serez point ju- gés; ne condamnez point et vous ne serez point condamnés; remettez et on vous remet- tra; donnez et on vous donnera: on vous ver- sera dans le srin une bonne mesure, pressée
et entassée, et qui se répandra par dessus; car on se servira enrer» t;t»Mi de la même mesure dont vou» vou» »erez servis envers les autres. (Luc, VI, 36-38.)
■ Noubliez donc jamais, vous qui tous dites chrétiens, cette parole de Jésus : Trai- tez les autrescomme vous voudriez être traités par eux!
S VIll, — Aimez avec dêvouemeut. « C'est Jésus qui parie à ses disciples : Je vou» faia un commandement nolveau : que vou» vous aimiez le» un» les autres, et que vous vous entr'aimiez comme je vous ai aimés. C'est en cela que tous connatlront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres, u (Joan. xiii, 34, 35.)
n Et ce commandement d'amour fraternel est si capital aux yeux de Jésus, qu'il le ré- pèle : Comme mon Père m'a aimé, je vou» ai austi aimés; demeurez dans mon amour. [Joan, XV, 9, 11.)
a Le commandement que je VOUS donne est de vous aimer le» uns tes autres comme je vous ai aimés. Personne ne peut avoir un plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. (12 et 13.)
■ Ainsi Jésus recommande k ses disciples de porter leur amour fraternel jusqu'k don- ner leur vie les uns pour les autres,
« Vous êtes mes amis, si voua faites les cho- se» que je voua commande, ai vous vous ai- mes. (U.l
■ Et il annonce que ce commandement d'amour fraternel lui a été appris par suu l»ère. (15.)
« El il met une si grande importance k ce commandement, qu'il le répèle encore pres-
3ue aussitôt. Ce que je voiu commande, c'est e vous aimer les uns les autres. fl7.J « Vous tous qui vous dites nisciples ou fidèles adorateurs de Jésus, aimez-vous donc
fiour lui obéir, aimez tous les hommes pour ui plaire.
% IX.— Aimez va» ennemis.— n Jésus dit au peuple rassemblé autour de lui : L'ancienne loi vou» disait : Vous aimerez votre prochain et vous hairez votre ennemi. Mais moi je voua dis : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haissenl, et priez pour ceux qui vous persécutent et giti vou» calomnient, soyez
Îarfait comme votre Pire céleste. (Malth.vui, 1-48.1 a Cest donc encore une loi nouvelle.
■ C'est, pour Jésus, une amélioration et un perfectionnement ; c'est la perfection même. Et il ajoute :Si quelqu'un vous frappe sur une joue, présentez-lui encore tautre; et si quelqu'un vou» prend votre manteau, ne t'empêches point de prendre aussi votre robe. Donnez à tous ceux qui vous demandent; tl ne redemandez point votre bien à celui gui voua remporte. Si vous n'aimes que ceux qui vou» aiment, quel gré vous en saura-t-on, puisque les gens de mauvaise vie aiment aussi ceux qui les aiment? — Et si vous ne faites du bien qu'à ceux qui vous m font, quel yré vous en saura-t-on, puisque tes gens de n.au- vaise vie font la même chose ? — Et si vous ne prêtez qu'à ceux de qui vous citerez de
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1.01
DES APOLOGISTES INVOf.ONTAlIlEià.
otV le m/me tervtct, quel gré vaut tu toura-t-CH, puisque le$ gens de mauvaise tle s'nUre-pTftenl de la sorte, pour ret evoir le mêmes arasttage? — Mais pour vous,aimez vos ennemis, faites du bien à tous, et prêtez sans en rien espérer, et alors votre récompense sera tris-grande, et cous serez les enfants du Trèê-Itaut, parce qu'il est banaux ingrats ntéme et aux méchants. [Luc, vi, 21-35.) Jésus dit doDC bien cerlainement ; AîmGZ noo-seulemest vos frères, mais œënie vos enoemis, et il considère cet amour comme le dernier de^ré de la fraternité, comme la perfection dans la fraternité.
■ Et nous admirons cette doctrine.
■ Car ce n'est pas ici la pusillanimité el la lAcfaeté, capables d'enhardir un agresseur; c'est la fermeté, c'est l'énergie, c'est le vrai courage, calme, raisonné, systématique; c'est le renoncement à soi-même et le dé- vouement k la société ou à l'humanité, cons- tamment prêché par Jésus dans l'intérêt bumanitaire et social; c'est le dévouement pour en imposer à l'oppresseur, pour faire estimer et respecter l'opprimé, pour vaincre e( triompher par la douceur, la patience et la rési^ation , plus sûrement que par la force ou la violence; c'est le dévouement personnel el volontaire dans le but de mieux assurer le triomphe de la cause.
« Ce n'est pas là une doctrine de lAcheté, poisqu'aucune n'a inspiré plus d'intrépidité pour braver les supplices et le martyre I
> Hais si un frère était attaqué, frappé, niena(.-é dans son existence, Jésus, qui re- commande de donner sa vie pour ses frères, ne dit pos qu'il faudrait le laisser blesser ou tuer, lui qui prend son van k la main pour netlojrer son aire. [Maltk., ui, i2); lui qui conseille d'arracher l'œil qui scandalise (t. 29) ; lui qui appelle les pharisiens race de vipères, qui les ettaque et les me- nace, lui qui condamne à l'enfer tous les op- presseurseltousies spoliateursdupauvrel...
■ El les apdtres Paul et Jean no conseil- lent pas non plus une tolérance sans limite, eux gai conseillent de repousser toute com- mnnicalion avec les brouillons et les vicieux quitroublentrharmoniede la société. (Paul, Èp. aux Rom., xvi, 17 et 18; —/" Ep, aux Corinth., v, 1 1 ; — Ep, aux Thess., y, \k;-
iM'E^., m, 11-15.— Jk4K, //• Ep., 9-llJ...
i X. — Soyes miséricordieux, — ■ La miié-
rieorde, ou la prriÉ pour les malheureux do
tonte espèce et pour les souffrants, est une conséquence de la fraternité et du précepte: Faites d autrui, etc.. etc., c'est pour ceux-là que la fraternité est plus utile; ce sont cenx-li qne Jésus recommande surtout d'ai- mer; et c'est la miséricorde surtout qu'il ordoime d'exercer.
■ Noos l'avons déjà vu louer la miséricorde du Samaritain envers une victime des vo- leurs. (« VI.)
1 Panant au peuple, il s'écrie : Bienheu- Ttux ceux qui sont miséricordieux, parce fn'Ui obtiendront eux-miémes hiséhicordb I a [Vu/A., T, 7.) — a Soyex pleins de miséri- corde comme votre Pire: (Luc, vi, 36.)
■> £t l'apAlru Jacques dit aussi : Celui qui n'aura point fait miséricorde sera juyé sans miséricorde, {Ep. de Jacq., ii, 13.)
« Nous allons voir Jésus recommaidcr le pardon des olrenses envers nous-mêmes, è plus foric raison i' indulgent epovT les fautes en général ; et c'est toujours la conséquence de la fraternité.
S XI. — Pardonnexl Pas de vengeance! ■ - « C'est Jésus qui parle : Si tùlre frère vous a offensé, ailes lui représenter sa faute en par- ticulier, entre vous et lui : s'il vous écoute, vous aurex gagné votre frire. { Matlh. , xvHi, 15.) — Pardonnes pour qu'on vous par- donne. (35.) — Pardonnes toujours. (21.)
« Aussi Jésus recommande-t-il de prier ainsi :
■ yotre Pire... pardonne s^nous comme nous pardonnons.
■ Et sur la croix, au milieu de tous les ou- trages et des tourments d'un horrible sup- plice, victime de la plus noire ingratitude, il donnera le plus sublime et le plus divin exemple en pardonnant i ses accusateurs, à SCS ju^es et k ses bourreaux: Pardonnez - LKUR, mon Pire, dira-t-il; car ils ne savsnt ce qu'ils font. {Luc, xxiii, 34.)
X Oui, ce peuple que Jésub veut délivrer et sauver, ce peuple pour le salut duquel il se dévoue et donne sa vie, ce peuple qui de- vrait être rempli pour lui de reconnaissance et d'amour, ce peuple qui, trompé par les calomnies des pnMres, ses véritables enne- mis, leur livrera son meilleur ami en lui préférant un assassin et en demandant pour son libérateur le plus cruel supplice, ce peu- ple ne saura pas ce qu'il fera; il commettra un acte de monstrueuse ingratitude sans vouloir être ingrat; il crucifiera sans savoir qu'il se crucifie lui-même el qu'il se suicide.
a Et ces prêtres, qui savent qu'ils sacri- ûeni un innocent, victimes eux-mêmes do Satan ou d'une satanique organisation so- ciale qui les a nourris d éf^oisme et d'orgueil, ils ne sauront pas complètement ce qu'ils font...
g XII. — Signe de lu justice. — b Noos avons déjà entendu Jésus qui disait ; Cher- ches le royaume de Dieu el ta jcsticg, et tout vous sera donné par-dessus. Mais pour bien comprendre toute la portée de ces paroles, écoutons son discours au peuple réuni au- tour de lui. En substance, il lui dit :
« JVe vous inquiètes pas pour votre nour- riture et votre vêtement. — Votre Pire, qui vous a donné un corps el upe vie, vous don- ^nera d plus forte raison le vêtement et la nour- riture qui leur sont nécessaires. — Et ce Père, qui donne la nourriture aur oiseaux du ciel et le vêtement à l'herbe des champs, ne peut manquer de les donner à vous, qui êtes bien autrement chers à son cour. (Matth., vi, 2»-
■ Et c'est alors que Jésus (^oute : Cher- ches donc premièrement li royaume de Dieu et TOUT i-E RK8TE VOUS seTa donné par-dessus.
a Dans cette situation, Jésus ne veut-il pas dire : l'que la justice préside au royaume île Dieu; 3* que dans ce royaume I^ justice
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LOI
TUCTlONNAin
1,01
Assurera "a tous la nourriture, le vèleiucul et la répudie, je défend» à tout autre homme d'r-
le logement.,,. pouser ta femme répudiée. (Matlh. vu.
■ Aussi Jt-sus dit-ii encore : Si votre jtù' 'ai, 32.)
tice n'est pas ptui abondante que celle des o Ainsi Jésus ne veut plus que le marî
pharitien», vous n'entrerez point dans le puisse répudier despotiquement sa femme 1
royaume des deux. (Matth. v, 20.J « Et quand les pnarisions cherchent à lui
■ Ce gui |Hrouve que dans l'esprit de Je- tendre un piège et à le mettre en cootradio sus, la justice doit Être Abondante ou cons- tion nvcc )a toi, il leur répood : ?{'atex-vout tammeni et complètement pratiquée, et pas lu : celui qui créa rhomme dis te com- qu'elle est une des principales bases du mencement le créa homme et femme. Par cette roi/aume de Dieu. raison l'homme quittera son pire et sa mère et
■ Aussi Jésus dit-il encore : Bienheureux i^aliachera àsa femme; ih ne seront tous deux ceux qui sont affamés et altéré» de la justice qii'vKE seule chair. Ainsi ils ne seront plut parce qu'ils seront rassasiés! — Bienkeu- deux, mais une seule chair; que f homme donc
parce qu it
reux ceux qui souffrent persécution poUr la svsTics, parce que le royaume des deux est à eux. {Matlh. v, 6, 10.)
<c Ce qui prouve toujours davantage que, pour Jésus, la jtsTicKCSt l'Ame du roj'Aume de Dieu comme la fraternité.
« Et Jésus dit ailleurs : Ce qu'il y a de plus important dans la toi, c'est ta pratique de ta JUSTICE, de la miséricorde et de ta foi. (Matth., XXIII, 23.)
•c Et l'apOtrc Jean dit aussi : Celui qui fuit les œuvres de justice est juste r sut'Christ. (1" ép. de Jean, m, 7.)
ne se sépare pas de te que DiKU A joint. [Matth., XII, 3-C.)
1 El Jésus ajoute que si Moïse a d'abord to- léré la répudiation de la femme par le mari, c'est une dérogation à la loi de la nature, qu'il a considéré la dureté de cœur des nommes.
« Jésus veut donc affranchir, pour ainsi dire, la femme, la rétablir dans son droit naturel, et la traiter comme é^ale à l'fionimc. <t Ecoutez encore comme Jésus refuse do Je- condamner la femme adultère! _ . ,_ , , , .., 1 Comme il instruit le peuple dans le
« Justice et ft-aternilé, c'est donc la mfimc temple, à Jérusalem, les pnarisiens et les chose. scribes, toujours occupés à chercher un pré-
<i Point de justice sans fraternité. — texte ^lour l'accuser, lui amenèrent une Point de fraternité sans justice. — La jus- femme qui vient d'être surprise en adultère tice est Is réalisation constante et complète et lui disent : Maître, la loi ordonne de lapi- de la fraternité. der les adultères : que faut-il faire? — Que « Et lajusiice est tellement identique avec celui d'entre vous qui est sans péché, répond la fraternité que Jésus est sui^ioiumé le Jésus, lui jette ta première pierre, JusTB, et que fEvangilc dit continuellement « Mais tous sortent les uns après les aa- \es justes pour dire les hommes por/ati* sous très, les vieillards les premiers, et Jésus dit tous les rapports. à cette femme : Personne n'est plus là pour S XJII. — Respectez, défendez tes femmes, vous condamner ; je ne veux pat non plus vous
K Jésus qui atmc tant Inhumanité, ne pou- vait manquer d'aimer et de protéger 1a
ti et ne pé-
condamner moi-même; altez-vous-ei
_. __ ^ „__ __ ckesplusl » [Joan. viii, 2-11.)
femme, que A[oïse représente comme une « Tout en désapprouvant t'adultère, Jé- partie de l'homme, et qui cependant est par- sus se montre indulgent et miséricordieux tout opprimée, partout victime des lois laites pour la malheureuse femme généralement par les hommes. Aussi s'occupe-(-il des moins coupable que la société qui l'expose femmes dès le début de sa mission, en di- et que l'homme qui l'abandonne ou qui la sont au peuple assemblé : Vous sacex qu'il a provoque et l'entraîne. étédit aux anciens: Vous ne eommeltrex point « Ne sont-ils pas poussés par Satan, ces tTadultire. — Mais moi (vous apportant une hypocrites pharisiens, qui séduisent et cor- nouvelle loi), je vous dis: Quiconque aura rompent les femmes par leur luxe et par regardé une femme acte un regard impudique leurs richesses, et qui veulent ensuite faire aura déjà commis t'adultère dans son cœur, lapider leurs victimes? Ne sont-ils pas bien {Matth. V, 27, 28.) iniques, ces vieillards qui se montrent si im- ■ Ainsi Jésus, qui veut la pratique de 1a pitoyables envers de faibles femmes, et qui fraternité envers les femmes et les nommes, peuvent se reprocher k eux-mêmes d'autant et qui ne veut pas qu'un homme trouble le plus de péchés qu'ils ont vécu plus long-
repos et le bonheur d'une femme, en l'en traînant dans l'adultère, ne veut pas même ({n'il arrête sa pensée sur un désir coupable, et pas même qu'il arrête sur elle un regani contraire k son devoir.
« Jésus, qui protège ainsi la femme contre tous les hommes et qui veut Ia protéger aossi contre son mari, ajoute. Il a été dit aux
temps?
« Qu'il y Aurait de fraternelle indulgence, soit chez les hommes, soit chez les femmes, si chACun ne jetait ta pierre que quand il eit sans péché!
« Et que le conseil donné par Jésus évi- terait de discordes et d'injustices!
Suivez-le donc, vous tous, qui voyez un, '
ancien* ; Quiconque veut renvoyer sa femme Di^u dAns Jésus-Christ 1
doit lui donner vn icHt par lequel it déclare • Nous Allons' voir cotame îlest indulgent,
qu'il la rendit. — Mais moi (vous appor- juste et bienveillant pour la femme :éCottiet
tant une loi nouvelle), je hti défends de la uient
r,'pudier, si ce n'est en cas d'adultère: et s'ii « Ifn pharisien ayant prié Jésus Ce manger
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UH DES APÛLOGISTCS INTOUNiTAIItES.
UH
il
rka hâi if entra dùiu son togii H te mit à table. — En mémtttmpÈune femme de ta ville, mi était de maataiêe vie, ayant >u qu'il était •j table rbex ce Pharisien, y vint arec un vote d'albâtre plein ffhuile de parfum.— Et ee te- nant derrière lui à tes pieds, elle commença A les arroser de tes larmes et elli les ettnyait aree tes cherenx, les baisait et y répandait ce parfum. — Ce que voyant le Pharisien qui forait invité, il aie en mi-m/me.-Si cet homme était propkfle, il saurait qui est celle qui h touche et que c'est une femme de mauvaise vie.
— Alors Jésus, prenant la parole, lui dit : Simon , f ai quelque chose à vous dire. — /f repondit : Maître, dites. — Dn créancier avait deui débiteurs : tun tut devait cinq cents d^ niers, et Vautre cinquante. — Mais comme ils %'ataient pat de quoi les lui rendre, il leur re» mit à tous deux kurt dettes. Lequel det deux raimera donc davantage? — Simon répondit : Je croit que ce sera celui auquel H a plus re- mis. Jésus lui dit : Vous avez fart bien Jugé.
— Et te tournant vers la femme, il dit à Si- mon : Voi/ez^ous cette femme? Je suit entré dont votre maiton et vous ne m'acex point i^mné ifeau pour me lacer tet ptedt, et elle, au contraire, a arroté met pieds de tes lar- mes, et les a ettugés avec set rhereux. — Foui (K m'aves point donné àe baiser ; mais elle, depuis qu'elle est entrée, n'a cessé de baiser met piedt. — Vous n'avez point répandu d'huile sur ma télé, et elle a répandu tes par- fuma tur met piedt. — Ceit pourquoi je vont déclare que beaucoup de péchés lui seront re- mis parce qu'elle a beaucoup aimé; mait ce- lui A ^i OH remet moint aimera moins. — Alort 1/ dit A cette femme : Vos péchét voue sont remis... (Luc, vu.)
m Et cette femme c'est Marie, sœar de Lazare et de Marthe, emblèmes de Thomme et de la femme an peuple, dont nous parle- rons bientôt {Jean, xi, 2). Et nous verrons qne Jésus aime Marie comme sa sœur Marthe et son frère Ltnareilbid., 5).
I XIV. — Aimex les enfants. — ■ Les dis- ri^es de Jénis lui demaadant qai sera le plus grand dans le royaiune de Ifieu, il fait appeler un petit enDitit, le met au milieu o eux et leur dit : Je vous dis, en vérité, que si vous ne vous convertissez, et si vous ne devenez comme de petitt enfants, vous n'en- trerez pas dans le royaume det deux. — Qui- conque donc s'humiliera et te rendra petit comme cet enfant, celui-là sera le plut grand dans le royaume det deux. — Et quiconque reçoit en mon nom un enfant tel que je viens de dire, c'est moi-même qu'il reçoit.
— Si qu^qu'un tcandatite un de cet petite qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lai qu'on lui pendU a» cou une de cet meiJet
Zuun âne tourne et qu'on le jetât au fond de i mer. — Prenez bien garde de ne mépriser aucun de cm petits. (Mattk.t xtoi, 3 ft 10.)
< Les disciples de Jésus discutant entre «ruxla même question (qai-sera leplutgrand i;ans le royaume de Dieu), il prend uu petit f/ffant, le met au milieu d'eux, l'embrasse et iht z Quiconque reçoit, en mon nom, un PicTionn. DES Apolosistbs ISf. IL
petit enfant comme e^i-et , tnt reçoit-. {Marc, IX, 3^ 36.)
■ Peu après on présente k Jésus de petits enlants puîir qu'il les bénisse en leur impo- sanl les mains; et comme ses disciples ^es repoussent durement, il s'en fAche et leur dit : Jfempichez pat ces enfants de venir A moi; carie royaume de Dieu est pour ceux
Sii leur ressemblent. [Matlh., xix, 13, li| are, X, 13, U.)
< Et les enfants sont tellemeut ehers k Jésns> que, parlant & ses disciples, il ne trouve pas d'expression plus tendre que cellfrci . Mes enfants, aimez^out les unt lei autret comme je vous ai aijnés. (Jean, xiii, 33,3%.)
« Et l'apôtre Jean, s'adrëssant aux prc'^ miers Chrétiens, répète sourent lui-même cette expression : Mes enfants, et même celle-ci : Mes petits enfants... il" Ep., 11, 1,12^28.)
i XV. — Pratiquez! — ■ La théorie n'est rien sans la pratique, comme l'arbre n'est rien sans de bons iruits, Econlei Jésus par» lant au peuple : Tout arbre qui ne produit fas de bons fruits sera coupe et jeté au feu, Jtetinz-vous de moi» vou* qut faites det eeuvret d'iniquité!
« Puis il ajoute cette parabole ; Quiconqui entend mes paroles et les pratique sera com- paré à un homme sage qui a bâti ta maison sur la pierre. Lorsque la pluie est tombée^ que les fleuves se sont débordés, que les vente ont soufflé et sont venus fondre tur cette mai- ton, elle n'cet point tombée, parce qu'elle était fondée tur la pierre, — Mait ^icon^e en-^ tend met parolet et ne let pratique pomt, sera semblable A un homme intenté qui a bâti ut maiton tur le sable. — Lorsque la pluie est tombée, que les fleures se sont débordés, qut les vents ont soufflé et sont venus fondre tuf cette maison, elle a été rtnvertée. {Matth.i Tn, 2% - 27.)
■ Jésus recommande donc la pratique comme le sagesse et la solidité.
■ Vous htynorez Dieu des Uvrts, mais votre eaeur e t loin de lui ! {Matth., xr, 9.)
* Malheur A vous, hypocrites, qui abandon- nez ce qu'il y a de plat important dant ta lot, lajuslite, la miséricorde (ou la fralemîlé) et la foi : ce sont là let chotet qu'il fallait pra- tiquer! [Matth , xxm, 93.}
■ Et ailleurs Jésus dit au peuple : N'imi- tez pat les Pkaritiene, qui dise:<t bien ce qu'it faut faire, mais quinepratiquentpai. {Matth., xxm, 3.)
* Pratiquons donc, pratiquons tous.
f XVI. (Œuvres. — ■ S'aJrossant au peu- ple, Jésus loi dit : Que votre lumière luise devant let hommes, afin qu'ils voient vot bon- net œuvret. {Matth., y, 16.)
■ Après avoir prêché à ses disciples le re- noncement à soi-même et le dévouement, Jé- sus ajoute que chacun tera jugé telon tet mu- vret. ( Jfo/A.,xv, 27.)
' Et nous verrons, en.e0el, qu'en annon- çant et décrivant le jugement dernier, Jésus' uira : Soyez bénit, rout qui, quand lepcnre a eu faim, lui aces donné A mar.ger!... f^j/cê 9
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a LOI racTH]
mauditi, voui (fui, quand le pauvre a eu toif, ne lui avez pal donné à'botrtl (Mattk., xxv, 31-46.)
K II ne sullit donc pas de connaître, d'a- dfifiler , d'admirer, et même de Vanter ta doctrine de Jésus ; c'est la pratiquer qu'il
LOI
U
« Et voyant ton* cm peiiple.i, H en eut con-
pxssion, parce qu'ils paient actabtr'ê deu.aux
et courbés comme des brebis gui n'ont point
de pasteur. IMatlh., i\, 35, 3G ; Marc.
VI, 6.)
« Aussi, quand Jean-Baptiste envoie (.'eux
faut : ce sont les bonnes œuvres qui sont né- . de ses disdjilcs à Jésus, celui-ci leur répon-
ccssaires. dit: AUei dire ce que vous aveiruetetilendu:
■ Aussi, les apAIres recommanderonl-ils les aveugles noient, les boiteux marchent, les
sans cesse les œuvres et les bonnes œuvres à lépreux sont guéris, les sourds tntendenl, les
tous ceux qui adoptent la doctrine de Je- morts ressusc}lent,tEvangiU est annoncé aux
« Pierre écrit pour tous les Chrétiens : Joignez à la foi la vertu, la science, la tem- pérance, la patience, la piété, l'amour de vos frères, la charité et les bonnes CBUures.{PiERnE, If Epître, I. 5 - 10.)
<r Jacques leur dit aussi : Celui-là se rend coupable qui sait faire le bien et ne le fait pas. [EpU. de Jacques, it, 17.)
■ Paul écrit également : Ceux qui croient en Dieu d.jivent servir de guide» dans les bon- nes autres, c^est-A-dire dans ce qui est bon et utile aux hommes. ( Pai:l, EpU. à Tite, ui, 8.)
« Jésus-Christ s'est livré lui-m/me pour nous, afin de nous affranchir de toute ini-
quité, et de se préparer un peuple pur et zélé sion et d'amour 1
pauvres. (JUaltk., xi, 5.)
« Nous verrons, au jugement dernier, Jé- sus bénir les justes (lui auront visité le pau- vre dans ses roalau'ies, et maudire et con- damner )e médiant qui aura abandonné soD frère malade. {Matih , xxt.)
« L'entendez-vous bien, médecins et rons tous qu'on paie pour soigner les pauvres malades dans les hospices et partout? Si vous ôtcs vraiment Chrétiens, n'oubliez donc jamais l'exemple de Jésus et son commande- ment de fraternité 1
« Et les puissants de la (erre, qui se di- sent aussi Chrétiens, comment peuvent-ils montrer tant d'indifférence pour les malades, ivers oui Jésus montre tant de compas-
pour les bonnes a'uvres. (PÂllI EpU. à Tite, II, ik.)
« tes infidèles prétendent connaitre Dieu, mais ils le nietit par leurs actions, étant in-
Et Jésus considère les maladies en géné- ral comme étant les suites d'une faute ou d'un péché quelconque, ou de la funeste in- fluence de quelque démon, ou d'un vice de
'apablcs de toute bonne Œuire. (Pall, EpU. à l'organisation sociale; le malade est presque
Tite, 1, J5, 16.) toujours un possédédn démon ; presque tou-
« Ainsi, la pratique et des œuvres, voilà jours il guérit en chassant le déinon; pre«-
ce que recommandent Jésus et les apÂlres. que toujours aussi il dit au malade guéri :
§ XVII. — Aimez et soignez les malades. — Allez,voi péchés vous sont remis; etnepéchex
« C'est envers les malais surtout que Je- plus!
sus recommande la pratique de la fraternité. ■ Et les LAN'âLEuns qu'il guérit parmi le
a Et surtout envers les malades parmi le peuple, et qui sont sur'out des maladies luo-
peuple, probablement parce que le médecin, raies et intellectuelles, non moins fatales que
<|ui n'est qu'égoïste, abandonne ou néglige les maladies corporelles et physiques, sont
le pauvre, et parce que presque toutes ses bien plus encore le résultat du péché, de
maladies sont le résujial de la funeste in- l'influence du démon et du vice de l'organi-
fluence de Satan, ou la faute du monde et de sation sociale, ses mauvaises institutions.
■ Et il donne l'exemple de soigner afl'cc- tueusement et gratuitement les malades.
■ L'Evangile est rempli de ses cures, de SCS suérisons, des maladies de toute espèce qu'il traite, des innombrables malades qu'il guérit. .
o Et c'est toujours la coupassion qui l'a- autres disciples, un grand festin, auquel as-
nime ou la fraternité. sislent un grand nombre de publitains H
« Car écoutez le récit de l'Evangile : d'autres gens de mauvaise vie, et auquel in-
« Jésus allait de tous côtés dans les villes tervienncnt des pharisiens et des docteurs
et les villages, par toute la Galilée, enseignant *•« '" loi (ses adversaires et ses critiques.
dans les synagogues , prêchant l'Evangile , 1"' interviennent toujours pour lui procu-
guérissant toutes sortes de langueurs et tou- ^^'' l'occasion d'exposer sa doctrine en leur
les les maladies parmi le peuple. ~ Sa repu- répondant) :
lotion s'étant répandue par toute la Syrie, ■ Pourquox ■akSG.zz-yovi avec des publi-
«n lui apportait et on lui présentait tous ceux eains (gens d'argent universellement niépri-
giii étaient malades et diversement affligés de ses) cl ces autres gens de mauvaise vie, disent
maux et de douleurs, les possédés, les lutia- les jiliarisiens aux disciples?— C*«e*on(«o»
1 Aussi, nous allons voir Jésus soigner et guérir les pécheurs et les vicieux comme les malades.
5 XVIII. — Aimex et convertisses tes vi- eeux — ■ Déterminé à suivre Jésus comme disciple, Matthieu lui donne, à lui et à ses
tiques, les paralytiques , et il les guérissait. — Et une grande multitude de peuple le sui- vait de la Galilée, de In Dérapnle, de Jérusa- lem , dû Judée, et dau delà le Jourdain. IMattk. n,23; Mare, m, 7.)
ceux qui se portent bien, mais tes malades, qui ont besoii db médbcin, répond Jésus.... J'aime niirnr la miséricorde que le sacrifice... Je suis venu pour appeler à la pénitente non les jL'STEs (qui n'en ont pas besoin), mai» lu
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Il
pÉcmoBS (qui en ont besoin). (Mattk. ix, 9 à 13;lNr,T, 29-33.]
• Ainsi, Jésas considère les vicieui comme étant hàladks : ouelle idée [ilus sublimel
■ Il demande des médecins pour eux plu- Wt que des gtdlien et des bourreaux I
LOI Mfô APOLOGISTES INVOLONTAIRES. LOI 4é
en débauchei. — Aprè$ qu'il eut twt d/^ pente, il turvinl une grande famine dans ft payt-ià, et il commença à tomber en néies' tité. — // «'en alla donc et t'attacha au ter- tice d'un des habitants du pays, qui l'envoya dont ta maison de campagne pour y garder '.à il tût été bien aisi
■ 11 veut qu'on s'efTorco de les convertir tes pourceaur.
et de les corriger par la doctrine de frater- nité et par la persuasion plutOt que par les chitimentsl
' Il ordonne de prévenir par de bonnes institatiODS pluttlt que de punir//
"^1 pour types ou modèles de vicieux ou
e campi Et là
di remplir son ventre des écosset que les pot . ceaux mangeaient: mais personne ne fui en donnait, — Enfin étant rentré en lui-même, il dit : Combien y a-t-il chez mon père de «er-* viteurs à gagea qui ont plus de pain qu'il nt leur en faut; et mol^je meurs tel de faim} -
malades, il choisit des hommes de finance et Il-faul quejt parte et que faille trouver mon
de fiscalité, d'argent et d'usure, c'est-à-dire père, et que je lui dwe .■ «on père, fai pécki
des démons d'ÉooïsHE et de cupidité. confre le Ciel et contre vous; — et Je ne suis
* Nous allons le voir s'entourer encore de plus digne d'être appelé votre fis; irailez-mot
pubticaîns, qu'il convertit. Nous le verrons comme l'un des serviteurs qui sont à vos go'
même plas tard déterminer un chef de pu- ges. — /( parti/ donc et vxnt trouver son
blieains, très-riche, à donner la moitié de ses père. Lorsqu'il était encore bien loin, son
bitna aux pauvres. (Luc, xix.} père l'aperçut et en fut touché de compassion;
a Et c'est pourquoi il prêche l'Ëvangile et et, courant à lui, iJ se jeta à ton cou et le
annonce le règne de Dieu en place du rèj^ne baisa. — Alors le père ait à set serviteurs :
de SatanI Apportes promptement la plus belle robe et
■ L'enteadez-vous en&n, rois de la terre? Ten rev/tex; et mettex~lui un anneau au doigt
5 X,IX. — Cherches et ramenés les égarés, et des souliers à ses pieds, — Amenez aussi
— Parabole de la brebis égarée. — « Dn au- teveau gras et le tues; mangeant et faisons
trejour, des pu6/iratna ou usuriers, et d'au- bonne chère. — Parcequemon pis quevoiti
très gens mal famés et de maucaife ct'e, entou- rant Jésus pour l'écouter, et des Pharisiens e! des scribes murmurant de ce qu'il re- çoit de pareilles gens et mange avec eux, Jésus leur propose cette parabole : — Qui est rhomme d'entre vous qui, ayant cent bre-
était HOBT, et il est tEifVtcrrt-; U était perdu et il est retrouvé, — lit commencèrent donc à faire festin, — Cependant ton fils aîni', qui était dans les champs, revînt; et lorsqu'il fut proche de la maison, il entendit les concert» et le bruit de ceux gui dansaient. — Il appela
bis, et en ayant perduune, ne laisse les qua- donc un des serviteurs, et lui demanda ce que
tre-ringt-dix-neuf autres dant le désert, pour c'était. — Le serviteur lui r^ondit : C'est que
s'en aller après celle qui s'est perdue, jusqu'à votre frère est retenu; et votre père a tué le
cf qu'it la retrouve? — Lorsqu'il l'a retrou~ veau gras, parce qu'il l'a recouvré en bonne-
tée, il la met sur ses épaules avec joie, ~ Et tante. — Ce qui l'ayant mis en colère, il ne'
étant retourné dans ta maison, il appelle set voulait point entrer; mais son père, étant
omit et set voisins, et il leur dit : Béjouisseï- sorti, commençait à l'en prier. — Sur quvi
tous arre moi, parce que j'ai trouvé ma bre- prenant la parole, il dit à son père : Voilà
bitquiétait perdue. — Je vous dit qu'il y aura déjà tant d'années que je vous sers, et je ne
de même plut de joie dant le ciel pour un seul vous ai jamais désobéi en rien de ce que vous
pécheur qui faU pénitence que pour quatr tingt-dis-neuf justes qui n ont pas besoin de pénitence, (Luc, xv, 1 - 7.)
« Ainsi, Jésus s'intéresse et nous recom- mande par son exemple de nous intéresser k tous ceux qui s'égarent ou qu'égarent les
'avez commandé; et cependant t ves jamais donné un chevreau pour me ré" joutr avec met amit, — Mais aussitôt que votre autre fils, qui a mangé son bien avec des femmes perdues, est rei-enu, vous avex tué pour lui le veau gras. — Al- rs le
Tic«s du monde; il tes cherche et nous es- père lui ail : Mon fils, vous êtes toujourt
horte & les chercher pour les éclairer et les avec moi, et tout ce que j'ai est à vous. —
ramener dans le bon chemin... Mais il fallait faire festin et nous réjouir,
■ Voilà la fraternité la plus utile à la so- parce que votre frère que voici était mcrl,ct il
ciétéct à l'humanilél est rettuscité; il était perdu, et il est re-
I X\. — Accueillez ceux qui reviennent, trouvé. (Luc, xv, 11 - 32.)
— Parabole de l'enfant prodigue. — i Ton- « Quel tableau 1 quelle leçon, ou plutôt
jours poor répondre aux Pharisiens, ou plu- que de leçons 1
lât pour dérelopper sa doctrine de fratemilé, •> Jésus ne dit pas, comme tant d'aveugles
timdulgence, a encouragement pour le re- ou de menteurs le soutiennent, qu'il'nj a
p«itir et le retour au devoir, Jésus raconte jamais de créature humaine qui meure de
une touchante parabole: I/n Aomme arait faim!
deux fils, — dont le plus jeune dit à son o II appelle mort celui qui se rend l'c^-
pire: Mon père, donnez-moi ce qui doit me clave de la débauche, et ressuscité celui qui
rntnir de votre bien. Et le père leur fit le s'en affranchit pour revenir à la sagesse, au
partage deaan bien, — Peu de jours après, le devoir et à la vertu I
/i/j le plus jeune, ayant amassé tout ce qu'il • Il désapprouve l'égoïsme du frère qui
9r9it, s'en alla dans un pays étranger fort s'est toujours bien conduit envers stjn pèrei
élmgni, oit il dissipa tout ton bien en excès et mais qui se montre sans fraternité.
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n Ï.(J1 DICT'O
■ Mais avec quuHe roniplatsADce il ra- coule en détail I« joie de ce iwn père, heu- rtrux de retrouTer un ûls repentant de ses erreurs I
S XXI.— Bien «finuïi/e.— « Jean-Baplislc, «nnon^nt Jésus, dit d'abord allégoric^ue- irient : // o Mon van à ta main et nettottra parfaitement ton aire; il amassera son blé dans le grenirr, mais il brûlerm la paille (inutile). {lUatth., iir, 12.)
o Jésus dit lui-même en parabole : Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits lera coupé et jeté au (ta. {Mattk., vu, 19.)
« Dans une autre paratiole, il représente un homme ordonnant à son vigneron de touiter un figuier tlérile qui occupe inutile- ment le terrain. {Luc, jhi, 6, 7)
« Il est évident que toutes ces paraboles désignent les oisifs dans la société et signi- fient que chaque membre du royaume de Dieu doit traTailler, oroduire des fruits et se rendre utile.
0 Autrement, en effet, il exploite ses frè- res et viole le principe de la fraternité.
a Jésus interdit même ]es paroles inutiles (Matth., xii, 36), sans doute parce qu'elles empêchent des paroles utiles.
JXXII.— CAocwn doit lravailltr.—4t C'est nne conséquence du 5 précédent : et l'apâtro Paul va le prescrire formellement ; Jt vous conjure, mes frères, de vous avancer de plus en plus dans la charité fraternelle ; de tra- vailler de vos propres mains, a^n que vous totu mettiez en état de n'avoir besoin de per- tonne.{?iVi.,I-EpUrt aux Thés., iv,lft-12.)
« Ailleurs, le mdnie Paul ^oute : Nous n'avons manifi gratuitement le pain de per- sonne, mais nous arons Iravaillé nuit et jour avec peine et avec fatigue (notamment chez un fabricant de tentes], pour n'ftre à c/targe d aucun de vous. -Ce n'est pas que nous n'en . eussions le droit; mais nous avons voulu ' nous donner nous-^iémt pour modèle, afin que vous nous imitassiex, — Celui qui ne veut pas travailler ne doit pas uaxoeb. ■ [Paul, ir EpU. auxThes., m, 8 - 10.) .
« Ainsi, c'est clair, dans le royaume dt Dieu, tout le monde devra travailler.
S XXIII. — Sonne volonté. — « Paix aux hotnmes de bonne volonté! dit l'Evangile {Luc, II, i^. Et Jésus indique bien lui-même ensuite que la bonne volonté a bien plus de prix ft ses yeux que la capacité, le latent et la puissance.
■ Un jour, Jésus, s'étant assis dans le tem- ple, vis-a-vis du Ironc où chacun dépose son offrande, voit des riches qui y mettent beau- coup d'argent, puis une pauvre veuve qui n'y met que la plus petite pièce de monnaie. Et alors il appelle ses disciples et leur dit : En vérité, cette pauvre veuve a plus donné que tous les riches, car ceux-ci ont donné de leur abondance (e( de leur superflu), tandis que ctlle-lA a donné de «on indigencf et tout
LOI
4ft
ce qui lui restait pour vivre. {Marc, xii, il- kk ; Luc, XXI, 1 - 4.)
■ Que de conséquences à tirer de cette profonde parole de Jésus 1
■ Le pauvre qui donne un sou est plus généreux que tel riche aui donnerait un million I
a Le vieillard ou l'in&rme qui ne travaillo qu'une heure, parce qu'il ne peut pas tra- vailler davantage, travaille réellement au- tant que le jeune homme vijjoureux qui travaille toute la journée 1
■ Et le prolétaire privé d'instruction et d'éducation qui fait tout ce qu'il peut, ac- complit son devoir, et n'a pas moins de mérite, aux yeux de Jésus, que l'homme instruit qui donne toute sa capacité I
<< Et, au contraire, plus le pécheur est puis- sant, plus Jésus se montre sévère. -
oc Vn pharisien, dit-il, un docteur de la loi quipêche contre la loi, recevra une condam- nation plus rigoureuse. {Marc, xii, itO.)
H Comme le livre dt ki Sagesse disait déjà : Les plus grands sont menacés des ptus grands supplices; et c'est à vous, rois, que je m'adresse, afin que vous appreniez la sagesse I (vi, 9, 10.)
a Ainsi, pour Jésus, les devoirs sont prO' portionnés ô la capacité : chacun doit faire tout ce qu'il peut faire; et plus on peut faire ou donner, plus on doit donner ou faire.
§ XXIV. — Association. — « Puisque Jé- sus considère les hommes comme frères, et par conséquent comme ne formant qu'une seule famille, il ne peut manquer de re- commander Vassociation. Ecoutez-le 1
■ Si deux d'entre vous s'unissr^t ensem- ble tur la terre, quelque chose qu'ils deman- dent, elle leur sera accordée par mon Père, qui est dans les deux ; < ar, en quelque lieu que se trouvent deux ou trois personnes ASSEUiiLtE» en mon nom, je m'y trouve ou milieu déciles, {Matth., xviii, 19, âO.)
> Il est dilQcile d'exprimer plus éncr^i- quemenl la puissance oe Vassoeiation, et do mieux recommander l'union sur la base de la justice.
«11 suppose même l'existence d'une asso- ciation constituée et organisée entre tous ceux qui acceptent sa doctrine; et cette association , il l'appelle Eglise (1>. — ■ Nous verrons les apOtres et les Chrétiens former des Eglises ou des sociétés dans tou- tes les villes.
« Et voyez comme Jésus désire la réunion de ceux qu'il aime, c'est-h-.lire de tous le» hommes I Je suis lebon pasteur el je cannai» mes brebis: et mes brebis me connaissent comme mon Pire me cannait et comme je con- nais mon Père; tl je donne ma vie pour mes brebis. — J'ai encore d'autres brebis qui ne sont pas de celle bergerie : il faut aussi queie les amène; elles écouteront ma voix , et ttntf aura qu'v^ tboupeau et qu'un Pasteur. (Jean x, ik - 16.)
(I) ( Ce ninl signiOe, en grec, aiitmUée, réunion, décidé. On a entnile cinpiiijé ce tnni ponr (tésigncr pi ne s'appliquait il'ntioni qu'aux personnes. C'f si le /l'cw, b mni'ion, le Icinplu oii les Clircliens K réu- Uiiiis cv sens i]u'on (!U encore { l'Egtitt de t'ience a iilss:iicni. »
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Jl toi DLS APUtOtilSTES
■ Voyez encore combien Jésas bit d'ef- forts pour réunir et rassembler ceux qu'il Teut saurer I Jértualtml JératalemI qui lues la Prophète» tt qui lapidée ceux qui lont en- toyit Tentai, combien de fois ai-je voulu BJSSEVBLZB tes enfanté eovane itne poule ras- SEMBLE »i petiti loui «M ailei, et tu ne l'ai pat roulu! Mail le temps approche où les nations demeureront désertes.lMatlh., xxiit, 27,38.)
< Vojeï enfin comme il annonce la ruine
Îui résulte nécessairement de la division! oui royaume Dfvis£ sera ruiné, et toute tille ou maison DiVBÂe ne pourra subsister. {Sttttlh., XII, 23.}
■ Association, union, assemblée, c'est la conséquence de la fraternité ; celle-ci con- duit méroc nécessairement a l'unité,
iXXY. — Unité. — tL'unilé dans l'asso- etatioD est la conséquence de Vunité dans bieu. Puisque Jésus proclame un seul IHeu, |*èr« de tous les bommes, il ne peut man-
2uer de faire du genre humain une seule itoille de frères.
• Aussi le Toit-on tout ramener sans cesse ï l'unité, et parler d'un.seul maitre et tTu» ttul pire {Matth., vi, 2ï); d'un seul trompeau et d^ttn seul pasteur. {Jean, x, 16.)
■ Tons les apôtres proclament aussi l'u- nité.
' Paul dit que tous ceux qui adoptent la ilortriac de Jésus ou la fraternité ne for- ment plus qu'UN, sans aucune distinction entre les iuus et les étrangers. (Paul, EpU. SHJ- Galal., m, 28.1
« Le même Paul compare YEglise, c'est- i-dire la société chrétienne, su corps humain, et en fait un cokps socul, dont tous les ci- V)jenssoot les mem6r», comme la main, etc., »<■(]( les membres du corps; tous solidaires, tiius animés d'une môme vie, et concourei^t BU mime but. (Paul, J" Epit. aux Corint., xu, k et suiv.]
« Ecoutez-le dire aux Chrétiens d'Ephfee: A^et soin de conserver l'tsxTÙ de Vesprtt par le lien tU la paix. Soyez tn sell corps et un sfut esprit, comme vous êtes appelés à une seule espérance suivant votre tocation. Il n'y a qu'unSeigiteur, qu'une foi et qu'un baptême: il n'ff a ou un Dieu, Pèrt de tout, qui est ait- deuus de tous dans taules chusss cl en nous tout. [Pacl, EpU. aux Ephes., iv, 3 - 16.)
« Ainsi, pour Jésus et ses apAtres, la fraternité conduit à Vunité, réalisée dans le rofoume de Dieu.
I XXVI. ~ Ordre. — Harmonie. — « i6-
sas prie ainsi: Xotre Pire que votre
tvlonXé toit faite sur la terre gomme au ciel.
• Or* dans le ciel, tout est ordre, harmo- M>. Le royaume de Dieu qu'annonce Jésus, ou U cité nouvelle, doit donc présenter par- tout l'ordre et l'harmonie au lieu du désor- ^Ire que Satan y Hait régner 1
• nous venons déjà de voir l'apàtre Paul Comparer le corps social »\x corps humain, H lions le verrons tout & l'heure reconnaître i)'je Dieu a mis l'ordre entre tous les mem- lircfr du corps humain; l'ordre et l'harmo- me la plus parfaite régoeroQl donc aussi
i»\oloi>taiiie:s.
Lot
dans le royaume de Dieu ou dans la nùuvellQ suciété annoncée par Jésus.
{ XXVII. — Liberté. — « L'Evangile res- pire partout In liberté, comme conséquence de la fraternité. Le pécheur est escMve du péché, dit Jésus au peuple réuni dans le temple autour de lui ; et ma doctrine ou h royaume de Dieu vous affranchira du péché et vous donnera ta liberté, (/enn, viii^Si - 37. ) — Si vous pratiquez ma doctrine, vous serez véritablement mes disciples, vous con- jiaUrez ta vérité, et la venté vous rendra libres. [Ibid.,31, 82.)
« Et les apôtres n'ont ainsi que des pa- roles de liberté. Voici Jacques : Réglez donc vos paroles et vos actions comme devant être jugées par la toi de liberté. (Epitre de Jacques, II, 12, 13.)
n Et écoutez celui qu'on a[n>elle le grand apôtre, Paul. La Jérusalem aici~bas est es- clave avec ses enfants, mais ta Jérusalem d'en haut (ou le royaume de Dieu) est vraiment libre, et c'est elle qui est noire Mire. (Pall, EpH. aux Gâtâtes, ir, 2S, 2C.) Vous avez été achetés bien cher; ne vous rendez point es- dunes des hommes! (Paul, I" Epit. aux Co- rint,, vu, 23.) — Soifez fermes, et ne vous mettex point tous le joug d'une nouvelle ser- «ididi/fpAijL, Eptt, aux Gâtâtes, y, 1.)
fi XXVlU. — a Deux do ses apôtres con- jurant Jésus de leur donner les premières n/ares dans son ro^aumr, en les faisant asseoir a sa droite et h sa gaucho, il leur répon- dit : Vous ne savez pas re que vous deman- dez: pouvez-vous botre le calice que je boirai? — Nous le pouvons. — Mais il ne dépend pas de moi de vous donner les premières pla- ces; elles ne seront données qu'à ceux à qui mon Père les aura préparées.
« Il indique par la que le pouvoir est moins désirable qu'on le croit géneraleoienl, et qu'il no doit êlre confié qn'au mérite et à la vertu.
I* Puis, appelant ses disciples, il leur dit; Tout savez que les princes des nations les DOMINENT el que les grands les traitent avei: EUPiRE : il ne doit pas en être de même parmi vous; maisqut celui qui veut élreleplusgrand et le premier soit votre senvrrEUR et votre es- ci.AVE, comme le /ils de fhomme est venu pour si:nvin el se dèvoieh, non pour être servi. . [Matth., XX, 21 -28.)
B Les rois des nations les traitent avec em- pire, et cewj^ qui ont autorité sur elles eu sont appelés les bienfaiteurs. — Mais qu'il n'en toit pas de même parmi vous. Que celui qui esl le plus grand devienne comme te yoiN- drr ; que celui qui gourerne devienne comme celui qui sv.nT. (Luc, xxu, 2S.]
n Ainsi, d'après Jésus , il ne doit y avoir , dans le royaume de Dieu, ni grands, ni prin- ces , ni rois , qui dominent et traitent avee empire ; celui qui veut gouverner ou diriger doit se rendre le serviteur et Vesclave de ses frères ; et quand il remplit fidèlement sa fonction ou son ministère , il ne lait qu'ac- complir son devoir, el n'est rien autre chose qu'on bon serviteur, un esclave fidèle, sans mériter le litre Ristueui et despotique de bienfaiteur. {Luc, xvii, lO.J
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LOI
« Aussi, écoutons ce que dit une autrti fois Jésus à ses disciples : Quand le serviteur aura fait ce que ion mailrt lui aura ordonné , It jnaUre lui en devra^Ttl de robligationf Quand voui aurii accompli tout ce qut vous est comr tnandé,aioale^t-i\,ditesQU4vous n'avez fuit que eequevou$étieaoblig^sae^ire.[Luc,^\n, fO.)
« Voi-là ]e royaume de Dieu, )a cité de Dieu, la nouvelle Jérusalem , ie peuple de Dieu III
< Et là, dans ce royaume de Dieu, point de poblesse.ni de bourgeoisie, ni de populace I.. point de nobles , m de roturiers , ni de vi- lains I... Point de ducs, qi de comtes , oi de marquis , ni de barons I... Point d'aristocra- tes , ni de priTilégiés , ni de prolétaires I... Point d'actifs et de passifs l„ Mais seulement des FRÈRES , parmi lesquels celui qui veut gouverner doit être le sERTireuH et I'bsglavb des autres ]..,
« Et ne l'oublions jamais, c'est Jésus, c'est un Dieu qui prescrit ainsi la démocratie parmi tous les Cbrélieos et dans l'humuiité ' |oul entière III...
§ XXIX. — Pas deux maitres. — ■ Déjà , pour Moïse et pour les Juifs, Dieu était con- Kidéré comme le seul maître et le seul roi ; les Juifs s'appçlaient même le Peuple de Dieu.
« pQur Jésus surtout , <iui vient annoncer )e règne dt Dieu, la liberté, il ne doit ; avoir d'(iutr« mattre et d'autre roi que Dieu,
■ Aussi dit-il formellement que nul ne doit servir deux maîtres : qu'il ne faut servir que Hien seul ] et qu'il ne dqit y avoir qu'un seul pasteur comme un seul troupeau.
« Quand Satan, voulant tenter Jésus, lui offrait tous les royaumes de la terre avec leur puissance et leur gloire s'il voulait seu- lement l'adorer , Jésus lui répondit : Il est écrit : Cest le Seigneur votre Dieu que veut adorerft , et c'est lui seul qut vous servirez, (Luc, IV, 6 -8.)
a Parlant au peuple , Jésus lui dit : Per- «inng ne peut sefvir deux maîtres ; car ou il fiaira l'un et aimera l'autfe, ou il se soumettra à l'un (t méprisera rautre, (Luc, %\i, 13.)
• Une autre fois , s'adressant au peuple et à ses disciples , Jésus leur dit : Vous n'avez gu'liN v^n-R^ , et vous êtes tous ftires : n'ap- pelez personne sur la terre votre pire , parce q:iç vous n'avez qu'un pire, oui est dans Us deux. Et qu'on ne vous appellepoint maîtres, purce que vous n'avez qu un iuitrb , qui est (e Christ. Celui qui est le plus grand parmi vous sera votrf serviteur. Car quiconque s'élè- vera lera (fhaissii et quiconque t'abaissera tera élevé. (Matth., xxiii, 8-12.)
0 Quaqd les juges feront arrêter les apft- tres Pierre et Jean , et leur défendront de prêche^ 1% doctrine de Jésus, les prisonniers Répondront : Jugez vous-mêmes s il est juste, devant Dieu, de vous obéir plutôt qu'à Bieux {Act. des Apôt.^ IV, 19.)
« Comme ils continuent à prêcher , et comme les juges, qui les font arrêter de nou- veau, leur reprochent leur désobéissance, les apdtres leur répondent : // ^ut obéira Dieu PLUTOT qu'aux hommes I (/ôirf,, 20.}
■ El, depuis, tous les Chrétiens répélernnl ce mot des apôtres.
UIRE LOI Si
1 Ecoutez eoûn Maurice et la légion Hé* baine, « En l'année 286, la légion Thébaine, cum-
Sisée de 6,600 hommes , commande par Burice, était tout entière chrétienne j odi* ciers et soldats. — L'empereur Maximieu voulant se servir d'elle pour détruire les Chré-i tiens des Gaules , Maurice et la légion refu- sent d'obéir et préfèrent la mort à l'exé- cution d'une injustice et d'une barbarie., L'empereur s'irnie au lieu d'admirer, et or- donne que la lésion soit décitnée. On en tirQ donc au sort la dixième partie , 660 , qui , quoique les armes à la main, se laissent ex- terminer et meurent avec une héroïque ri^ signation , en présence de leurs camarades armés et immobiles.
« Nouvel ordre, nouveau refus, nouvellQ décimation I
« Puis , tout en persévérant dans leur d»*-» vouement , Maurice et le reste de la léj^ion adressent à l'empereur la protestation sui-r vante i
< Nous sommes vos soldats , Seigneur , s mais nous sommes aussi serviteurs de DieUf « nous en faisons gloire et nous le cônfes-
■ sons volontiers. Nous voua devons le ««■-
■ vice de guerre , mais nous devons à Dieu
■ l'iNnocEKfîE, Nous recevons de vous lapaiV,
■ mais il nous a donné la vis. Nous ne pou-r « vons vous obéir en renonçant à Dieu notre « créateur, tiotre iuitre et le votre, quand « môme vous vous obstineriez à refuser de « le reconnaître. — Si Tonne nous demanda
■ rien qui l'offense , nous vous obéirons , « comme nous l'avons fait jusqu'à présent : « autrement, nous lui obéirons Pi,tT0T qu'à
• vous. Nous offrons nos mains contre quel- 0 que ennemi que ce soit , mais nous ne « croyons pas qu'il soit permis de les tremper d dans te sang aes innocents. Nous avons fait « SERMENT 1 DIEU avunt ouo de vous le faire,
* e( vous devriez vous uéGer de nous et de « notre fidélité, si nous violions lapromesse « que nous avons faite d'être soumis à Diet;.
■ Vous nous commandez de chercher des <i Chrétiens pour les punir : nous voici 1 nous a confessons Dieu le Père , auteur de tout , « et son fils Jésus-Christ : nous avons vu « égorger nos compagnons sans les plaiu- 0 dre ; nous nous sommes réjouis de l'hoQ- « peur qu'ils ont eu de souffrir pour leur » Dieu et le nôtre. Ni l'injustice avec la-
■ quelle on les a traités, ni les menaces qu'on « nous a faites n'ont pu nous exciter à fa ré- « volte. Nous avons encore les armes à la « main , mais nous ne résisterons pas ; car « nous aimons mieux mourir innocents que
■ de tivre coupables. » {Bisl. Eccl.)
1 Rien n'arrête le féroce empereur ; mais rien ne décourage l'héroïque légion... Elle se laisse exterminer tout entière 1...
a El tous les Chrétiens sont transportés de reconnaissance et d'admiration.
1 Pour nous , nous n'examinerons pas si cçs Chrétiens pouvaient ou ne pouvaient rien faire de plus utile à l'humanité ; nous dirons seulement que l'humanité admirera étco nellemenl ces guerriers qui donnent leur rie
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SS LOI DES APOLOCISTES
Kmr obéir à leur conscience, à ia jusiice, i ieu, philM qu'aux hommes , et qui accep- teol courageusement la mort pour accomplir cette parole de Jésus : Vout ne pour» ttrvir deuT maUru !
I XXX. — ■ Nous avons d^ï tu Jean- Baptiste s'écrier : Toult vallée xera comblée, tt toute montagne et toute colline seront abais- $'tt. — Let chemine tortueux deviendront droiit ti le» raboteux unis. {Luc, m, 5.)
* C'est bien annoncer que dans le royaume de Dieu tout sera égalisé)
■ Et Jésus dit la même chose d'une autre Disnière : Quiconque s'élèvera sera abaiaé, et quifùnqtie s'd}aitsera sera élevé. » [Matth., x^ni, l3; Luc, xiv, 11. j
■ C'est le nÎTcau pour Jésus comme pour Jean -Baptiste. £t que personne ne se scan- dalise, puisque les niveleurs sont un pro- phète ettiD DieulII
■ Nous arons vu aussi Jésus déclarer que, dans le royaume de Dieu, personne ne devait élre plus grand que les autres : nous venons de le voir déclarer encore que personne ne doit dominer sur ses frères.
c Quand il compare les hommes du royaume de Dieu, tantôt à de petits enfants, lantAt&dMfrrcfrtfréuniesenun seul troupeau, n'ayant qu'un seul pasteur, n'esl-ce pas récçalité qu'il indique?
■ Quand il dit que Dieu envoie à tous la chaleur et la pluie (afatth., v, 44), n'est-ce pas légalité qu'il signale?
■ Écoutez l'apAtre Paul... Vous êtes tous enfante de Dieu par la foi en Jésus-Christ...
* Ainsi, tous ceux qui adoptent la doc- trine de Jésus, c'est-à-dire tous les Chré- tiens, sont enfants de Dieu, par conséquent égaux devant Dieu. Il n'y a plus maintenant ni de juif, ni de gentil: ni d'esclave, ni de libre; ni d^homme, ni de femme; mais vous nette touM qu'vn en Jésus-Christ... (Paul, Eplt. aux GtJates, m, 26 - 28.)
■ Ainsi, par la doctrïne de Jésus ou par la fralemjte, il n'y a plus d'étranger, c'est-à- dire plus de différence entre les peuples; plus de femmes, c'est-à-dire plus d'mégaJilô entre les femmes et les hommes; plus (Ces- rlactt, parce que l'esclavage est atwii par la fraternité ; plus de libres, parce qu'on n'ap- pellera plus personne homme libre, pour le dî.stiDguer (Tun homme esclave, attendu qu'il d'j aura plus que des hommes libres,. frères égaux.
■ Paul va reconnaître plus formellement «■ncore l'égalité : Je n'entends pas que le» autre» soient soulagés et que vous soyez sur- rkargés, mais que, pour ôler l'i^j^galitÊ, t<tire abondance supplée maintenant à leur pauvreté, afin que votre pauvreté soit soula- gée wn jour OM- leur abon^nce, et qu'ainsi tout soit réduit à rÉOÀLrrÉ..., selon ce qui ttl écrit de la manne : celui qui en recueillit beaucoup n'en eut pas plus que les autres, et retuiqut en recueillit peu n'en eut pasmoins. ■:P*cl, //• Epilre aux Corînt., viii, 13 - 15.)
« Broutez encore Jacques recommander .iii\ Chféliens (le traiter lous les individus *ur le pied de l'égalité. Mes frères, ne fttites
INVOLONTAIRES. LOI Si
point acception de personne», vous qui arei la foi de la gloire de notre Seigneur JésuS' Christ. Car s'il eutre dans votre assemblée un homme qui ait uh anneau d'or et un habit magnifique, et s'il y entre aussi quelque jtau- rre avec un méchant habit: si, arrêtant votre vue sur celui qui est magnifiquement vêtu, vous lui dites, en lui présentant une place d'honneur : Asseyez-vous ici: cl si vous dites au pauvre : Tenez^ous là debout, ou asseyes- vous à mes pieds; n'est-ce pas là faire diffé- renie en vous-mêmes entre l'un et l'autre, et suivre les pensées injustes dans le jugement
Ïue vous m faites? — Ecoulez, mes frères : Ueu n'a-l'il pas choisi ceux qui étaient pauvres dans ce monde, pour les rendre riche» dans la foi et héritiers du royaume qu'il apro- misàceux qui l'aiment? Et vous, au contraire, vous déshonorez le pauvre. {EpUre de Jac- ques, II, 1 -6.)
• Ainsi, suivant Jacques, penser qu'il y a de la (JifTérence entre deux hommes, entre un riche et un pauvre, c'est une pensée in- jïSTB. Suivant lui, ce sont les pauvres sur- tout qui entreront dans le royaume de Dieu, pour y être tous frères et égaux dans l'amour du même Père.
o Nous venons dp voir Jacques parler des pauvres: c'est en effet l'Csistonce des pau- vres à côté des riches, ou des riches à côté des pauvres, ou de la misère en ikce de l'o- pulence, qui est la principale source de tou- tes les discordes, et de toutes les douleurs parmi le genre humain.
S XXXll. — Amour de Jésus pour le» pau- vre», — n Nous avons déjà vu, et nous al- lons revoir encore, que toute la sollicitude de Jésus, comme de son Père, est pour 1er pauvres, les malades, les aOIigés, les sur- charités, les persécutés, en un mot les mal- heureux .
« Puisqu'il est sauveur, rédempteur et libérateur, c'est pour tous ceux qui ont le plus besoin d'être délivrés et sauvés qu'il vient, non pour les bien portants, mais poup les malades; non pour les justes et les par- faits, mais pour les souffrants; non pour les riches, mais pour les pauvres.
« C'est pour tous ceux-IÔ qu'il montre ■ constamment le plus d'amour.
0 En un mot, c'est pour prêcher l'Evanûile aux PAUVRES qu'il se dit envoyé par Dieu sou Père, comme si les pauvres étaient l'hu- manité tout entière.
M Nous le verrons se déclarer l'ami du
Fiauvre Lazare, engager les riches adonner eurs biens aux pauvres pour acquérir la perfection, donner l'exemple en donnant tout pour se réduire à la pauvreté; nous le verrons s'identifier avec les pauvres et con- damner les riches qui les abandonnent. Nous l'entendrons s'écrier, en s'adressant au peuple : You» êtes heureux, vous qui êtes pau- vres, parce que le royaume de Dieu est à vout t [Lue, Ti, 2Cr.)
« C'est donc pour les pauvres surtout qu'il annonce le royaume de Dieu.
« El nous verrons que ce royaume de Dieu sera l'abondance et le bonheur.
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DICTIONNAIRE
V0\
■ Nous verrons que, pour réaliser outo Jésus, el montre sa joie Me recevoir daas sa
la (luctriue de Jésus, ses apfltres et les pre- maison, il manifeste sa conversion en don-
piiers Chrétiens s'associeront et se réuniront nant ta moitié de tous ses biens aux pauvres
dans une communauté qui n'aura plus d« et en ofiVant \ chacun le quadruple du tort
jiauvr», et dans laquelle tous, anciens riches qu'il aurait pu lui faire en cherchant à s'en-:
et anciens pauvres, se trouveront également nchir-
heureux et parfvts sous le règne de la fra- ■ Et Jésus, l'applaudissant, déclare que cet
ternité acte de réparation vient d'assurer le lalatà
K Aussi, lorsque, assis sur la montagne, ni maiton, (£uc, xix, i -9.]
entouré de ses disciples et du peuple, Jésus < Et nous entendrons Jésus dire' encore
leur adresse son premier sermon ou sa pre- aux riches : Vendez vot biens e( donnts-en Ifi
luîère instruction, la première pnrole qui prix aux pattvrtt.
sort de sa bouche est cellcTci : Bienhtureuj: < Et nous verrons plus lard un grand nom-
let pauvres m etprit (ceux dont l'esprit et le bre de riches donner toui leurs biens aux
CŒursont détachés des richesses], parce que pauvres, en les déposant pour eux aux pieds
je ToiMurnt in citux est à eux! (Matlh., v, 5.) des apôtres, pour accamplip le précepte de
« Et, tout & rheure, nous l'eiitendrons Jésus,
dire qu'il est impossible h uq riche d'entrer i XXXVIII. — Jugement dernier. — /^iu«
dans le royaume de* deux. s'identifit avec les pauvre». — « Nous ne ci-
«Ainsi, dès l'abord et comme première tons pas textuellement, mais nous analysons
condition p«ur entrer dans le royaume de fidèlement. C'est l'Evangile qui parle.
Pieu et y jouir d'un bonheur parfait, il faut Au dernier jour, au son de la trompette ce-r
renoncer aux richesses exclusives. h»te, entouré d'une armée d'anges, assis sur
^ a Continuant son sermon au peuple, il lui l« trône de sa gloire et de sa mçjesté, le roi
dit : Pie vous faites point de trésor dans la du ciel et de ta terre, le Fils de fhomme fera
(«rre, oïl la rouille et ht vert les mangent, comparattre toutes les générations devant son
tt où hs voleurs les dit errent it les dérobenl. tribunal en faisant placer les justes à sa droite
9^it pfiilts-vous des trésors dans le ciel, oà et les méchants à sa gauche.
pi la rouille ni les ver» ne les mangent, et où n Puis, s'aàresianl aux justes, il leur dira :■
il n'y a point de voleurs quiltt déterrent et Soyez bénis, vous qui, quand j'ai eu faim,
fui les àerobent. Car oïl est votre trésor, là fussi est voire cour. (Matth-^ vi, 19-21.)
a Nous n'examinerons pas ce qu'il faut entendre ici par la terre et par le ciel. Ce oui est certain, c'est que dans le royaume des cieux ou de Dieu, annoncé par Jésus, et où fégnera le volonté de Dieu, personne n'aura de trésor que la rouille et les vers puissent manger, pi plus de voleurs qui puissent dé- terrer et dérober aucun trésor.
a L'une des paroles les plus célèbres de Jér $us est cellevci : Iful ne peut servir deux maîtres, car il haïra l'un (( aimera l'autre; il te soumettra à Fun et méprisera Vautre. Vous
m'avet donné à manger ; quand fai eu soif, m'avez donnéàboire; quandi'ai été sans loge-, ment, m'avex logé ; quand jfli été sans vête~ ment, m'avez velu ; quandi'ai été malade, m'a-i tez soigné; quand} ai été persécuté et prison-, nier, m avez visite dans ma prison.
a Mais, Seiffneur, lui diront ht^mblement tes justes, nous ne vous avonsjamais vu avoir faim, comment avons-nous pu vous donner à manger? Nous ne vous avons jamait vupri-i sonnier, comment avons-nous pu vous visiter enprison?...
K En vérité, je vous le dis, répondra le roi des cieux et de la terre, toutes les fois que
^epouvezservirDieuttlesrichesses.{lbid.,2Ii.) vous avez donnéà manger au plus petit de$
tAiosiiJésusconsidèrelesrichessescomme pauvres,c'est à mon frère yutvous l'avez donnée
un maître impérieux , et déclare incom^ c'est à moi-même! Toutes les fbis que vous
palibles le service dç pieu et celui des ri-* avez visité dans sa prison le .plus petit des
phesses, captifs, des persécutés et des proscrits , c'est
<• Et Jésus ajoute : Jfp vous inquiétez donc mon frire que vous avez visité , c'est moi-,
ffas pour votre nourriture, pour votre vfte-r mémet
ment, etc.... Cherchez le royaume de Dieu et « Puis, te tournant à sa gauche, il dira à
fa justice, et tout le reste vom sera donné par- la masse des méchants : Relirex-vous de moi,
dessus. (Matth., vi, 25 - 33.)
• Jésus dit eucore-au peuple : Les richesr ses et les plaisirs étouffent la parole de Dieu. (luc-vuiTU.)
« Et comme la parole de Dieu est ici la doctrine de Jésus sur le règne de Dieu, il in- dique par U qu'une des plus funestes con- , „ - ,r - ,
séquences des richesses, c'est qu'elles empâ- ne m'avez pas visité dans ma prison !
chent d'accepter et de pratiquer la doctrine « Mais Seigneur , s'écrieront les maudits
de Jésus, tremblants , nous ne vous avons jamais vu
« Nous le verrons encore, dans la parabole acoir faim, comment avons-nous pu vous re-
du ^rand banquet, s'indigner et s'irriter cout fuser a manger? Nous ne vous avonsjamais ru
\re les richesses, qui emptehcfit Is propa- prisonnier, comment avons-nous pu vous vi-
gande du royaume de Dieu. siter dans votre prison?
■ Aussi, quand un chef des publicains, <t Jlfaïs le Fils de l'homme répondra : Vous
tris-riche, s« trouve converti à la doctrine de aee^f refusé de donner à majtger à «n pauvre
maudits! car j'ai eu fbim, tt vous avez refusé demi donnrr.d mander; t'ai eu soif, et vous avez refusé de me donner a boire ;j'ni été sans logement, et vous ne m'avez pas logé; j'ai été nu, et vous ne m'avez pas donn^ un vêlement : fai été malade, et vous ne m'avez pas soigné; - 1 étéperséculè,proscrit, prisonnier, et vous
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DES APtH.OGIST£S ITOOLOMAIRES.
ami ar«t( fitim, wmu orez nigliçé de vUUer im petU fM était priionnier : eh bien ! en vérité jt V9MM le dit, ce pauxire, ce priionnier, c'é- taient mes frirei, c'était moi-mtéme, et c'ett A moi qne tous atex refuté du pain ', c'ett moi qte voms aces néglige de visiter en prison l
■ Puis «HlEii, prononçant ta tenttm^e, le f rond Juge aira : Vous, tu bons et let jus- tes, allex dans la rie étemelle! Et vout, Us méchants, aUe* en enfer, dont les flammespré- paréeê pour Satam et ses démons! (Matth, %xj, 31 . 40.]
« Eh bien, n'est-ce pas là une iDSgnifique «Décrie, par laqaelle Jésus, mii prend or- dinuremeat le titre de Fils de rtiomme, qui n'est jamais allé en prison, et cnii a toujours exhorté les hommes à s'aimer, a se soutenir, ) s'aider, prononce une sanction pénale Molre rintk-aclion k ses cotnmsndeineiits T
a Poorait-U exprimer plus énergiquemeat SOB amour pour les petits, pour les pauvres, poor les malades, pour les proscrits ? Pou- vait-il expliquer plus partaitement son désir de les protéger, de les soulager, de les ren- (be heureux sur la terre T PooTait-ii dire et foire plus pour déterminer les riches à Meonrir, à soulager, à traiter comme frères les petits, les pauvres et les persécutésT
■ Et ce Jésus, qui s'identine si complète- ment avec les pauvres, est un Dieu qui tient dans sa main le sort de l'humanité tout en- U^nl Et Toos hésiteriez, riches de la terre, h TOir des frères dans chaque pauvre, dans chaque traTailleur, dans chaque homme du people, quand c'est Jésus qui tous dit : I^ pauvre * c'est moi ; ce que vous accorderez an pauvre, c'est à moi que vous l'accorderez, et ce que vous lui refuserez, c'est i moi que vous le refoserez; et, selon vos ceuvres en* vers le pauvre , je vous bénirai ou lancerai ccmire tous ma malédictionl
f XXXIX.— Parotet du Père Bridaint—
• Eeootez aussi , dans un temps plus voisin de nous, un nouveau Jean-Baptiste (2) sorti da milieu des pauvres villazcois pourvenir, la poitrine couverte d'nne longue barbe, le f»nis envol<^>pé d'une robe grossière atta- diM avec one grosse corde, prêcher dans la chaire d'un temple magnifique, rempli de paissants et de riches dans tout l'éclat de la pDîssanee et de la fortune; écoutez-le s'é- crier :
* Josan'àprésent, j'ai publié les justices « du Très-Haut dans des temples couverts
■ de chaume; j'ai prAché les rigueurs de la « pénitence à des tnfortunét dont la plupart
• manguai^itt de ;)qm; j'ai annoncé les véri- « tés les plus effrarantes de ma rcKgion aux
■ bons habitants des campagnes. ..1 Qu'airje « fiut, malheureux...? J'ai contristé lespau^ « Très, les mtUtenrt amis de mon Dieu; j'ai
• porté r^ranvanle et la douleur dans ces
■ Ames simples et fidèles , que j'aurais dd
• plaindre et consoler. C'est ici, où mes re-
■ sards ne tombent que sur des grands, sur
• des richstt sur des oppruteurt de l'huma-
• ailé, ou sur des pécnenrs audacieux et en-
■ durcis; ahl c'est ici seoletDent, an milieu « de tant de scandale, qu'il fallait faire re- « tentir la parole sainte dans toute la force « de son tonnerre, et placer avec moi, dans
■ cette chaire, d'un cdié la mori qui vous > menace, et de l'autre mon grand Dieu, • qui vÎNit tous vous juger. Je liens déjà « votre sentence à la main : tremblez donc
■ devant moi, hommes tupertei et dédai-
■ gneux qui m'écoutez...lII ■
a Encore une fois, ridies et grands qui TOUS dites Chrétiens, écoutez Jésus ou trem* folezl
> Ecoutez encore ce bon et terrible Jésus dans la parabole du bon pasteur !
I XL. — Parabole du bon pasteur. — «Jé- sus adresse aux pharisiens cette parabole du bon paiteur : Celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie det brebit, mais qui y monte par un autre endroit, est un voleur et vn larron. ~ Mait celui oui mire par la
Îiorte est It patteur des brebit. — Cett à eo^ ui-là que le portier ouvre, et les brebis en- tendent ta voix : i7 appelle tetproprei brebis par leurt noms, et il les fait sortir. — Bt loriqu'it a fait sortir tet propret brebit, il ra deeant elles, et les brebit le suivent, parce qu'elles connaissent ta voix. — EUei ne luivenl point un étranger, mais elles le fuient, parce qu'elles ne connaiitent point la voix des étrangers. {Jean, x, 1 - S.)
■ (7est clair, les brebis sont le peuple qui aime celui qui l'aime, qui connaît celui qui se fait connaître par le Wn qu'il fait
« C'est clair ; et cependant les pharisiens ne comprennent pas ou font semblant de ne pas comprendre, et traitent même Jésus û'msenté on de pottédé du démon. — Hais il complète sa parabole, et ajoute : Je tuit la porte des brebit. — Tous ceux qui tant venue sont det voieeus et des lakkons; et les brtbii ne les ont point écoutés.^Je suit la porte. Si quelqu'un entre par moi, il tera sadvé; il entrera, il sortira, et il trouvera det PATtiiA- UBS. — Le voleur ne vient que pour voler , pour égorger et pour perdre. Mais pour moi, je suit venu afin que tes brebis aient la tib , et qu'etlet Valent abokdamhett.
■ Je suis le bon pasteur. Le bon patteur- DOTtNB SA VIE pour sei brebis. — Mais le ■EBCE^AïKE, et celui qui n'ett point pasteur, et à qui les brebis n'appartiennent pas, voyant venir le loup, abandonne les brebis, et t'enfuit ; et le loup les ravit et àispert* le troupeau. — Le mercenaire s'enfuit, pare» qu'il est mercenaire, et qu'il ne se met pomt en peine des brebis.
■ Pour moi, je suit le bon pasteur; je con- naît mes brebit, et met brebis me connaittent^ mon Père me connaît et je connaît mon Père, ttjt donne ma vie pour mes brebit. — Tal encore d'autres brebit qui ne tant pat de cette bergerie: il faut autti que je les aminé. Elfes écouteront ma voix, et il n'y aura
r'un troupeau et qu'un patteur. {Jean * X ^ - 20.)
■ Est-ce clair maintenant f
(% < Le pire BridMOe, f réflnni à Saint -Sul^ice, i Paris, devant la conr, qoi Pavati appel'- *
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■ Jésus ait qu'il est la porte de la berge- rie : n'esl-co pas dire.que sa nouvelle doo- trinc de fralernitô est la portedu royaume de Dieu, dans lequel les biebis trouveront de gras pÂturages, et l'huniaiiiiâ rABonDi.NCE?
■ f^t'il besoin de dire quels sont ceux qui, avant lui, n'étaient que des yolecrs et des lakroxs, qui u'élaient vonus que pour voler et pour égorger, et que le peuple n'avait to- lérés que par crainte?
a £st-il indispensable d'expliquer quel est ce HERCENiiHB qui ne consultait que son é^oïsme.qui n'écouteitquesa cupidité, et que son égo'iâme mfioie eLsa cupidité poussaient à fuir devant le danger et k abandonner à l'ennemi les peuples qu'il devait défendre, tandis que le bon pasteur donhe sa vib pour ses brebis?
a Et ce bon pasteur, celui qui raconte cette éloquente et vigoureuse parabole aux pharisiens, c'est Jésus, c'est un Dieu.. .Ht
g XLl. — Jésut condamne lei pharitten». — B Quand Paul, accusé par les Juifs d'avoir violé la loi, voudra se Justifier devant le roi Agrippa, il se vantera d'avoir étépharisien, fit d'avoir v^cu en p/iari'«ieR, ajoutant que cette tecte était connue pour être la plus scrupu- leuse dans l'observation de la loi. {Art. des Apôtres, XXVI, 5 ; Paul, Eplt. auj: l'hilip., m, \ - 6.)
« D^à nous avons vu Jean-Baptiste apos- tropher durement les pharisiens et leur dire: Bace de vipère , qui vaut a appris à fuir la colère qui doit tomber sur vous...? Faites de dignes fruits de pénitence...!
a Et vous allez entendre Jésus s'adressant au peuple et à ses disciples : Malheur à vous, Scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous fermex aux hommes le royaume des deux; car vous n'y entrez point vous mimes, et vous vous opposez encore à ceuœ qui dési- rent y entrer. — Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que, sous pré- texte de vos longues prières, vous uèvorez les UAisONS DES VELVEs; ccsl pour cela que vous recevrez un jugement plus rigoureux.
' A.près les avoir encore accusi^ de rapine et d'iniquité, Jésus ajoute : Serpents, race de vipère, comment pourrez-vous éviter d'être condamnés au feu de Venferî....
« El c'est un Dieu qui se montre si inexo- rable dans sa justice par amour du peuple el du pauvre, pour établir le règne de la fraternité et le royaume de Dieu!!!
■ Mais n'y a-t-il donc plua de pharisiens sur la terre T
« Et s'il en existe encore parmi ceux qui voient un Dieu dans Jésus, comment peu- vent-ils ne pas tremblerT Comment peuveut- ils rester pfiarisiensT
■ Nous allons voir Jésus se montrer aussi sévère contre une autre classe de nâies, les marchands.
S.XLll. — Jésus expulse le» marchands. — K Généralement le commerce inspire l'envie de s'enricbir el enfante ia fraude avec l'é-
f;oïsmo et la cupidité ; le vendeur exagère oprix; soit pour n'être pas trompé, soit P'iur tromper lui-même, l"a«h.cleur le dimi-
nue; chacun veut gagner, chacun veut dé- pouiller celui avec lequel il négocie; on prend l'habitude de tout vendre, même sa conscience; et Judas vendra Jésus son maître.
B Aussi les païens ont-ils fait de Mercure le dieil des voleurs et des marchands, comme ai marchands et voleurs étaient la même
0 Aussi, Salomon condamnait-il déjà Ità commerce, en disant : J'ai considéré tous les travaux des hommes, etfai reconnu que leur industrie est exposée à l'envie des auit es, el qu'ainsi cela même est une vanité et une inquiétude inutile. (Sai.oh(ix, Ecclésiaste, iv, 4.J — Cela ne vaut rien, cela ne vaut rien, dit tout homme qui achète; mais sitôt qu'il te re- lire, il s'en glorifie. {Proverbes, xx, Ik.)
« L'Ecclésiastique disait aussi : Celui qui trapue évite dtf^cilement l'iniquité, et le marchand de vin n'est pas libre dépêché. {Ecclésiastique, xxvi, 28.}— Conune un mor- ceau de bots se laisse enfoncer dans une fente entre deux pierres, de même la fraude péné- tre eatre'un achat el uns vente. {Ecclésiatti- que, xxvu, 2.1
s Ecoutez le prophète Ezéchiel : Dans la inuliiplication devotre commerce,vos entrail- le» se sont remplies di'iniquité; vous êtes dam iepéché; et je vous chasserai de la montagne de Dieu [je vous ferai tomber du faite de vo- tre KranUeurJ, et je vous exterminerai. {Ezé- chiel, xxviii, 16.}
« Suivant l'évangéliste Jean, Jésus trouve, dans le temple, des gens qui vendent des boeufs, des moutons, des colombes; el des changeurs assis à leurs bureaux. Il fait un fouet avec des cordes, les chasse tous avec les moutons et les bœufs. Jette par terre l'ar- yen/ des changeurs, renverse leurs bureaux, el dit aux vendeurs de colombes : Ot a tout cela tCici, et ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. (Jean, ii, Ik 6 16.)
« Suivant l'évangéliste Matthieu, Jésus s'exprime bien plus énergiquement encore : Jt est écrit : Ma maison sera appelée la Mai • son de prières. Et vous autres, vous en aees fait uns caverne de voUursI
« Et c'est Jésus qui perle ainsi, qui traite aiusi les vendeurs et les changeurs, qui les appelle des voleurs faisant du temple un« caverne.
n Et immédiatement après cette expédi- tion si vigoureuse contre les marchands et les changeurs, l'apûlre Mtt.hieu tyoute : Alors des aveugles et des boiteux vinrent d lui dans le temple, et il le» guérit. (Matth., XXI, 12 - 14.J
« Comme s'il voulait indiquer encore que le trafic faisait des aveugles et des boiteux, qu'en chassant le trafic on guérirait par là même une partie des maux de la société,, et que, dans le royaume de Dieu, il n'y aurai! plus ni marchands, ni changeurs, ni malheu- reux!
B Et écoutez comment Jean parle des mai^ chands dans son Apocalypse (ou pro|)héliR allégorique sur la future régénération) : Elle
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LOI DES APOLOGISTES INVOLONTAIRES.
I^I
Si
wl tombée la grande Babyloiie ! elle tsl deve- MKF la iemeuredts démons, la retraite dt tout ttprit immonde^ Ir repaire de tout oiseau im- pur et haitsable, parce que toutes les nations ont bu du vin de laeolere de sa prostitution, que les rois de la terre se sont corrompus arec elle, et que les marchanda de la terre se sont enrichis par l'exit de son luxe
■ Let marchands de la terre pleureront et gémiront sur elle parce que personne rta- ckftera plus leurs mare handi set, ces marchan- dises d'or, d'argent, de pierreries, etc., (Ves- claret, tt d'âmes d'hommeiî,.,
m Cntx qui rend«nf ces marchandises tt qui te sont enrichis arec elle t'en tiendront ét>i- gw'i, dans rappréhenaion de ses tourments; ili pleureront, soupireront et diront : ffé- latl hélas', qu'est devenue cette grande rille qui était vêtue de fin lin, de pourpre et d'é- ntrlale, et parie d'or, depierreries et deper- let? car toutes tes richesses se sont évanouies tn un moment t
« Et tout les pilotes, let mariniers et ceux qui trafiquent sur mer, te sont tenus loin aMt, et se sont écriés, en voyant la place de son embrasement : Quelle ville a jamais égalé tetle grande viltel Ils ont couvert leur télé de poussière, jetant des cris accompagnés de larmea et de sanglots, et disant : ffêlast hé- las! cette grande ville, qui a enrichi de son opulence tout ceux qui avaient des vaisseaux en mer, se trouve ruinée en un moment!
■ Ciel, soyei-en dant la joiet et vous ausiï, taints apôtres et prophètes, parce que Dieu vaut a fait tusTiCK d bllk t ! f
« Baiylone, tu seras précipitée, et l'on ne te retrouvera plusl El la votx des joueurs de harpe et des mutietent, ni celle des joueurs de flûte et de trompette, ne sera plus entendue chez toi! El nul artiste ne s'y trourera plut!... Cartes m imcBAKDi étaient les prin- cea de ht terre, et toutes les nations ont été empoisonnées par loi, et l'on a trouvé ehex toi le long des prophètes et des saints, et même le sang tu tout ceux qui ont été tués sur la lerretll...
c Qael tableau de calamités qu'èafante la •oif des richesses 1
IXllII. — ■ Salomon désespéraitde l'huma- oité : Tai pu let oppressions qui se font sous le soleil et tes larmes des opprimés gui n'ont point de coniolation, car lu oppresseurs tant ti puissants que les faibles innocents ne trot- tent point de eonsolateur. Et j'ai estimé plut heureux que let utu et les autres celui qui n'est pas encore né et qui n'a point vu les maux qui se font tous le soleu, (Salonon, ErcUslastt, iv, 1-3.)
■ Ainsi, Salomon n'apercevait ni consola- tion, ni remède pour le pauvre et l'opprimé I
■ Mais Jésus, bien autrement inspiré et {lien autrement puissant, apporte la conso- lation et le salut)
■ Nous «TOUS entendu Jean-Baptiste dire iéik:Que celui qui a deux vUemenlsen donne un à celui qui n'en a point, et que celui qui a de 7IMÎ manger partage avec celui qui n'a ritn.
• Puis, nou5 nvnnf vu Jean-Baplisie anqoQ-
cer lésus comme plus puissant que lui, comme tenanl son van à la main, cl comme devant baptiser dans l'esprit et dans le feu,
K El Jésus vint prêcher l'Evangile aux pauvres ! Et sa première parole est en faveur des pauvres I de ceux ciui pleurent, des pei^ séculés, des captifs 1 II leur annonce leur dé- livrance, leur gu(!rison et leur consolation I
< El pourréaliser celte délivrance et celle consolation, nous avons vu Jésus annoncer le royaume de Dieu et proclamer la fraler- nité...
« Voyons d'abord l'histoire de Zachée de- meurant 6 Jéricho, chef de publicains ou fi- nanciers, fort riche, dont nous avons déjà parié.— Quand cet homme, qui montre beau- coup d'empressement à voir JésuSj chez qui Jésus va loger, qui le reçoit avec joie et qui se trouve converti à sa doctrine, lui annonce sa résolution de donner ]amoitiéde son bien aui pauvres, et de rendre 6 chacun des au- tres le quadruple de ce dont il pourrait lui avoir fait tort [Luc, xix, 1 - 9], Jésus ap- prouve celui qui donne la moittéde ses biens, probablement d'après son conseil 1 C'est bien engager les autres à l'imiter!
n Puis Jésus commandi de tout donner Eeoulez-bien 1 Car c'est encore une loi nou- velle, et c'est, en réalité, la loi capitale.
■ Un jeune homme de qualité, extrëhe- HENT RiCBE, SB jetant aux genoux de Jésus el lui demandant : Quel bien faut-il que je fasse pour acquérir la vie étemelle? Jésus répondit : Si vous voulez entrer dans la vie, gardex les commandements. — Quels comman- dements?— Ne lues pas.... (Pas de toi, ni d'a- dultère, ni de faux témoignage...) Aimex votre prochain comme vous-même. — J'ai gardé tout cet commandemenli dès ma jeunesse : Que me manque-t-il encore? — Si'vous vou- lez être parfait, il vous manque encore «ne chose: vendez vos biens, dontisz-en le prix ai(x pauvres; et vous aurex un trésor dans le ciel : puis venet et suivex-moi.
* Et remarquez-bien que Jésus, qui donne un conseil si rigoureux en apparence, aime ce jeune homme (ditMarc), et veut particuliè- rement son bonheur, parce qu'il est rempli de bons sentiments et de bonne volonté.
« Hais comme cette réponse attriste le jeune riche, Jésus ajoute : Un riche entrera difficilement dans le royaume des deux. Il est PLUB Aisi à tin cable de passer par le trou d'une aiguille, qu'à un riche d'entrer dans le royaume des cieux. (Matth., xix, 16-22j Marc, X, 17-*5; Luc, x.*iii, 18 '28.)
■ Ainsi, la vie étemelle et le royoume des deux ou de Dieu, c'est la même chose.
■ Ainsi, pour entrer dans le royaume de Dieu, il faut donner ses biens aux pauvres,
■ Ainsi, vendre ses biens et les donner aux pauvres, c'est la perfection dans l'amour du prochain, c'est être parfait dans la frater- nité, c'est manifester son amour pour Dieu.
« Suivant Marc , Jésus aime ce jeune Jmmuie et lui dit : // vous manque encore une chose : Allez, vbndez tout ce que vous avez, donnez-ir nu.» pamret, et tout aurez
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LOI
DlCTIONNAHlE
C4
un tr^ior dans le ciel; puii venes el iaivez- moi. (Iforr, x, 21.)
o Suivant Luc, Jésus dit au jeune riche: 1* /( vaut manque encore une chose: vekdei TOUT ce que vous avei et distribuez-le aux pauvret, el vous aurez un trésor dans le ciel; puis venei et suivez-mot. (Luc, xviii, 22.)
a On le voit, suivant Marc et Luc, Jésus lie dit pas : si vous voulez être parfait ; il dit tout simplement, if vous manque en- core une chose, vendez, donnez et suivez^ moi; par conséquent, le commandement est absolu.
■ 2* Suivant Matthieu lui-m6me, Jésus ajoute qu'il est plus aisé à un cable de passer par te trou d'une aiguille qu'à uu ri' che d'entrer dans le royaume de Dieu...
« 3° Jésus répète souvent ce commande- ment..., comme nous allons le voir.
* Après cette paroledeJésus, qu'il était im- possioleà un riche d'entrer dans le royaume tie Dieu, ses disciples lui disent : Qui peut donc itre sauvé?. ..Pour nous, vous voyez que nous avons tout quitté el que nous vous avons
■ Itcniarquoiis mâme l>iea que ce coui- mandement : Vendez et donnez, est, pour Jésus, un commandement nouveau, final et capital, comme nous l'avons déjà dit; car, en énumérant les -commandements que le jeune riche doit observer pour entrer dans le royaume de Dieu, il comprend celui qui constitue toute la loi. Aimez Votre prochain comme vous-mime, et, après avoir signalé ce commandement essentiel, il tyoute : Il voui manque encore une chose; vbhdbz et DONKBz. Çm dernier commandement est donc supérieur à celui de l'amour fraternel, ou plutôt il en est la réalisation et le complé- ment.
i XLIV.^Cie/,rr^(ordaniJ«cieI.— «Nou& venons d'eiiiteadre Jésus dire trois iÀs ; Vendez, donnez aux pauvret, et vous aurez un trésor dans le ciel. Que signifie cette expres- sion ciel, trésor dans le ciel? N'est-ce pas comme si Jésus disait : Vendez, donnez, et vous aurez un trésor dans le roymun* de Dieu^ utl vous entrerez, parce que le royaume do Dieu sera It trésor commun de tout ceux qui
l'y trouveront? Ciel ne sij^ifie-t-îl pas ici, I Et JésnsréponJ:i'«rionnene9utUerapour royaume des cieux ou de Dtsu?
moi el pour rÈvangile, ou pour le royaume de Dieu, sa maison ou ses frères, ou ses saurs, ou son pire, ou sa mire, ou Ma femme, ou tes enfants, ou ses terres, sans que, présen- tement, dans ce monde ou dans ce siècle même, il ne reçoive cent fois actint de maisons, de frères, de saurs, de mires, d'en-
Mais veut-on prendre les mots ciel et trésor dans le ciel dans leur sens matériel? Il en i-ésuitera toujours que, pour avoir ca trésor dans le cieJ, il fout vendre et donner se* biens.
0 Aussi, écoutez ces diverses paraboles, que Jésus, assis sur une barque dans la nier.
fanis et de terre», el, dans le siècle à venir, la raconte au peuple assemblé sur le rivage. vie étemelle. (Matth., iii, 25-29; Marc, x, § XÏV. Parabole du Trésor. — * Le royaume
S6 - 30; lue, xrni, 26-30.) de» cieux est sembl(U>le à unTKtsoK enfoui dans
■ Suivant Luc, Jésus dit encore h ses dis- un champ, qu'un homme trouve el qu il cache:
ciples : Ne craignez point, petit troupeau; dan» ta jote qu'il ressent, il va vendre tout
car il a plu à votre Pire de vous donner ton ce qu'il a et ocMe le champ {Matlh., un, %4.) royaume. Vendez ce que vous avez, et don' « Celte parabole ne signiQe-t-elle pas :
iie^e en aumône; faitet-vou» des bourse* Vendez, donnez aux pauvres, et vous àcguer-
gui ne t'usent point par le temps; amassez- rez par là le roya^>ne de Dieu, quiterapour
vaut dans le CIEL un trésor gui ne périsse ja- vous un trésor 7
mais, dont les voleurs n'approchent point et Parabole de la Perle. — « ie royaume de
que les vers ne puissent corrompre. (Luc, Dieu est semblable à un homme qui est dans
^"i 33.) /( trafic des perles, qui cherche de bonnet
P Ailleurs, Jésus dit encore •.Quiconque perles, et qui, ayant trouvé une perle de grand
fie rmonce iKu li tout ce qu'il a ne peut être prix, va vendre tout ce qu'il a et l'achète.
monditciple. {lue, xiv, 33.) (Matth., xiii, M, W.)
« Jésus dit encore une autre fois : Donnes « Cette parabole ne veut-elle pas dire :
l aumône de ce que vou» avez, et toute* cho- Vendez, donnez vos biens aux pauvret, tl
tts seront pures pour voue. {Lue, xt, kl.) vous acquerrez le royaume de Dieu, qui
u Et Jésus donne l'exemple en donnant tout lera pour vous la plus préeieute des perles ? aux pauvres : ( XLVI.~ Jéius ne veut pas tout révéler.—
*Vou» savez, ditPaul, quelle a été la bonté t Au dernier moment, Jésus donne ses der- de Notre^Seigneur Jésus-Cla-isl qui, étant nières instructions à ses apôtres et leur cou- riche, » est rendu pauvre ^our tamoar de fie beaucoup de choses qu'il leur a cachées vaut, afin me vous détinssiez riche» par sa jusque-lb ; mais il ajoute qu'ils ne sont pas pauvreté..{P±vi., Il' EpUr» aux Corinth., encore en état d'entendre toute la vérité, et T"i ^.) qu'ils la connaîtront plus tard. J'ai encore
tj II » rend tellement pauvre que, lor»- brabcoup de choses à vous dire : mais voui
qu un scribe ou docteur de la loi demande nepoui-ez /e« scpportkh pr^>en(emenf . Quand
à le suivre, il lui répond : tes renard» ont VEspril de vérité sera venu (envoyé par moi).
des tanniirea et les otseaux du ciel ont des il vous enseignera toute la vérité, et fou»
mds; mais le Fils de l'homme n'apa» oàr*- annoncera Je« choses a VEnni. (Jean, ivi, 12,
patet sa tête. (Matth., yin, 20.) J3.)i>(i« vrai christianisme suivant Jésut-
« Et quand il peut avoir une bourse, elle Christ, par Caret, chap. 1".) est commune avec ses apôtres, et c'est Judas Loi NATUBetLE. ~ Voltaire. — « J'ap-
«pi'i! eu fait dépositaire. (Jean, xn, 6.)
pelle lois naiurelles. celles que la nature
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DES APOLOGISTES INVOI.O\T.\IIlES.
VOS
«fl
indique dans tous les temps à tous les hom- mp<:, pour le Diaintieii de cette justice que [Dieu » grayéc, dans nos cœurs. Partout, le Tol, la tiolcncc, i'homici^îe , l'ingratitude envers les parents, le parjure, la conspire- linn contre la patrie, sont des délits évidents, plus ou moins séTèrertienl réprimés, et tou- Kiurs juste ment. » lOEuvres de Voltaire, éJi- lion de Rehl, t. XXXIV, p. 396.)
■ Nous tmoTons dans I OEdipe de Sopho- cle, sur la loi naturelle, une idée gramie et sulilirae. M. Boivin a traduit ce morceau do la manière suivante ;
CInsie nidre de l'innocenei-, Im pnrR, lu n'es pns l'oiivraKP ite^ mortels;
Le ciel l'a donné II nnjwiUHCc ; Tu dois *iec nns dieni parlatier nos anlels.
Tu leiuU lean honuciirs iiuiiivrtels;
Tu Tais ëclaicr leur puissance.
Loi iliviiic, iiitmii.ibli: loi, ?ïi Ira temps ni rntilili ue pnurronl rieo Eiir loi. Jamais nn parricide, un calonininieur, ?■'•> (Ht Iranqiiillcinenl, dans le fond de son cœur ; 0*11 cil beau, qu*)! est dont li'iccaUler l'innocence. De dêckinr le sein qui imm» donna naittince I Diev îralCi Dieu parfait, que le crime a d'appas 1 Voilà, ce qu*on dirait, nortclR, n'en doutez pas, S1I n'était nue loi terrible, universelle, Que resperie le crime en s'ùlcvnnl cnnire elle. Mst-ee nous qui créons ces proroiiils seniiim-nlsT Avofis-nous Tait nos àmesT aïons-iioiis Tiii nns sensT L'or qui nall au Péroo, l'or qui natl i) b Cliîne, fhii la même nature et la méma nrigii;e; l.'xniaaB la facnnne et ne peut les l'ormcr. AÎDU l'Elre éteniel qui noua duigne aiiimer Jcla du» tous les cœnn ima mën-ie semence; Le ciel &\ la lerin, l'homme en Ht l'apparence. Il peut la revéïir d'imposture et d'erreur; Il ue peut la changer : son juge est dans son cœur, s (CEurreê de Voltaire, cdilion de Kebl , ûi-ll.
I. XII, p. 97.)
1*9 fait ne .
it Mn sceau divin Je M puis i|uorer ce (^n'ordonne nioti niaiiie : n n'a donne sa lui, puisqu'il m'a dgniié l'être. I.a morale nnirorme, en loul temps, en tout lieu, A det sièclea sans fin, purle au nom de ce Dieu. {Loi naturelle, n' partie.)
De MM désin foufueai la Mmiiélc Talate l.«îase au fond de nos cœurs la ré^e cl la nmrale, CcM use aoorci! pure : en Tau dans ses canaiis l«s leMs coniasieits en oui troublé les eaus; En vain snr sa surfjie une fange étrangère Apporte eo bnuillonnant un limon qui s'iillère : l.'tamnmc le plus injuste elle uioliis poljcË h'j couiemple arsétnent qnaud l'orage est fisse. ((Eavrn de Voltaire, édil. de Kelil, in-13, 1. Xtl, p. 100. )
■ Qu'on appelle la raison et les remords mBime on voudra, ils existent et ils sont les foiKleinents de la loi naturelle. » Ubid., L Ml , p. lâ.)
« Le sentiment de la Tertu a été mis par la oalnredsns letxeurde l'homme, comme on antidote coQtre tous les poisons dont il d<>Tait ttre dévoré. Ls connaissance de la Tniu restera toujours sur la terre, soit pour luHi* consoler quand nous l'embrassons, soit
IKinr nous acetiser quand nous violerons ses wi<. »(lbid.,t. XL, p. 367.)
« 1^ voix qui dit à tous les liommes : Ne fais point ce que tu ne voudrais pas qu'on le fit, sera toujoui^ entendue d'un bout de l'univers ïi l'autre. » {Ibid., t. XL, p. 359.)
n Tous les peuples, qui se conduisent si différemment, se réunissent tous en ce peint qu'ils appellent vertueux ce qui est conforme aux lois, etcriminel ce quileurest contraire. » {Ibid, t. XL, p. 83.1
" La source de 1 intérêt qui nous attacîie ô ce qui est honnête , et nous inspire de l'aTersion pour le mal est en nous. Il n'y a point d'art pour pixiduire cetintérôt, mais seulement pour s'en prévaloir. » (Ibid., t. H, p. 198.)
0 II est bon d'avoir un nmi qui vous rap- pelle & vos devoirs , mais voire conscience doit être le chef de votre conseil. » Ubid, t. L, p. 267.)
« L'opinion a fait dans tous les temps les lors. Les lois sont partout incertaines, con- tradictoires. Ce n est pas seulement parce qu'elles ont été rédigées par des hommes; ce qui rend les lois variabres , fautives , in- conséquentes, c'est qu'elles ont été presque toutes établies sur des besoins passagers, comme des remèdes appliqués au hasard, qui ont guéri un malade et qui en ont tue d'autres. Il n'y a pas un seul pars qui n'ait besoin d'une réforme, et celte rtîforrae faite, il en faut une autre. Tout se contredit donc, et nous voguons dans un vaisseau sans cesse agité par des vents contraires. Les hommes ne peuvent faire que des lois de cooventiont et il n'y a que l'auteur de la nature qui oit pu faire des lois éternelles, des lois lonJa-- mentales, immuables comme est celle-ci : Traite tet aulrescomme tu voudrai» ftre traita. C'est que cette loi est de la nature même. Elle ne peut être arrachée du ccrar humaîfr. C'est de t^outes les lois la plus mal exécutée; mais elle s'élève toujours cnntro celui qui la transgresse. II semble que Pieu l'ait mise dans l'homme pour servir de contre-poids à îa loi du plus fort, et jiour cmpCcbcr le genre humain de s'exterminer par la guerrej par la chicane. ■■ {/6id., t. XXl, p. 315.)
LONGÉVITÉ. — « Quelque grande que soit la diffi'rence qui se trouve entre le peu de durée do la vie des hommes d'aujourd'hui, dit Josè()he, et la longue durée des autres dont je viens de parler [de ceux qui vivaient avant le déluge), ce que j'en rapporte n'en doit pas passer pour incroyable; car, ou're que nos pères étaient particulièrement ehé- risde Dieucommerouvrago qu'il avaitform^ de ses propres mains, et que les alimenta dont ils se nourrissaient étaient plus propres S conserver la vie. Dieu la leur conservait & cause de leur vertu, et pour perfectionner la science de la géométrie et de t'asironomitf qu'ils avaient inventée, ce qu'ils n'auraient pu faire s'ils avaient vécu moins de sii ccnIS ans, parce que ce n'est qu'après six siècles que s accomplit In grande année. Tous ccut qui ont écrit l'histoire, tant des Grecs quo des autres nations-, rendent témoignage à ce que je dis. Car Man'thon, qui a é.-rit l'hi;- loire des Egyptiens ; Bérosc, qui nous a lais; S
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DICTIONKAIRE
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celle (tes Chaldéens; Mochus, HistJas et Jé- rdmo l'Égvptien, qui ont écrit celle des Phé- niciens, (lisent aussi la mdme chose. Hésiode, Hécatée, Acusilss, Hellénique, Ephore et Nicolas de Damas rapportent que les pre- miers hommes vivaient jusqu'à mille ans. » (JosÂpae, Ànt.jud., i, 3.)
— <i LesinstitutibnsdeHenou nousappren- nent que dans l'âge d'or, appelé salya-youg, les hommes exempts de maladies vivaient quatre cents ans, {RecherrluB asiaciqaeê.) Vulcain régna mille ans sur l'Egypte. (>ïau- marolh (le premier homme), preutier roi de Perse, vécut mille ans. Dj<:ntschid, i'uo de ses su(»;esseurs, en régna six cent-seize. Dans la Chine, Fo-hi. et Chio-Hona ré- gnent, le premier cent-quinze ans, et le se- cond cent-guarante-cinq. Chez les Améri- cains, Bochica vécut deux mille ans, et son successeuF, le sage Uuncahua , en régna deux cent -cinquante. » (Annales de philoio» phie chrétienne, t. IV, p. 23, note.]
Pertonnage» de l'Ancien et du Pfouneau Teêlamtnt qui ont vécu longtemps , et leur caractère. [Hiâloriavilce etmortis, Londini, 1038, pag. 399, UA, ou t. II, pag. 110 , par François Bacon.) — « L'Ecriture Sainte, dit Bacon, nous apprend que les hommes, avant le déluge , ont vécu plusieurs centaines d'années; aucun d'eux cependant n'a, vécu au delà do mille ans; cette longueur de vie n'était pas l'effet d'une grflce parliculière, ou d'une prérogative de la ligne tainle : car on compte dans cette ligne onze générations Avant le déluge, tandis que dans la ligne des descendants d'Adam par Gain, on rTen compte que huit; ce qui peut faire conjec- turer que les descendants de Gain ont vécu £lus longtemps que les descendants de Sem. elle longue vie diminue de moitié immé- diatemeiit après le déluge, mais dans les hommes seulement qui naquirent après cette grande catastrophe ; car Noé, qui était né au- paravant, a vécu aussi longtemps que ses ancêtres, et Sem est mort à 1 âge de six cents nns; enfin, trois générations après le déluge, la vie des hommes fut réduite à peu près au quart de ce qu'elle élail auparavant, c'est-à- dire, 6 environ deux cents ans," Ahraiiam a vécu cent-soixanlc-quinze ans; personnage véritahlcment ma,;nanime, et dont toutes les entreprises furent toujours couronnées par le succès. Son (ils Isaac parvint jiisi(u'îi l'âge de cent-quatre-vingts ans : la ciiasteté et le goût pour la vie tranquille forment ce qu'il y a de plus remarquahie dans son ca- ractère. Jacob, après avoir essuyé beaucoup de traverses et donné au mondé un grand nombre d'enfants, pousse sa carrière jusqu'à cenl-quarante-sept ans. La patience, la dou- ceur, la prudence, sont les vertus qu'il fit plus particulièrement éclater dans le coai-s desavie.lsmacl, son frère, hommedc guerre, vécut cent-trente-sept ans. Sara, la seule femme dont l'Ecrituro sainte ait bien voulu nous apprendre les années, est morte âgée do cent-vingt-sept ans : femme qui réunit la beauté du corps à la grandenr du courage, Irôs-tioiine tnèrc, lrès-t>onne épouse, pl qui
sut concilier, à l'égard de son mari, une
frande liberté avec une parfaite obéissance. Dseph , personnage vraiment mémorablo par sa prudence et sa grande habileté dans le gouvernement, malheureux pendAnt sa jeunesse, et très-heureux dans le reste de sa vie, a vécu cent dix ans; mais Lévi, son frère aîné, connu dans l'Ecriture sainte par son extrême sensibilité aux ii^ures, et son ardeur pour la vengeance, en a vécu cent trente-sept. Le fils et le petit-fils de Lévi, père d'Aaron et de Moïse, sont parvenus au même âge que leur père. Moïse a vécu cent vingt ans. Ge grantf homme ne parlait pas facilement : et quoiqu'il ait eu une fer- meté inébranlable, il n en a pas moins été le plus douxde tous les hommes. Moïse nous apprend dans son psaume que la vie, pour lecommunde8hommes,étaitlixée à soixante- dix ans , et à quatre-vingts pour les plus robustes : ce qui est encore aujourd'hui à peu près la mesure de la vie humaine. Aaron, plus âgé de trois ans, mourut la même an- née que son frère; 11 avait plus de facilité à parler, et plus de complaisance que Moïse, mais il n'avait pas sa fermeté. Phinées, fils d'Aaron, peut-être par l'effet d'une grâce parLiculière et extraordinaire, a vécu jusqu'à trois cents ans, du moins dans la supposition •ciue l'historien sacré ait rapporté, suivant 1 ordre des temps, l'expédition des Israéhtes contre la tribu de Benjamin, expédition au sujet de laquelle il est dit que Phinées fut consulté, lin zèle extraerdinaire a rendu la mémoire de Phinées è jamais célèbre. Josué, homme de guerre, grand et toujours heu- reux capitaine, a vécu jusqu'à cent dix ans. Caleb, qui était son contemporain, a vécu aussi longtemps que lui. Ao(i, l'un des juges d'Israël, avait au moins cent ans quand il mourut, puisqu'il est dit qu'après la victoire qu'il remporta sur les Moabites, la Terre- Sainte, pendant quatre - vingts ans , jouit d'une paix constante sous son gouverne- ment. Ce fut un homme hardi , courageux, et qui s'était, en quelque sorte, dévoué pour le salut de son peuple. Job, après avoir été rétaiili dans son premier état de féUcité, a vécu cent quarante ans : mais, avant l'é- preuve que Dieu fit de sa patience, il devait être déjà fort avancé en fige, puisqu'il avait alors plusieurs enfants parvenus à l'âge de viriiilé. Job fut un personnage savant dans l'art de gouverner, éloquent, bienfaisant, et surtout un grand exemple de patience. Le grand prêtre Héti avait, quana il mourut, quatre-vingt-dix-huit ans. Ce fut un per- sonnage d'un caractère paisible, mais trop indulgent pour ses enfants. Le prophète Elisée semtîle être mort âgé de près de cent ans , puisqu'il a vécu soixante ans après l'enlèvement d'Elie, et qu'au temps de cet enlèvement il était déjà assez âgé pour que des enfants pussent le railler sur sa me chauve. Elisée fut un homme d'un grand caractère, sévère dans sa conduite , austère dans .>^a manière de vivre, et comptant pouf rien les richesses. Le prophète Isaie ne doit avoir vécu guère moins d une centaine d'an-
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LON DES APOLOGISTES INVOLONTAIRES
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ni^.^E. puisqu'il a rempli )M>iK!an( soitante eldii ans l'olfice ùe pruiiiiète. On ignore l'année où il commença i prophétiser, ainsi que l'aniiée de sa mort. Sou éloquence est vraioient admirable, et l'ou peut dire de p'u:S ^^ec férité, qu'il a èie un propkile traiigtlittt, tant îl est plein des promesses faites par Dieu h la nouvelle alliance. Le vieux Tohie et le jeune Tol>ie ont vécu, le premier cent cinquante-huit ans, et le se- ctioàt cent vingt-sept, l'un etl'aulre à jamais recûoiuiau'iables par la sensibilité aux mai- licurs de leurs frères, et rcuipre:>^cuienl ft soula^r leur paavrelé. Il parait niCme qu'au temps de la captivité, parmi les Juifs qui revinrent de Babvione , plusieurs de- vaient être très-âgés, puisqu'ils avaic-nt vu l'am-ien temple, qui ne subsistait plusdepuis viiiante ans .- etquc, frappas de la dllfûreni^e {{u'ils voyaient entre le nouveau temple et I ancien incomparablement plus ma^iOque, ils ne pouvaient retenir leurs sanijlots et leurs larmes.
• Cd grand nombre de siècles après, \ l'époque où Nôtre-Seigneur commença son «-nirée dans le monde, on voit un liouime A^éde quaire-vingt-tlix ans : c'est Siméon, II- vieillard plein de religion, de désir et <l'e,«|it-rance. Dans le même temps on voit la prophétesse Anne , qui certainement doit avoir vécu au delà de cent ans, puisqu'il e«l écrit qu'après avoir passé sept ans avec >'>» mari, elle en avait vécu quatre -vingl- cgualre dans l'étal de viduilé; a quoi il f^ut ajouter les années qui précédèrent son ma- riage, et celles qui suivirent ses prophéties SUT le Sauveur. Cette sainte femme con- Mimma toutes ses années dans la prière et dans le jeûne.
■ Tous les exemples précédents nous ont été fnnmis par la sainte Ecriture: l'histoire ecvlésiaslique va nous fournir ceu\ qui sui- vent:
• Saint Jean, l'apdtre du Sauveur, et son disciple bien-aîme, a vécu quatre-vingt- seize ans : personnage parfaîtement bien désigné sous l'emblème de l'aigle, ne respi- rant rien que dn divin, et, par la fer>'eurde *a charité, digne d'être nommé le Séraphin des apAlres. L'évangélistc saint Luc, remar- quable par son éloquence et ses lon^s voya- ges, compagnon inséparable de saint Paul, a vécu qualre-vini^l-quatre ans. Sim^on Cltepbas, appelé te frire du Seigneur, évéque de Jérusalem, a vécu cent vingt ans : et sans le martyre qui couronna sa vie, il l'aurait peut-être prolongée bien au delà; person- nage plein de courage, de fermeté et de bennes enivres, Poiycarpe , disciple des S[iAires, évêque de Smyrne, parait avoir prolung^ sa vie au delà de cent ans ; et carore a-(-elleété abréj^ée, comme celle de Siméoo, par le martyre. Son histoire prouve que c'était un évêque d'un esprit élevé, d'une patience héroïque et d un travail tubtigable. Denis l'Aréopagite, coutem- |K>rain de saint Paul, paraît n'être mort qu'à lige de quatre-vingt-dix ans. Sa sublime iLéolOjie lui a fait donner le nom li'Ohrau
du eiel : mais il n est pas moins illustre par ses actions que par ses écrits. Aquîla et Priscilla, d'aJwrd les fadtes de saint Paul, et ensuite ses coailjuteurs, ont vécu au moins cent ans dans les nœuds d'un mariage éga- lement heureux et célèbre : couple nluslre, uniquement occupé d'œuvres de charité en tout genre, et qui, aux très-grandes conso- lations, qui, sans doulc, alors étaient le partage de tous les fondateurs des églises, joigml la grande consolation d'une uuion conjugale aussi sainte que longue. Saint Paul, premier ermite, a vécu cent treize ans ; sa demeure était une caverne : et il y vivait dans un dénûment et une absti- nence si prodigieuse, qu'on' conçoit diffici- lement comment il a pu, sans miracle, sou- tenir et prolonger sa vie. 11 donnait les jours et les nuits à la 'contemplation et à la prière ; loin d'être un idiot oo un ienoranf, comme on serait peut-être tente de le croire, il parait que, dans sa jeunesse, il avait fait d'excellentes éludes. Saint An- toine, premier instituteur de l'ordre céno- bilique, parvint à l'Age de cent cinq ans. Enlièreineiil absorbé dans la contemplation, il ne fut cept^'udant pas toujours inutile au monde ; et quoique rien ne fût plus dur et
flus austère que son genre de vie, la gloire accompagna dans sa solitude ; non-seule- ment (les troupes nombreuses de moines tenaient à honneur de vivre sous son obéis- sance, mais encore il était fréiiuemment visité fiar un grand nombre d'hommes du monde, et même de philosophes païens qui le révéraient comme un simulacre vivant de sainteté, et lui témoignaient un respect qui semblait aller jusquà la véné- ration. Saint Athanasc est mort plus qu'oc- togénaire : personnage d'une fermeté invin- cible, toujours au-dessus de la renommée, et qui ne plia jamais sous les coups de la fortune. Si l'on en croit plusieurs auteurs, saint Jérôme a vécu plus de quatre-vingt- dix ans: écrivain habile et d'une éloquence mâle, savant dans les langues et la littéra- ture profane, aussi bien que dans la littéra' ture sacrée, qui avait entrepris de fréquents et pénibles voyages, uniquement dans le dessein d'augmenter ses connaissances. Vers les dernières années de sa vie, il embrassa un genre de rie plus austère ; mais, dans la solitude à laquelle il s'était condamné, il montra toujours beaucoup d'élévation et de fermeté dans le caractère, et du fond de la
frotte de Bethléem, où il jetait un grand clat dans te monde, ■ On compte environ deux cent quarante el un Papes : dans un si grand nombre on n'en trouve que cinq qui aient été jusqu'k
auaire-vingts ans ou au delà. Il est vrai que, ans les premiers siècles de l'Eglise, il en est un très-^nd nombre qui ont été enlevés de ce monde par le martyre, et que quel- ques-uns d'eux, sans cette mort anticipée, auraient peut-être atteint l'Age de quatre- vingts ans. Le premier des cinq Papes est Jean \XIII ; il a vécu quatre-vingt-dix ans accomplis: c'était un {lontife d un génie
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tHCnONHAlHË
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jnquiel et asai des innovations ; il Qt beau- Chrétiens que nous rngardons comme nos
coup de changements : quelques-uns de ces pères, il est un très^rand nombre de saints*
changements furent avantageux, mais ils ne surtout de saints moines et de saints soli-^
le furent pas tous. Grégoire XII, créé Pape laires» que Dieu a favorisés d'une longae
pendant le schisme, -et, pour ainsi dire, vie : en sorte qu'il semble, qu'après le
dans l'interrègne, mourut à l'ftge de quatre-' temps de la venue du Sauveur, Dieu a fait
vingt-dix ans. Le peu de durée de sonponti- cesser moins complètement la bénédiction
fical ne nous permet aucune remarque par- d'une longue vie, si souvent rappelée dans
ticulière sur son compte. Paul III a vécu la sainte Ecriture, que toutes les autres
qualre-vinst-un ans. Le sang froid et la pro- bénédictions terrestres ; et l'on peut dire
tondeur de ses desseins forment principa- avec toute vérité que, quoique nous autres
Icmcnt son caractère. Il était savant, mônifi Chrétiens aspirions sans cesse et de toutes
en astronomie, et très-soigneux de sa santé; nos forces à la terre rfe promission, cepen-
mais, à l'exemple du grand prêtre Héli, il danl, dans le cours de notre voyage à tra-
eut trop d'indulgence pour ses parents, vers le disert de ce monde, s'il arrive que
Paul IV a vécu quatre-vingt-trois ans. Il nos soulitrt et nos vftem'enti (j'entends la
était de son naturel dur et sévère, haut, partie fragile et mortelle de nous-mêmes)
impérieux, ardent, parlant bien et avec fad- s'usent moins vite, il faut regarder avec rai-
lilé, Gré^ire Xlfl a vécu aussi quatre- son cet événement comme un Irait de la
vingt-trois ans. Sa coonplexion était robuste faveur divine. •
etson esprit excellent: il était bon dans LOUIS(Saint). — Parmi lesgrandshommes,
toute la force du terme, habile dans le gou- les saints qu'a jproduits le christianisme, il en
vemement, modéré, bienfaisant et grand est peu dont l'incrédulité ait fait une apo^
aumônier. Jogie plus complète et plus unanime que de
K Voilà les noms des personnages dont saint Louis. Nous citerons, entre autresf
parle la sainte Ecriture, ot des principaux l'^polo^ie de lai'nfXuu» par Manuel, et cello
personnages de l'Eglise, qui ont vécu qua- de Voltaire. Voici les principaux passages
(re*vingts ans, et eu delà. J'ai tracé en peu de cette dernière :
de mots, et avec vérité, leur caractère ou * Louis IX paraissait un prince destiné leur éloge : mais de manière que, suivant & réformer l'Europe, si elle avait pu l'ëtrej ma façon de penser, ce caractère a quelque à renilre la France triomphante et policée, rapport avec la longueur de la vie. Ion- et à être en tout le modèle des hommes. Sa gueurqui dépend beaucoup des mœurs et piété, qui était celle d'un anachorète, ng de la fortune, ou, pour parler plus claire- lui 6ta aucune vertu de roi. Une sage éco- rnent, des inclinations et de l'état des per • nomie ne déroba rien à sa libéralité. Il sut sonnes. accorder une politique profonde avec una
« Ce que j'ai voulu faire remarquer, c'est: justice exacte, et peut-être est-il le seul
1* que les personnes qui ont un tel carac- souverain qui mérite cette louange. Prudent
tire parviennent plus ordinairement !i une et ferme dans le conseil, intrépide dans les
longue vie ; 2° que celles qui ont un carac- combats sans être emporté , compatissant
tère opposé, quoique moins favorablement comme s'il n'avait jamais été que maUieu-'
disposées pour une longue vie, peuvent ce» reux, il n'est pas donné à 1 homme de
pendant quelquefois pousser très-loin leur porter plus loin la vertu. {OEuvres de Vol--
carrière, » (aire, edit de Kehl, in-12, t. XVIII, p. 3.)
Avantages et bénédictions dune longue « Toutes les vertus que Dieu avait patr-
vie. {Uitt. vita et morlis, pralo^uium, par tagées entre tant de monarques qu'il éprou'
Fr. Bacok). — « Il y a longtemps qu'on a dit vait, saint Louis les a possédées. Si je le
et qu'on se plaint que la vie est courte et comparais à David et à Salo'mon, je trouve-
que l'art est long, vita brevis, ars longa. H rais en lui la 'valeur et la soumission du
f tarait donc convenable, que si nous travail- premier, la sagesse du second ; mais il n'a
ons de tout notre pouvoir à perfectionner pas connu leurs égarements. Captif, en*
les arts, nou^ travaillons aussi à prolonger chaîné comme Menasses et Sédécias, il
la vie des hommes avec le secours de celui élève , à leur exemple , vers son Dieu, des
qui est l'auteur de la vie aussi bien que la mains chargées de fers, mais des mains qui
vérité [Joan. xiv, 6) : car, quoique la vie des ont toujours été pures ; il n'a pas attendu
hommes ne soit rien autre chose qu'un as- comme eux l'adversité pour se tourner vers
scmblege et un accroissement continuel de le Dieu des miséricordes,
péchés et de misères, et que ceux qui aspi- « Considérez dans ce prince le sage qui a
rent 6 l'éternité fassent très-peu de cas de enseigné l'art de gouverner les peuples i
cette vie, cependant la continuation des le héros qui les a conduits aux combats; le
CeuVres de charité, qui ne peut avoir lieu saint qui, ayant toujours Dieu dans son
que par la prolongation de nos jours, doit pas être absolument comptée pour rien 6ux yeux mêmes de ceux qui proiflssent le christianisme.
r II est même très-remarquable que le
cœur, a rendu chrétien, a rendu divin tout ce oui dans les autres t^ands hommes n'est qu'néro'ique.
« C'est dans des temps sauvages , daus des temps d'anarchie , que Dieu tire des
disciple le plus simé de Notre-Seigneur est trésors <^ sa providence cette Âme de Louis aussi de tous les disciples celui qui a vécu qu'il revêt d'intelligence, de justice, de le plus longtemps: et parmi les anciens uoiicourelde force. Il semble qu'il cnvjie
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LOI] DES APOLOGISTES INVOLONTAiHES. LOIT
snr U terre un de ces esprits qui veillent aulourdc son trànc, il semble qu'il lui dise: Allei porter la lumière dans le séjour de la DQil, allez rendre justes et heureux les peu* pies qui ignorent la justice et la félicité.
a Une mère digne du trône, au-dessus du siècle où elle est née, cultive ce fruit pré- deui. L'éducation, cette seconde nature si nécessaire aux avantages de la première ; réducalion , dis-ge , que Louis reçut de Blanche devait furmer un grand prince et un prince vertueux. Instruite elle-même de cette gronde vérité, que la crainte du Stigueur eu le commencement de Ut lageue, elle instruisît son iils de la sainteté et de la vérité de la reli^on. Il ne lui coûtait pas de juger contre lui-même , quand il fallait ju- ger entre les droits du domaine royal et les héritages d'un citoyen. Si la cause entre la vigne de Naboth et celle du prince était douteuse, c'était le champ de Naboth qui s'sccroissait du diamp de Toint du Seigneur. Où est ratantage, ta eal la gloire, a dit un souveratti réputé plussage selon leshommes que selon Diea. Où eit la justice, là est t avantage, disait saint Louis.
• L'Europe vit ses neuples et ses rois, les suprêmes pontifes et les empereurs, remet- tre & saint Louis leurs différends. Ces hon- neurs que l'ancienne Rome s'arrogeait à force d iiyuslices , à force d'artifices et de victoires, saint Louis les obtint par la vertu.
« Tant de sagesse ne peut être destituée de vinieur. Le vertueux, quand il est fai- ble, nest jamais grand. Avec quelle force saint Louis sut contenir dans ses bornes la puissance qu'il respectait le plus ; comme il sot distioguer deux limites si unies et si dif- - férentes 1 V ous admirez comment le plus religieux des hommes, le plus pénétré d une piété scrupuleuse , accorde les devoirs du fils atné de l'Eglise et du défenseur d'une eouronne, qui, pour être la plus fidèle, n'en est pas moins indépendante. Applaudi de Mules les nations, révéré dans ses Etats des ecclésiastiques qu'il réforme, et à Rome du pontife auquel il résiste.
« Quiconque étudie la vie de saint Louis, le voit toujours grand et sage avec ses voi- sins, ses vassaux et ses peuples. Toutes ses guerres ont été justes et saintes. 0 reli^on 1 <-*e9l là ton plus beau triomphe : celui qui De craint que Dieu doit être lo plus coura- geux des hommes.
■ Si saint Louis n'avait montré qu'un cou- rase ordinaire, c'était assez pour sa gloire ; mais il a fait, & la vue de ses sujets , ce (fu'à peine le courage le plus ardent, l'ému* lalion la plus animée leur faisaient hasar- der & la vue de leur souverain. La journée de Taillebours est encore récente dans la mémoire des nommes ; cinq cents ans d'in- tervalle n'en ont pas effacé le souvenir, et ce grand roi, hasardant ainsi une vie si pré- rieose. pensait n'avoir fait que son devoir, il lui fui donné de faire avec simplicité les cbo«es les plus grandes.
■ Tel on le vit en Europe , tel il fut en A.^ie , oon pas aussi heureux ) mais aussi
Difrrio^'». DES Apologistes mv. II.
grand. On l'a peint s'élançsnt de son vais- seau dans la mer, et victorieux en abordant le rivage.
a Saint Louis est le meilleur de nos rois et le plus grand homme de l'Europe. Nous chérissons sa mémoire, nous nous proster- nons devant ses autels. Qui peut dire tout ce qu'il a fait de sage , de grand, de beau, c'est-à-dire de juste? Il a fait fleurir dans son royaume l'agriculture, le commerce et les lois. Il fut le père de son peuple et l'ar- bitre de ses voisins. Saint Louis est plus grand pour s'être âevé au-<lessus de la fange où l'Europe était plongée ; c'était à sa grande fime de ne pas céder aux préjugés de son siècle : il lui appartenait de le changer. Il avait déjà donne cet utile exemple, en ré- sistant, avec piété, à l'offre que lui fit un Pape d'une couronne, c'était celle de Frédé- ric. Blanche, sa mère, désapprouva haute- ment la croisade, et on peut se faire gloire de penser comme la reine Blanche ; mais saint Louis se conduisit en -héros, et il fit admirer le christianisme de ses ennemis mê- mes. D [OEuvrei de Voltaire, édit. de Kehl, in-12, tom. LXll, pag. 277 ot suiv.)
« Toutes les vertus humaines étaient chez les anciens , je l'avoue; les vertus divines ne sont que chez les chrétiens.
■ Quel bon roi, dans les fausses religions, a vengé tous les jours sur soi-même des er- reurs attachées à une administration pénible et dont les princes no se croient pas respon- sablesT Où est le grand homme de l'anti- quité, qui ait cru devoir rendre compte à la justice divine, je ne dis pas de ses crimes, je dis de ses fautes légères, je dis des fautes de ceux qui, chargés do ses ordres, pourraient ne pas les exécuter avec assez de justice T
« Quels climats, quelles terres ont jamais vu des monarques païens foulant aux pieds la grandeur qui fait regarder les hommes comme des êtres subalternes, et la délicatesse qui amollit, et le dégoût affreux qu'inspire un cadavre, et l'horreur de la maladie, et celle de la mort; porter de leurs mains royales des hommes obscurs frappés de la contagion et l'exbalant encore, leur donner une sépulture que d'autres mains tremblaient de leur donner. Tombé entre les mains des musulmans, ils conçurent l'idée d'offrir la couronne d'Egypte à leur captif. Jamais la vertu ne reçut un plus bel hommage !
« Portons plus haut notre admiration; voyons, non ce qui étonnait l'Afrique , mais ce qui doit nous sanctifier, cette pieté héroï- que, qui nous rappelle toutes les actions saintes de sa vie.
■ Saint Louis est humble dans le sein de la grandtnir, il est roi et il est humble. Saint Louis secourt les pauvres, les païens l'ont fait, mais il s'abaisse devant eux. Il est le premier des rois qui les ait servis. C'est là ce que toute la morale païenne n'avait pa> même imaginé.
■ La chanté n'est pas moins étrangère à raotiauité profane; elle connaissait la tibéra- iité , la magnanimité , mais ce zèle ardent oour le honneur des hommes, et pour leur
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LUC
DICTlONNAmS
bonheur éternel , ces anciens en avaient- ils l'idée? Ont-ils approché de cette ardeur arec laquelle le roi traTaillail & secourir les âmes des faibles, et à soulager toutes les in- fortunes. « Ainsi la ireligion produit dans les âmes
3u'elle a pénétrées un courage supérieur, et es vertus supérieures aux vertus humaines. Elle a encore sanctiGé dans saint Louis tout ce qu'il eut de commun avec les héros et les bons rois.
« 0 vains fantdmes de vertu I 0 aliénation d'esprit, que vous êles loin du véritable hé- roïsme! Voir d'un môme œil la couronne et les fers, la santé et la maladie, la vie et la mort; faire des choses admirables, et crain- dre d'être admiré; n'avoir dans !e cœur que Dieu et son devoir, n'étro touché que des maux de ses frères, et regarder les siens Romme une épreuve nécessaire à sa sanctiÂ- calion; être toujours en présence de son Sieu, n'entreprendre, ne réussir, ne soulTrir, ne mourir que pour lui, voilà saint I.ouis, voilà le- héros chrétien, toujours grand et toujous simple, toujours s'oublient lui- mAnie. II a régné pour ses peuples; il a fait tout le bien qu'il pouvait faire, même sans rechercher les bénédictions de ceux Qu'il rendait heureux. Il a étendu ses bieniails dans les siècles à venir, en redoutant la gloire qui devait en être le prix. Il n'a com- battu que pour ses sujets et pour son Dieu. Vainqueur, il a pardonné; vaincu, il a sup- porté la captivité sans affecter de la braver. Sa vie a coulé tout entière dans l'innocence ; il a vécu sous lecilice, il est mort sur la cendre.» (OKuvru de YoUaire , édil. de Kehl , in-12, publiée par Beaumarchais, t. LXIfl, p. 413.)
■ LUC [Evangile de saint] [Tkéot.]. Nom d'un des livres canoniques du Nouveau Tes- tament qui contient Tnistoire de la vie et des miracles de Jésus-Christ, écrite par saint Luc, qui était Syrien de nation , natif d'Antioche, médecin (le profession , et qui fut compagnon des voyages et de la prédi- cation de saint Paul.
«Quelques-uns, comme TertuHien {liv. iv contre Marcioti, cli. 8), et saint Athanase ou )'auteur de la Synapse qu'on lui attribue, en- seignent que 1 Evangile de saint Luc était proprement l'Evangtle de saint Paul; que cet apôtre l'avait dicté à saint Luc ; et que quand il parle de son Evangile comme Rom. XI, 16, et XVI, 25, et // Theêeaion. xi, 13, il entend l'Evangile de saint Luc. Mais saint Irénée (liv. ni, A. h-) dit simplement que saint Luc rédigea par écrit ce que saint Paul
«Tâchait aux nations, et saint Grégoire de azîanze , que cet évangéliste écrivit ap- puyé du secours de saint Paul. Il est cer- tain que saint Paul cite ordinairement l'E- vangile de saint Luc, comme on peut voir I Car. Xi, 83, 2V et 25; et xv, 5. Mais saint Luc ne dit nulle part qu'il ait été aidé par saint Paul; il adresse son Evangile, aussi bien que les Actee des apôtres, k un nommé Théophile, personnage qui n'est pas coniii. et plusieurs anciens ont pris ce nom UBDs un sens appellatif pour un homme
qui aime Dieu. Les marcionites ne rece- vaient que le seul Evangile de saint Luc, en- core te tronquaient-ils en plusieurs endroits, comme l'ont remarqué Tertullien ( liv. v, contre Marc.) et saint Epipbane {Hœret. l»2). tt Le style de saint Luc est plus pur que celui des autres évangélistes, mais on y re- marque plusieurs expressions propres aux Juifs hellénistes, plusieurs traits qui tien- nent du génie de la langue syriaque et même de la langue grecque , au jugement de Grotius. » (kneyctopédie de Didebot et d'Aleubbkt, t. \\ , p. 423 et Ii2i , article Luc.)
. LUCIANISTES {Tkéol.). Nom d'une secte, qui prit son nom de Lucianus ou Lu- canus, hérétique du ii" siècle. Cet hérétique fut disciple de Marcion, dont il suivit toutes les erreurs, auxquelles il en ajoute même de nouvelles.
R Saint Epiphane dit qu'il abandonna Mar- cion, en enseignant de ne point se marier, de crainte d'enrichir le Créateur. Cepen- dant, comme l'a remarqué le P. Lequien, c'était là une erreur de Marcion et des au- tres gnostiques. Il niait l'immortalité de l'âme, qu'il croyait matérielle.
B U y a eu d'autres lucianistes qui ont paru quelque temps après les ariens; ils di- saient que le Père avait toujours été Père, et qu'il en avait pu avoir 1^ nom avant que d'avoir produit son Fils, parce qu'il avait la vertu de le produire; ce qui suppose l'erreur des ariens au sujet (le l'éternité du Verbe. • {Encyclopédie de Diderot et d'Albhhert, t. XX, p. 427 et 428, article Lucianistes.)
LUMIERE. — «L'Ecriture,» dit ici un sa- vant géologue, M.Marcel de Serres, « a donc deviné le résultat des découvertes les plus récentes , en disant que la lumière a été mise en action ou en mouvement à la pre- mière époque. Elle prête donc son appui et son autorité à la science, loin d'être en op- position avec le progrès des connaissances physiques, b {De la cosmogonie de Moise comparée aux faits géologiques, par M. Mar- cel DE Serbes, conseiller, professeur dejiii- néralogie et de géologie a la Faculté des sciences de Montpellier, lom.I", i. i, 2'édit.) — « C'est un fiiit bien digne de remarque, dit M. Chaubard, que le sens de calorique et celui de lumière se trouvent exprimés dans la Bible par un seul et même mot, comme étant une seule et même chose. On doit donc comprendre, dans le sens de l'hé- breu, non-seulement la lumière, mais encore le calorique. Il faut donc traduire le mot avor par lumière calorique , ce qui corres-
Eonda une science pour ainsi dire néed'hier. a Bible était donc encore ici en avant de la science de plus de trois mille ans. On doit remarquer, parce que cela peut aider à concevoir ce que c'est que le phénomène auquel nous donnons le nom de lumière , que le mot avor, pris dans son sens radi- cal, porte arec lui Vidée d'un fluide sortant par effluves. » [Eléments de géologie.) • LUTHER. — " J'en conviens , dit Luther, ma doctrine a donné lieu à bien des scan-
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LUT DES APOLOGISTES INVOLONTAIRES.
LUT
(Ii1e5;je ne nierai même pas que le nouvel éuidft choses me fait souvent trembler, sur- loul lorsque ma conscience me reproche d'iToir porté atteinte à l'ancien ortire de ['Eglise qui était si tranquille , si paisible , sous Is papauté . et d'avoir fait naître par mes doctrmes la discorde et les (roubles. ■ (Utak», Witttmb., t. Il, fol. 281, 387.)
Ob« trouvé dans les papiers du cardinal deGnndTelIe, ministre de Charles-Quint, une Ipirre originale de Luther, qui peint au na- turel son caractère et celui des autres prédis «Bis; elle est adresséeàGuillaume Prawest, son ami, ministre dansle Holstein, et a été traduite de TallemAnd. • Je sais , mon frère en Jésus-Christ , lui dît-ii, qu'il arrive plu- siciirs scandales sous prétexte de l'Evangile, cl que l'on me les impute tous ; mais que ffrai-jeï II n'y a aucun prédisant qui ne se croie cent fois plus savant que moi; ils se m'étouient point. J'ai une guerre plus TJotente avec eux qu'avec le Pape, et ils me sont plus opposés. Je ne condamne que les t^rémonies qui sont contraires à l'Evangile, je garde toutes les autres dans mon ^Iise ; }j conserve les fonts baptismaux , et l'on (âiDinistre le baptême, k la vérité en langue rgl^ire , mais Avec toutes les cérémonies qui étaient d'usage auparavant. Je soufTre qu'il j ait des images dans te temple, quoi- que des furieux en aient brisé quelques- iiaes avant mon retour; je célèbre la mesSe iTec les ornements el les cérémonies accou- Inmées, si ce n'est que j'y mets quelques notiques en langue vulgaire, et que je pro- DODce en allemand les paroles de la consé- mtion. Je oe prétends point détruire la messe latine, et SI on ne m'eût fait violence, je n'aurais jamais permis qu'on la célébrât en luisage commun. EnHu, je hais souveraine- ment ceux qui condamnent des réréoionies in lifférentes , el qui changent la liberié en Dércsiiiié, Si vous lisez mes livres, vous ver- reique je n'approuve pas les perturbateurs <|e la paix, qui détruisent des choses que l'on peut laisser sans crime. Je n'ai aucune perl » leur fureur, ni aux troubles qu'ils eicilent , car nous avons , par la grAce de Dieu, une ^lise fort tranquille et fort paci- fique, un temple libre comme auparavant, •"iceplé les troubles que Carlostadt y a ex- cités avant moi. Je vous exhorte tous a vous défier de Helchior et de faire en sorte que le ma^strat ne lui permette point de prft- ttier, quand mAme il montrerait des lettres du souverain. Il nous a quitté fort en co- 1^ parce que